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Maté ma métisse

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Maté ma métisse

Face à la Slovaquie, le Paraguay compte faire fructifier son match nul acquis face à l'Italie. Mais bousculé par une polémique sur ses joueurs naturalisés, sa préparation n'a pas été de tout repos. Les ambitions guaranis restent toutefois intactes.

A chaque pays sa crise. L’arrière-fond peut être le même, mais la forme bien différente : où il est question de trahison à la Patrie aussi (au moins au maillot), mais sans explicit lyrics. Argentin de naissance et de passeport, Jonathan Santana défend les couleurs de l’Albirroja depuis 2007. Né de mère paraguayenne, le milieu de terrain de Wolfsburg est un titulaire régulier, un homme sincère aussi. C’est bien là son problème : « Que je me sente vraiment paraguayen, ce serait un mensonge de te le dire » . Voilà ce qu’a confessé Santana à un journaliste allemand. Déclarations relayées à Asuncion le lendemain du match nul obtenu face à l’Italie (1-1).

Blessé après son entrée en jeu, le milieu paraguayen malgré tout n’aura pas le bonheur de gambader face à la Slovaquie, mais il se trouve bien dans l’œil du cyclone, aspiré par une polémique sur les naturalisations argentines. Ils sont en effet trois Albicelestes à défendre les rayures rouges et blanches du Paraguay, sans compter l’architecte lui-même du renouveau guarani, Gerardo Tata Martino, disciple de Marcelo Bielsa, autre coach argentin à diffuser son savoir-faire dans toute l’Amérique latine. En trois ans, Martino a (re)placé l’Albirroja dans le trio de tête du football sud-américain. Le Paraguay a même un temps mené les éliminatoires de sa zone, avec son coach albiceleste à la baguette.

Le petit dernier “Argentin” se nomme Lucas Barrios, lui aussi paraguayen d’ascendance maternelle, et naturalisé à quelques semaines de la Coupe du Monde. Assez pour se convertir en nouveau buteur providentiel des Guaranis : trois buts en trois matches de préparation, ses premiers pour sa sélection nationale d’adoption. De quoi considérer cette polémique nauséabonde. Le sélectionneur Martino ne dit pas autre chose : « Arrêtez de remuer cette merde » . L’Argentine est le pays à avoir absorbé la majeure partie de l’immigration paraguayenne, d’où cette flopée de naturalisables. Un vieux contentieux historique oppose les deux nations (Guerre de la Triple Alliance) et les Argentins, souvent moqués comme « plus Européens que les Européens » n’ont pas trop la cote en Amérique latine.

Le Paraguay vraiment offensif ?

A l’inverse des Bleus, la polémique tombe alors que les Guaranis comptent bien réaliser « le meilleur Mondial de leur histoire » comme l’a déclaré Gerardo Tata Martino. Une compétition plutôt bien débutée avec un match nul de costauds face à l’Italie. Confirmation de la consistance guarani mais démenti du nouveau visage pris par le Paraguay, plus porté vers l’avant et moins bâtisseur de remparts. Jouer l’impitoyable Squadra a sans doute influencé l’option prudente de Martino lors du premier match. La Slovaquie, une équipe incapable de battre les Kiwis néo-Z, pourrait alors être la première à expérimenter frontalement la nouvelle force de frappe paraguayenne, même privée de Salvador Cabanas.

Car si le Paraguay veut réaliser une participation historique, c’est qu’il dispose d’un réservoir à faire frissonner les filets inédits : Lucas Barrios, son compère de Dortmund, Nelson Valdez, Oscar Cardozo, meilleur buteur de la Liga portugaise, et Roque Santa Cruz, qui devrait retrouver une place de titulaire ce dimanche. Attention toutefois, la tradition des doubles tranchées n’a pas été troquée pour un football orgiaque. Après 18 matches éliminatoires, le Paraguay a terminé ses éliminatoires avec une différence de +8, loin des +22 du Brésil. En résumé, il est toujours aussi compliqué de s’immiscer dans la défense de l’Albirroja, mais la capacité guarani à faire mal s’est accrue. De quoi comprendre les prétentions paraguayennes : atteindre le dernier carré. Si les Guaranis remplissent bien leur objectif, Santana, aux propos plus nuancés que certains titres racoleurs ont voulu le faire croire ( « J’ai fait ma vie en Argentine, j’y ai ma famille, et je ne vais pas changer de vie parce que je joue pour le Paraguay, même si je me sens de plus en plus intégré dans ce pays… » ), sera bien paraguayen. A 100%.

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