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Mbappé nous rend fiers d’être Français !

Depuis leur match contre le Paraguay, par leur attitude plus que par les très bons résultats, les Bleus nous rendent fiers d’être Français et Françaises. En particulier Kylian Mbappé, devenu capitaine d’une sélection qui n’a peur de rien, de personne et d’aucune adversité. Un mix parfait de posture gaulliste et d’arrogance populaire.
« Madame Celeste Amarilla, vous êtes une femme méprisable et indigne de sa fonction. Vous ne représentez pas le Paraguay, ce pays qui a transpiré la passion et l’honneur tout au long de la compétition. […] Je ne laisserai jamais aux gens comme [vous] la liberté de laisser propager leur haine et leur racisme à travers le monde. » Devenu maître dans l’art du tweet assassin, Kylian Mbappé vient d’asséner un coup de grâce, aux yeux du monde entier, à la sénatrice paraguayenne de droite, qui l’avait décrit en des termes très zemmouriens : « Bruto n’a même pas appris à écrire ; au lieu du lait maternel, il tétait des noix de coco, et les êtres les plus cultivés qu’il ait jamais entendus, c’étaient des chimpanzés. »
La réaction de l’attaquant madrilène s’inscrit certes dans la continuité de ses prises de position passées contre le racisme, qu’il avait subi par exemple à la suite du match perdu durant l’Euro 2021 contre la Suisse, ou encore son tacle glissé récemment contre le RN. Toutefois, entre-temps, et surtout depuis le début de ce Mondial, son changement de statut et de stature l’a conduit à endosser un autre costume. Sa réponse n’engage pas que lui, qui est un des visages du pays à l’étranger. D’une certaine manière, il a parlé au nom d’une certaine idée de la France.
Une équipe de citoyens
Le match contre le Paraguay n’a pas été qu’une guerre de tranchées, une sorte de Bir-Hakeim victorieux. Cette qualification a offert une rare occasion pour les Français d’aimer leur équipe nationale, mais aussi de s’aimer, à travers elle, à travers l’image qu’elle a tendue au monde. Il faut décoder la séquence : « La force tranquille » de Mitterrand, le lyrisme de De Gaulle (« La France ne peut être la France sans la grandeur »), le verbe de Jaurès (« Le patriotisme consiste, pour un Français, à bien connaître la France […] et faire servir l’accroissement de ses qualités, de ses vertus, de ses lumières au progrès général de l’humanité. »).
Un lourd héritage porté par des enfants du peuple et de l’immigration : Kylian le fils de Bondy, Ousmane Dembélé le gamin des quartiers d’Évreux, ou le Lyonnais Ryan Cherki, paradant coiffé d’un bicorne napoléonien… « Je ne savais pas que l’on pouvait faire 30 fautes sans prendre de carton. C’est pas grave, on est en quarts. » Punchline de rappeur et patrimoine à la Marc Bloch au bout de chaque pied.

Cette fois, les France(s), nouvelle ou ancienne, ne s’opposent pas. Ensemble, sur le terrain, tous les symboles s’accumulent. Cette équipe de France ne se résume pas seulement à son jeu léché, porté par Kylian Mbappé et Michael Olise, agrégat moderne du Michel Platini version 1984 (son prime). Ils savent savourer leur orgueil : « S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde, désolé de l’expression. » Les Bleus tendent un miroir au pays dans lequel il peut contempler ses qualités et même sa vanité légitime, sans complexe, y compris crânement. Le coup de sifflet, samedi soir, n’a pas seulement libéré un soulagement, il a insufflé un sentiment de fierté à travers l’Hexagone.
En s’en prenant à Kylian Mbappé, la sénatrice s’attaque à tout ce que notre capitaine incarne et à tout ce que notre pays défend : la liberté, l’égalité et la fraternité.
Les attaques racistes balancées contre Kylian Mbappé tentaient peut-être de jouer sur les divisions, en partie réelles, de notre nation. Elles ont raté leur objectif. « En s’en prenant à Kylian Mbappé, la sénatrice s’attaque à tout ce que notre capitaine incarne et à tout ce que notre pays défend : la liberté, l’égalité et la fraternité. » Pour une fois, la ministre des Sports, Marina Ferrari, s’est montrée plus inspirée qu’en jonglant avec des pierres énergétiques.
L’élue paraguayenne du Parti libéral radical authentique avait tenté de souffler sur les braises des mauvaises consciences tricolores. « Un Camerounais colonisé, faisant semblant à fond d’être français, rancunier, nouveau riche, arrogant et laid. » Nous n’avons jamais été aussi fiers qu’il soit français et de l’être aussi… Comme le chantait le rappeur Rocé : « Qu’elle m’accepte comme être multiple, et je chanterai la France. »
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