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Vous reprendez bien du Rab’ ?

En huit ans, Adrien Rabiot est passé du statut de paria, qui a refusé d'être réserviste pour le Mondial 2018, à celui de patron du milieu de terrain tricolore. Une réussite discrète, presque trop, pour un joueur dont la carrière en club n’a pas toujours été simple, mais dans lesquels il s’est toujours imposé comme l’un des meilleurs joueurs de l’effectif. Tour d’horizon.
L’Europe connaissait Cristiano Ronaldo sous mèches blondes au moment où arrivaient les matchs couperets de Ligue des champions pour le Real Madrid dans les années 2010 ; le monde va désormais connaître Adrien Rabiot qui a opté pour le même procédé avant le début de ce Mondial. Un changement capillaire qui pour le moment sied à merveille au Duc, auteur d’une passe décisive pour Bradley Barcola et d’une prestation globalement solide face au Sénégal (3-1) pour l’entrée des Bleus dans la compétition.
La clé de voûte du système Deschamps
La carrière internationale du numéro 14, devenu la pièce maîtresse du milieu de terrain tricolore, est loin d’avoir été un long fleuve tranquille, à l’image, finalement, de sa trajectoire en club. « C’est un milieu de terrain complet, que ce soit plus bas, plus haut. Il se définit comme un joueur d’équilibre. Ce n’est pas réducteur. Je n’ai pas besoin de lui répéter trois, quatre fois. Il sait, il sent où il doit être », expliquait Didier Deschamps après le match contre l’Australie (4-1) au Mondial 2022. De quoi faire oublier les quatre années précédentes marquée par la lettre ouverte du Francilien, où il refusait son statut de réserviste pour le Mondial 2018 et qui l’a laissé au ban de la sélection pendant deux ans. Le passé laissé de côté et la tête remise à l’endroit, le milieu de terrain de l’AC Milan est depuis devenu à 31 ans le maître à jouer de l’équipe de France, sans faire de bruit.
J’ai discuté avec l’entraîneur et mon rôle sur le terrain avec l’équipe de France est différent de celui que j’occupe à Milan. À ce niveau, l’équilibre joue un rôle essentiel.
Le Val-de-Marnais a de nouveau joué une partition sans fausse note face au Sénégal, même lorsque ses coéquipiers étaient en dilettante lors des 45 premières minutes. Positionné dans le double pivot aux côtés d’Aurélien Tchouaméni, le Duc est donc celui qui doit faire le lien entre le milieu de terrain et l’attaque tricolore. En résumé, un garant de l’équilibre dans le système de jeu concocté par Didier Deschamps pour laisser la part belle à son carré magique offensif. Comme il l’a confié au Guardian après la victoire face au Sénégal, le Duc a dû s’adapter avec les Bleus à un autre rôle au milieu par rapport à celui qu’il occupe chez les Rossoneri : « J’ai discuté avec l’entraîneur et mon rôle sur le terrain avec l’équipe de France est différent de celui que j’occupe à Milan. À ce niveau, l’équilibre joue un rôle essentiel. »
L’âge de la raison
Toujours au rendez-vous sportivement aussi bien chez les Bleus, qu’à l’Olympique de Marseille, puis à l’AC Milan, le Duc paraît arriver à maturité, laissant désormais les esclandres derrière lui. En témoigne sa non-convocation par Didier Deschamps lors du rassemblement de septembre 2024 lorsqu’il était sans club après l’expiration de son contrat à la Juventus. Débarqué à l’OM et de retour en équipe de France dès le mois d’octobre, le milieu de terrain avait balayé la polémique naissante avec le sélectionneur en conférence de presse : « Je me suis dit que simplement j’avais envie de retrouver les terrains, et il était temps de trouver quelque chose d’ambitieux, de retrouver le ballon. J’avais eu des discussions avec le coach. Il m’avait dit qu’il espérait que je retrouve rapidement quelque chose pour pouvoir être là en octobre. Il a toujours dit qu’il ne commentait pas les choix des joueurs. Je n’ai pas accéléré quoi que ce soit », avait-il alors déclaré.
L’ancien virtuose du Paris Saint-Germain n’a toutefois pas renié son goût pour le contre-pied. À l’image de son arrivée à l’Olympique de Marseille où il a rapidement fait oublier son passé parisien en se révélant comme le meilleur joueur de la saison 2024-2025 du côté de la cité phocéenne et véritable capitaine sans brassard de Roberto De Zerbi. Même constat du côté de la Lombardie cette saison, où il a été exfiltré après une altercation avec Jonathan Rowe en début de saison et où il est (encore) devenu le métronome du onze de Massimiliano Allegri. En équipe de France également il joue un rôle similaire, patron aussi bien sûr qu’en dehors du terrain. Dézinguant la pelouse du MetLife Stadium ou prenant la défense de Rayan Cherki en zone mixte, Adrien Rabiot est devenu le cœur du collectif tricolore. Un rôle essentiel qui, cette fois, devrait lui conférer une place de choix dans un des couplets de la chanson d’après Mondial en cas de troisième étoile.
L’arbitre de France - Irak a été désignéPar Léna Bernard
















































