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On a regardé Tunisie-Angola à la Maison de la Tunisie

Par Arthur Stroebele
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On a regardé Tunisie-Angola à la Maison de la Tunisie

Malgré les fortes chaleurs, une centaine de Tunisiens se sont réunis lundi soir à la Maison de la Tunisie (Paris 14e) pour vivre l’entrée en lice de leur sélection nationale dans la CAN 2019 face à l’Angola (1-1). Où il est question de passion et de streaming de mauvaise qualité.

L’hymne national tunisien, Humat Al-Hima, vient de se lancer dans la Maison de la Tunisie. La caméra défile devant les joueurs au stade de Suez, et les Tunisiens présents ce lundi soir à la cité universitaire de Paris commencent à l’entonner, les yeux rivés sur l’écran géant de la salle commune. Mais l’image se fige et l’écran devient noir : coupure. Le streaming n’était finalement pas fiable. Laouiti Mohamed Mehdi, étudiant-résident, se dépêche d’en trouver un autre, pressé par les supporters dans la salle — impatients d’en découdre par procuration avec l’Angola.

Une centaine de personnes (pas toutes issues de la cité universitaire) ont donc répondu à l’appel de Safwen Zaguia, président du comité des résidents et organisateur de la soirée. La structure accueille des étudiants tunisiens depuis les années 1950, et se compose aujourd’hui à 70% de jeunes originaires du pays. « J’y connais rien au foot, mais on va faire ça pour tous les matchs, comme on l’a fait avec la Coupe du monde, parce que c’est la sélection nationale quand même » , explique Safwen. Le match se lance timidement, et les approximations offensives des Aigles de Carthage permettent logiquement à Anas, venu de La Défense, de s’attarder sur le faible intérêt porté par les Européens pour la CAN : « Ici, quelqu’un qui regarde la CAN uniquement par passion, c’est rare je trouve. Alors qu’en Afrique, à l’inverse, on regarde beaucoup le foot européen. »

« Les supporters tunisiens sont l’égal des Brésiliens »

Chaque action, voire passe vers l’avant, s’accompagne d’encouragements et de mains levées vers l’écran. Quitte carrément à se lever et à faire de grands gestes, malgré la chaleur, pour réclamer un penalty sur Naïm Sliti. Bingo, Youssef Msakni s’en charge et les supporters tunisiens peuvent enfin entrer dans leur match (1-0, 34e). Et même si la Tunisie regagne les vestiaires avec l’avantage au score, il en faut plus pour convaincre Iheb, étudiant originaire de Nabeul, dans l’est du pays. « Le match est sacrément ennuyeux » , analyse-t-il. Pour autant, les Tunisiens ont-ils les moyens de faire mieux ? « Ça fait quinze ans qu’on dit qu’on va gagner, mais c’est jamais le cas.(Rires.)Il y a une vraie asymétrie entre ce que les gens attendent et ce que l’équipe est capable de faire. En Coupe du monde, on était certain de pouvoir passer dans le groupe avec l’Angleterre et la Belgique l’été dernier. Bon, finalement… Mais on est comme ça en Tunisie, on est très optimistes ! » poursuit Anas. Son ami Mohamed abonde, avec un pointe de chauvinisme : « Les supporters tunisiens sont des passionnés, c’est franchement l’égal des Brésiliens ou des Argentins ! »

L’optimisme tunisien est pourtant mis à mal par une deuxième période complètement à côté de la plaque des hommes d’Alain Giresse. Les passes ratées se multiplient et l’ambiance à la Maison de la Tunisie se tend. Un peu comme s’ils l’avaient senti arriver. Et elle arriva. L’égalisation angolaise n’a rien de surprenant (1-1, 73e), après l’énorme erreur de main de Ben Mustapha, et conforte Firas dans son analyse de sa sélection nationale : « On est compacts, mais ça manque d’orgueil. L’Algérie est beaucoup plus forte que nous par exemple » , concède le garçon originaire de Sfax. La fin de match n’offrira plus grand-chose pour s’enflammer, si ce n’est des frappes trop centrées de Khazri et Msakni.

En attendant l’élection présidentielle

La déception est grande, à tel point que la salle de diffusion à la maison de la Tunisie se vide à peine le troisième coup de sifflet envoyé par l’arbitre. Laouiti Mohamed Mehdi repart avec l’ordinateur sous le bras, déçu de ce qu’il vient de voir. « Je pense qu’une des raisons du mauvais niveau de l’équipe, c’est la faiblesse du championnat tunisien. Il y a quelques équipes avec un bon palmarès comme l’Étoile du Sahel, Sfax ou l’Espérance de Tunis, mais il y a surtout beaucoup de problèmes entre les clubs, notamment administratifs ou extrasportifs, qui empêchent le foot de se développer » , analyse l’étudiant supporter de l’AS Monastir.

La rencontre contre le Mali vendredi après-midi (16h30) aura déjà des airs de finale pour les Tunisiens. Et nul doute que l’ambiance sera un peu plus chaude, parce que « cette compétition compte beaucoup pour le pays, conclut Iheb. C’est l’un des moments importants de l’année 2019, avec l’élection présidentielle en fin d’année. La démocratie est installée, mais c’est la transition économique qu’il faut enclencher, et sur ce plan, la situation est compliquée dans le pays. » Et si le foot pouvait faire oublier, le temps de la CAN, les difficultés de la jeunesse tunisienne, notamment sur le marché du travail (plus de 30% de taux de chômage), ça sera une première victoire pour les Aigles de Carthage.

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Par Arthur Stroebele

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