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Bleus : trouver le juste milieu

Probablement privée une nouvelle fois d’Aurélien Tchouaméni, l’équipe de France doit trouver des solutions pour animer son entrejeu. Face au Maroc, le défi sera d’autant plus important que le secteur constitue l’une des forces des Lions de l’Atlas.
Au Qatar, c’est pile à ce stade de la compétition qu’il avait écrit l’une de ses plus belles pages en Bleu. D’une frappe lointaine, Aurélien Tchouaméni avait parfaitement lancé l’équipe de France vers un succès de haute lutte face à l’Angleterre. Une étape marquante sur la route de la bande de Deschamps jusqu’en finale. Quatre ans plus tôt, c’est en revanche en quarts de finale que le sélectionneur avait dû bricoler, privé de Blaise Matuidi, suspendu pour défier l’Uruguay. Aux États-Unis, c’est donc une blessure qui cause quelques maux de tête au champion du monde 1998 et à son staff. Après avoir entouré l’aile gauche en début de compétition, c’est désormais le milieu de terrain qui génère de l’incertitude. Fort heureusement, il y a quelques solutions sous la main.
Manu, c’est son projet
La première d’entre elles se nomme Manu Koné. Arrivé en sélection au sein de la vague de petits nouveaux post-Euro, le Pitchoun jouit d’une grande confiance de la part de Didier Deschamps. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il a disputé dans leur intégralité trois des cinq rencontres depuis le lancement du tournoi (Irak, Norvège et Paraguay). « Manu Koné a beaucoup de qualités dans la récupération, il est capable de bien utiliser le ballon, saluait Guy Stéphan juste avant de défier l’Albirroja. C’est un autre profil, qui a déjà joué avec nous en Coupe du monde et dans les matchs précédents, c’est un joueur de qualité avec un profil différent. » Autrement dit, un milieu plus à même de se projeter vers l’avant balle au pied et de venir se proposer aux abords de la surface. En artillant de loin, il a d’ailleurs longtemps été la principale menace bleue face à la muraille rouge et blanc.
Il faut rester dans le bon état d’esprit, se préparer mentalement, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer.
Suffisant pour lui assurer d’être à nouveau appelé à la barre face au Maroc ? « Il faut toujours être prêt, que l’on soit titulaire ou non. Il faut rester dans le bon état d’esprit, se préparer mentalement, car on ne sait jamais ce qu’il peut se passer. La veille, il y a eu la blessure d’Aurélien Tchouaméni, donc il fallait répondre présent, déroulait-il une fois la qualification en poche. On savait qu’il y avait des possibilités de frappe, alors j’ai tenté ma chance. Ce n’est pas passé loin, j’espère que les prochaines seront les bonnes. » Yassine Bounou devrait bientôt avoir l’occasion de le constater.

À moins que Didier Deschamps ne fasse un autre choix. Car voilà, il y a tout de même un (petit) hic. Malgré la faible adversité, le Romain a perdu quelques ballons qui pourraient avoir bien plus d’importance désormais. Sans oublier qu’il a été averti. Une deuxième biscotte et il serait contraint d’abandonner les copains pour une rencontre, ce qui pourrait être particulièrement préjudiciable en cas de demi-finale contre l’Espagne (au hasard). Dans ce contexte, peut-on imaginer N’Golo Kanté ou Warren Zaïre-Emery être sortis du congélateur (ce qui serait une première pour le titi après un Euro déjà traversé sans jouer) ? Les deux lascars offriraient probablement davantage de garanties en phase défensive. Ce qui ne serait pas de trop pour seconder Adrien Rabiot, seule certitude du tandem et déjà attiré par les projections vers l’avant.
1, 2, 3 test
Le choix pourrait également résulter d’un constat : en cinq rencontres, cette équipe de France n’a que rarement été mise sous pression par l’adversité rencontrée. La première période du match contre le Sénégal mise à part, elle n’a guère subi de longues phases de possession adverse, de séquences à devoir organiser un pressing coordonné avec quatre attaquants, de longues secondes à coulisser en rythme proche de sa surface. Autant de situations qui ont toutes les chances de se présenter face à Ayyoub Bouaddi, Neil El Aynaoui et Azzedine Ounahi. Bien au-delà de la lumière prise par le dernier nommé face au Canada, ce trio représente l’une des grandes forces des Lions de l’Atlas.
Il faut toujours mettre un but de plus, mais ça ne veut pas dire renoncer à ce qu’on a fait.
Une équation que DD a forcément en tête dans sa réflexion au moment de coucher des noms sur la feuille de match. Deux seulement, comme toujours depuis le quart de finale retour de Ligue des nations face à la Croatie, n’en déplaise aux partisans d’un retour à un 4-3-3 plus solide. « Il faut toujours mettre un but de plus, mais ça ne veut pas dire renoncer à ce qu’on a fait, clamait le patron avant l’entame de la phase finale contre la Suède. On a concédé trop de situations même si on n’a pris que deux buts. On en a marqué dix. Peut-on y arriver comme ça ? On l’a fait il y a quatre ans avec un dispositif similaire (avec Antoine Griezmann parmi les trois milieux, NDLR). On a la capacité à créer du danger, c’est une force et il faut la garder. » Après tout, pourquoi ne pas la faire grimper encore d’un cran en lançant Désiré Doué ou Rayan Cherki dans ce duo ?
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