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On était à Bernabeu pour la finale de C1

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On était à Bernabeu pour la finale de C1

Un drôle de week-end vient de se terminer dans la capitale des coupes d'Europe. Depuis vendredi, le Paseo de la Castellana, c'était The-Place-to-Be. Mais samedi soir, dans Santiago Bernabeu, il n'y avait que deux Merengues : Florentino Perez et José Mourinho. Pas assez pour bouter les infidèles hors du stade, mais largement suffisant pour sauver l'honneur blanc.

« La seule pression que je ressentirai, ce sera demain (samedi, ndrl), parce que je me connais parfaitement et je sais ce qui va se passer. Je me lèverai et je me dirai “Putain, dans deux heures, je vais jouer une finale de Champions”. Mon pouls s’accélèrera, la température de mon corps augmentera et je me mettrai au boulot. Ensuite, quand j’arriverai au stade et que je descendrai du car, tout sera terminé car je saurai que c’est alors que commencera ce que j’aime le plus au monde » . Mourinho sait faire rêver les Merengues. Ici c’est Madrid et la Ligue des Champions, on connaît. Mais à Madrid, il y a pire que de ne pas jouer une finale : l’organiser.

L’UEFA et son principal complice, Alberto Ruiz Gallardon, le maire de Madrid, ont pourtant tout essayé pour consoler les cœurs merengues, même jouer la finale un samedi. Les hôtels, les bistrots et les poches des Madrilènes se rempliraient d’autant plus d’euros venus d’ailleurs. Pire, dans le Parc du Retiro (le Central Park madrilène), la bande à Platini est même allée plus loin dans la provocation : un groupe électrogène, un tournoi de foot pour aveugles, une vraie fausse réplique de la coupe, une boutique de maillots (deux choix possibles : Inter ou Bayern), un DJ inaudible et un stand à la gloire de Ford. Le ridicule ne tue pas. Dommage.

Samedi, l’opération FINCA (“Final de Campeones”) et ses 4.000 policiers est censée garantir la sécurité du Madrilène et de ses 70.000 invités du week-end. L’organisation a tout prévu : bières, grilles anti-émeutes et un écran géant de 7mx3m. Sauf peut-être l’essentiel. Vers 20h45, tandis que l’Inter entre dans la fosse aux Lions, sur les écrans gonflables, c’est la demi-finale contre le Barça qui est diffusée. Résultat, une fan zone kafkaïenne uniquement visitée par des jeunes en recherche d’apéro géant. Diego, 19 ans, Eau Précieuse attitude : « J’étais venu pour me bourrer la gueule avec les Italiens, mais bon il y a personne. Tant pis, j’en profite pour boire dans la rue » . Trop ouf le mec.

Refait à neuf, proche tous commerce

A l’intérieur du stade, on entend du rock allemand, on jure en italien et on parle en anglais. Les locataires sont plutôt bien élevés même si les Bavarois bravent l’interdiction suprême. Quatre ou cinq fumigènes forcent l’admiration de leurs rivaux italiens et l’inquiétude du proprio. Va falloir refaire les sièges. Ceux-là, ils peuvent s’asseoir sur leur caution. Sur le terrain, Mourinho fait face au stade. Le Portugais a bien compris que les retransmissions en direct sur les écrans ne servent à rien d’autre qu’à énerver un peu plus les Allemands. Van Gaal n’apparaîtra sur la pelouse qu’une fois vaincu. Mourinho, lui, passera le match à gesticuler devant son banc et à occuper les écrans géants.

Vers 22h30, tandis que Milito renvoie les Teutons à leur douce Bavière, la sono madrilène donne du tubissime “Amala pazza Inter amala”. L’hymne intériste est un tube italien, un vrai. Du coup, il vient se loger directement dans l’hippocampe. C’est toujours mieux que Queen. Mourinho regarde à peine la coupe. Ballon du match sous le bras gauche et drapeau portugais dans la main droite, il entame un demi-tour d’honneur, tout seul. Des larmes dans les yeux, il dit au revoir au public transalpin. Perez, qui vient de serrer sa pince en tribune d’honneur, savoure son nouveau Galactique. Un proprio vient de tomber amoureux de son nouveau locataire. Rendez-vous vendredi pour l’état des lieux et la remise des clés.

Thibaud Leplat, à Madrid

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