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Dynamite de groupe

Marqué par le décès de la mère de Didier Deschamps, le groupe France, qui se distinguait depuis le début de la compétition par une bonne humeur remarquable et perceptible, pourrait bien encore davantage se souder autour de son sélectionneur.
Ginette Deschamps s’en est allée mardi, et la Coupe du monde de l’équipe de France n’est plus la même dès lors. En revenant des années plus tard sur la disparition de son père en mai 2022, déjà lors d’un rassemblement international, dans un entretien accordé à L’Équipe à l’occasion de ses dix années avec les Bleus, Didier Deschamps avait évoqué la « violence » de l’annonce et combien la nouvelle l’avait changé, lui et sans doute ses hommes. « Je n’avais pas la force et l’énergie habituelle à leur transmettre », avait-il dit. L’équipe de France avait perdu contre la Croatie en Ligue des nations (1-0), dont le sélectionneur Zlatko Dalić, « coïncidence assez incroyable », confiait à So Foot début juin qu’il avait lui aussi perdu son père le même jour que son homologue.
Les deux hommes s’étaient « présentés [leurs] condoléances avant le coup d’envoi » et le football avait repris ses droits, dans un monde où Karim Benzema et Boubacar Kamara figuraient encore en sélection. La FFF a appelé à « la plus grande pudeur » de la presse concernant cette épreuve, l’occasion pour So Foot de présenter ses plus sincères condoléances au sélectionneur avant de passer à autre chose, mais aussi de dire qu’elle soudera peut-être, forcément, ce groupe-là, qui se distinguait jusqu’ici par sa couleur et son union, cimentée par une apparente bonne humeur et une commune manière de vivre les choses.
« Les noms, vous les connaissez… »
C’est une lapalissade de plumitif, « le groupe vit bien », mais cela semble cette fois peut-être plus vrai que d’autres, tant au regard des propos tenus par les joueurs en conférence de presse que de ce que l’on peut voir lors des séances d’entraînement ouvertes aux curieux. Lucas Digne, si tant est que les pléonasmes veulent dire quelque chose : « C’est un groupe qui vit super bien, qui dégage beaucoup de bonne humeur et beaucoup d’ondes positives, j’espère que ça se ressent de l’extérieur, parce que c’est vraiment réel. » Warren Zaïre-Emery : « On a un bon groupe, on rigole, la concurrence est saine. On veut juste kiffer et prendre du plaisir tous ensemble. » William Saliba: « Il n’y a pas de meilleure ambiance ailleurs qu’ici. Ça se tape des barres, ça rigole bien, le mood il est bon. Les noms, vous les connaissez… Ousmane (Dembélé), Marcus (Thuram), Kylian (Mbappé)… La moitié de l’équipe est marrante. »
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À ce titre, les toujours très intéressantes vidéos de coulisses, réalisées par Guillaume Bigot et publiées quotidiennement par la FFF sur ses réseaux, confirment l’impression – bien qu’étant un indicateur biaisé. On se dit aussi que Kylian Mbappé ne se serait probablement pas avancé à décrire l’Euro 2021 comme le « pire moment en équipe de France en matière d’ambiance » et l’équipe « la moins unie depuis que je suis en sélection » si ces problèmes n’étaient pas désormais derrière lui/eux.

La valeur groupe a toujours été chère à Didier Deschamps, et une frange conséquente de celui-ci a été renouvelée dans l’année et demie écoulée, faisant entrer dans la danse six médaillés d’argent aux Jeux olympiques de Paris, déjà soudés comme une phalange spartiate : Manu Koné, Jean-Philippe Mateta, Maghnes Akliouche, Désiré Doué, Michael Olise et Rayan Cherki. Les deux derniers cités, pourtant dans des registres totalement opposés, ont été aperçus en train de klaxonner sur une voiturette d’entraînement, le genre de « signaux faibles » qui, avec les autres, dessine une atmosphère.
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Cette équipe, légèrement rajeunie par rapport à Doha (26,4 ans de moyenne d’âge contre 26,5), mais surtout moins expérimentée (29,35 sélections en moyenne contre 34,2 au Qatar), semble s’est départie des mécaniques de « clans », ou naturels regroupements par catégories d’âge de 2022. Elle bénéficie aussi d’un Deschamps plus relâché, ni « vieux con » ni « faux jeune », comme il l’espérait en novembre 2025 auprès de l’AFP, lequel a adapté ses méthodes de coaching face à ce qu’il appelle la « génération zapping ». Fut un temps, les téléphones étaient interdits pendant les rassemblements, et il avait choisi, à Budapest pour l’Euro 2021 mais aussi à Istra en 2018, un isolement quasi érémitique, lequel avait d’ailleurs fini par taper sur le système des joueurs et provoquer leur sortie en boîte de nuit après la victoire face à l’Argentine, à l’origine de l’épisode de l’extincteur.
Les écureuils et Adrien Rabiot
Cette fois, les joueurs, basés en plein Boston, ont eu quartier libre dès leur quatrième jour sur place, que Malo Gusto, Barcola et Doué ont occupé à faire du vélo en centre-ville et à dîner au Shake Shack, un fast-food. On a vu Adrien Rabiot se balader à la fraîche dans le Boston Common, l’immense parc à écureuils qui jouxte le Four Seasons des Bleus, et certains joueurs et papas, comme Lucas Digne, recevoir leurs familles dans celui-ci. Il faudra évidemment voir comment tout ça tient sur la longueur, si une contre-performance ne viendra pas faire exploser ce vernis, mais il n’empêche que certaines scènes ne trompent pas. Mardi après-midi, au centre d’entraînement de l’université de Bentley, le groupe a observé une minute de silence, en cercle refermé, avant que Kylian Mbappé n’adresse un message personnel à Didier Deschamps sur son compte Instagram, lui assurant le « soutien indéfectible de tout le groupe ». On n’en doutait pas une seule seconde, et aujourd’hui encore plus qu’avant-hier.

Par Théo Denmat, à Boston



















































