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La chasse aux prêts cassés est ouverte
Alors que Chelsea a précipitamment cassé le prêt du jeune Aarón Anselmino au Borussia Dortmund, se pose la question du bien-fondé de cette drôle de méthode. Et du peu de moralité restant encore aux grands clubs.

C’est une image assez déroutante à laquelle nous avons eu le droit ce lundi. En larmes, dans les locaux du Borussia Dortmund, Aarón Anselmino (20 ans) saluait ses coéquipiers avant des les quitter pour Londres, quelques mois seulement après son arrivée. La conséquence d’une décision de Chelsea, son club « propriétaire », qui a cassé son prêt en Allemagne dans l’urgence, afin de pallier les absences dans son effectif. Mais voilà, si pour les plus pragmatiques, les joueurs restent propriété des clubs et doivent se plier à leur desiderata, se pose tout de même la question de l’once de moralité ou de logique pouvant encore exister dans le football moderne.
An emotional farewell 🎥 pic.twitter.com/tiYMA1b58Z
— Borussia Dortmund (@BVB) January 26, 2026
Car pour Anselmino, la pilule a de quoi être indigeste. Arrivé l’été dernier à Dortmund, le défenseur central argentin commençait doucement à prendre ses marques en Allemagne, avec dix matchs disputés. Soit dix fois plus qu’à Chelsea, où il n’était apparu qu’à une seule reprise la saison dernière (dans le temps additionnel contre Benfica, en Coupe du monde des clubs). Un seul match pour celui qui avait d’ailleurs déjà été rappelé de son prêt à Boca Juniors au mois de janvier 2025 – là aussi pour compléter l’effectif – et qui n’aura donc fait que cirer le banc. Ce lundi, les médias allemands ont ainsi précisé que les dirigeants du Borussia Dortmund étaient particulièrement remontés contre ceux des Blues, dénonçant un certain manque de classe. En début de mois, Sebastian Kehl, directeur sportif du BVB, s’était déjà montré véhément quant à l’idée de voir son défenseur rentrer au bercail malgré lui : « Je pense qu’il est logique pour toutes les parties qu’Aarón reste au Borussia Dortmund pour la deuxième partie de saison : pour nous aider, pour s’aider lui-même, et finalement, cela aide aussi Chelsea. »
Il faut interdire ces clauses
Malheureusement, Chelsea n’en aura pas eu grand-chose à secouer. Il faut dire que les Londoniens, dans leur improbable gestion depuis deux ans, n’en sont pas à leur coup d’essai. Au mois d’août, 26 jours seulement après avoir été prêté à Sunderland (trois matchs, un but, tout de même), Marc Guiu était lui aussi rapatrié à Stamford Bridge. Bilan : six titularisations seulement jusqu’ici. Du foutage de gueule, quand on sait que le club dispose de 36 joueurs professionnels encore au club. Dans le cas d’Anselmino, nous serions d’ailleurs tentés de penser à Axel Disasi mis au placard depuis le début de saison. Ce fonctionnement chaotique amène donc inexorablement le débat vers le pouvoir décisionnel des joueurs.
Marc Guiu starts for Chelsea against Sunderland, the team with which the Spaniard spent 26 days on loan at the start of this season before being recalled by Enzo Maresca's side after Liam Delap suffered a hamstring injury. pic.twitter.com/syIInRz4yZ
— The Athletic | Football (@TheAthleticFC) October 25, 2025
Car oui, si les plus expérimentés disposent souvent d’un droit de regard sur les transferts (allant même parfois au bras de fer), les plus jeunes, eux, traînent longtemps ce statut de produit. Peu renseignés sur les spécificité des clauses incluses dans les contrats, dont la possibilité de voir son prêt cassé, il leur est ainsi difficile d’aller à l’encontre d’un président ou d’un directeur sportif. Pour y remédier, peut-être faudrait-il alors interdire ces clauses, afin de permettre à ces joueurs de disputer une saison complète, de réguler les effectifs à rallonge et d’en finir, une bonne fois pour toute, avec l’affreux cirque du mercato d’hiver.
Dortmund en colère contre ChelseaPar Adel Bentaha
























































