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Cesc Fàbregas : grosse pointure

Entraîneur de Côme depuis novembre 2023, d’abord comme intérimaire puis comme entraîneur principal à partir de juillet 2024, Cesc Fàbregas enchaîne à 39 ans les succès avec les Lariani au point d’être assuré de jouer l’Europe dès la saison prochaine. Coup d’éclat ou promesse d’un avenir radieux ? Analyse.
Il est peu dire que les entraîneurs espagnols ont le vent en poupe cette saison, aussi bien dans le football masculin que féminin. Faites le compte, il y aura en effet au moins un entraîneur espagnol dans chacune des finales des Coupes d’Europe du cru 2025-2026, à l’exception de la Women Europa Cup. S’il n’est pas encore à ce stade de sa carrière, Cesc Fàbregas a permis à Côme d’être assuré de jouer une compétition européenne l’année prochaine, deux saisons seulement après la remontée des Lariani dans l’élite du football italien.
Une success-story à l’accent espagnol
Déjà consacré comme une légende du football espagnol, Cesc Fàbregas est en train d’écrire l’histoire, mais cette fois comme entraîneur et du côté de l’Italie. Après avoir terminé sa carrière du côté du club lombard, le champion du monde 2010 était devenu intérimaire puis adjoint lors de la saison 2023-2024 qui a abouti au retour en Serie A de Côme, 21 ans après sa dernière pige dans l’élite du football italien. C’est en juillet 2024 que les deux entités se sont liées définitivement lorsque l’ancien Monégasque a été intronisé comme entraîneur principal pour mener les Lariani vers le maintien. Une banalité pour Fàbregas et son groupe qui ont terminé 10es de Serie A, avant de déjouer les pronostics lors de cette saison 2025-2026 et accrocher au minimum une qualification en Ligue Conférence. Une première historique pour le club lombard.
FOR THE FIRST TIME EVER: QUALIFIED FOR EUROPE!!!!!! pic.twitter.com/usssJsQsmj
— Como1907 (@Como_1907) May 10, 2026
Une histoire de terrain avant tout, avec une équipe que s’est taillée sur mesure celui qui est devenu le plus jeune tacticien à officier en Serie A du haut de ses 37 ans et élu entraîneur de l’année. De Jean Butez dans les cages à Álvaro Morata à la pointe de l’attaque, en passant par Maxence Caqueret et Nico Paz au milieu de terrain, Fàbregas a bâti une équipe à son image : capable de presser sur l’entièreté du rectangle vert, où le collectif et le beau jeu passent avant tout. Une histoire démarrée tambour battant comme il l’a expliqué dans une interview au Telegraph : « Certains ont peut-être eu le temps de planifier leur carrière d’entraîneur, moi non. J’ai pris ma retraite. Et puis, du jour au lendemain, je suis devenu entraîneur. Et puis, du jour au lendemain, on a été promus. Et ainsi de suite. Je n’ai donc jamais eu le temps de réfléchir à un plan précis. »
Le chant des sirènes anglaises
Nombreux sont les joueurs devenus entraîneurs à ne pas avoir réussi la bascule. Fàbregas pour l’instant se montre à la hauteur, comme un certain Xabi Alonso avant lui. Si le natif d’Arenys de Mar assure ne pas encore savoir « ce que l’avenir [lui] réserve », son nom circule déjà avec insistance dans de grandes écuries européennes, notamment à Chelsea, son ancien club. Évidemment sensible au football anglais, l’ancien joueur du FC Barcelone a assuré au Telegraph qu’il reviendrait un jour comme entraîneur en Premier League.
En théorie, je pourrais être ici pendant 10 ans, et accéder à la Premier League dans 12 ou 15 ans.
Mais ceux qui l’ont précédé ont aussi montré que revenir dans les clubs qui les ont consacrés en tant que joueurs n’est pas toujours une bonne idée. Xabi Alonso pourra en témoigner, lui qui a su s’épanouir à Leverkusen au point de prendre une Bundesliga face à l’ogre bavarois avant de se brûler les ailes lors de son retour dans le club de sa vie. Malgré son amour pour le football d’outre-Manche, Fàbregas conserve toutefois les pieds sur terre comme il l’a rappelé à l’occasion de la remise du prix Enzo Bearzot. « La Premier League est le meilleur championnat du monde, j’en ai toujours été convaincu. Je l’ai ressenti en tant que joueur, je le ressens en tant qu’entraîneur, en tant que supporter. Mais Mourinho m’a dit un jour, alors que j’étais à Chelsea : “J’ai encore 30 ans devant moi.” Je pourrais donc rester à Côme pendant 10 ans, et accéder à la Premier League dans 12 ou 15 ans. » Dans tous les cas, le Catalan sera toujours lié d’une manière ou d’une autre aux Lariani puisqu’il détient des parts du club depuis 2022. La transformation risque donc d’être tout aussi intéressante que l’essai.
Côme se qualifie pour la première fois de son histoire en Coupe d’EuropePar Léna Bernard




















































