- Mondial 2026
- 8es
- Paraguay-France (0-1)
Un duel de haute attitude

Froideur, discipline et patience : l'équipe de France a montré de nouvelles vertus pour venir à bout d'une terrible équipe paraguayenne (1-0). Il fallait battre une équipe de plongeurs pour entrer dans le grand bain.
Comment se saper pour une cousinade ? Faut-il sortir un vieux tee-shirt parce que la sueur accompagnera le café, parce qu’il faudra porter des tables et jouer au foot sous le cagnard ? Faut-il dégainer la belle chemise parce que, bordel, cette fête de famille n’arrive qu’une fois par an ? Doit-on envisager un dress code banal, histoire de raconter aux oncles et tantes que cette année s’est bien passée, comme celle d’avant et celle encore d’avant. Tous les deux ans, l’équipe de France interrompt cette réflexion. Elle bouscule les fêtes de familles estivales. Elle change de costume, aussi.
« Ils pensaient qu’on allait venir jouer en smoking, qu’on allait juste venir faire des belles actions, des une-deux, mais nous, on sait aussi faire du sale football, a commenté le giletier Kylian Mbappé. On l’a fait aujourd’hui, on a gagné, et même dans ça on a été meilleurs qu’eux. » Eux, ce sont les Paraguayens, détroussés aussi mochement (1-0) que leur maillot est beau. Pour voir le Maroc et les quarts de finale de la Coupe du monde, ce jeudi (22 heures), il fallait enfiler un costar dans la gadoue.
Eux, moches et bien chiants
L’équipe de France voulait sortir en baskets blanches du ring de Philadelphie. Elle a été patiente, disciplinée et surtout sereine. Elle a cherché les espaces dans un lieu blindé, un truc qui ressemble à des toilettes de festival. Il y est souvent question d’énervements, comme la baston qui a suivi la frappe d’Ousmane Dembélé (35e), mais aussi de gagne-petits et de chambrages. Heureusement pour les Bleus, ni le Parisien ni Michael Olise ne se sont fait piquer leur place dans la file d’attente vers les quarts.
S’il fallait mettre les mains dans la merde, on pouvait mettre les mains dans la merde
« On savait quel type de match on allait avoir, a poursuivi Mbappé à la fin des quatre rounds, sur la Six. On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il fallait mettre les mains dans la merde, on pouvait mettre les mains dans la merde, désolé de l’expression. » Rayan Cherki lui a emboîté le pas : « Moi j’aurais pas dit (seulement) les mains, on plonge dedans ! On ne fait pas de détails. De toute façon, pour gagner une Coupe du monde, il n’y a pas de calcul à faire. »

Prime au sang froid
Jusqu’au carton jaune de Manu Koné, coupable d’une faute (82e) que Juan Cáceres avait faite quelques minutes plus tôt sur Kylian Mbappé, ces Bleus ont su souffrir. Ils n’ont pas cédé aux provocations qui ont émaillé les 23 fautes de la partie (selon la police, le triple selon les téléspectateurs). Ils connaissaient les combines comme celle de labourer le point de penalty. L’avertissement du milieu romain et les deux autres des Bleus ne sont rien à côté de l’absence de blessés et de ces constats : un Mondial n’est jamais fluide et le Paraguay de 2026 ressemble à celui de 1998. William Saliba a fini par le résumer : « Ils ont essayé de nous faire sortir de notre match, mais on est restés concentrés. […] On finit à onze, on est restés dans notre match et à la fin, on est qualifiés. » Parfait.
🗣️ Devant les micros, William Saliba est revenu sur la qualification de l'équipe de France et sur la guerre des nerfs face aux Paraguayens. pic.twitter.com/QV3miWA7PS
— SO FOOT (@sofoot) July 5, 2026
Avant que Désiré Doué, puis Kylian Mbappé, ne récompensent cette heure et demie de patience et de self control, le Paraguay a réitéré sa prestation de lundi contre l’Allemagne, en mieux : l’Albirroja n’a pas chopé le moindre carton jaune ce soir, une première pour eux en Coupe du monde depuis 1998, indique Opta. Et pourtant, Matías Galarza, Gustavo, Diego Gomez et les autres auraient filé un tas de piqûres au festival des moustiques.

La joie de Didier Deschamps au coup de sifflet final, et ses injonctions à rester calmes, souriants face aux provocations, soudés dans les moments de tension, montrent que ces Bleus savaient qu’ils allaient être pris à leur propre noms. Tous ecchymosés, ils sont allés faire la fête devant leur tribune, pendant que Gustavo Gomez cherchait des noises comme José Luis Chilavert cherchait des Noirs le matin même. La France a montré son unité. Le mot cousinade est entré dans le dictionnaire en 2012, année de l’arrivée de Didier Deschamps. La fête de famille se poursuit. C’est le plus important.
Qui est Ilgiz Tantashev, l'arbitre de France-Paraguay qui n'aimait pas les cartons jaunes ?Par Ulysse Llamas









































