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Mamadou Sakho, capitaine ad hoc

Par Mathieu Faure
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Mamadou Sakho, capitaine ad hoc

Véritable fleuron de la formation parisienne, Mamadou Sakho est pour l'instant une vraie réussite. A 22 piges, le bambin du XVIIIe arrondissement est devenu le capitaine de SON club. Mais depuis deux matches, Carlo Ancelotti n'en veut plus comme titulaire. Et forcément, certains médias s'emballent déjà. Ou quand la France découvre le turn over...

En France, on n’a pas d’argent, mais on a des idées. A l’inverse, quand on a de l’argent, les idées se font plus rares. La preuve, depuis deux matches de Ligue 1, Carlo Ancelotti, le coach parisien, a décidé de ne plus titulariser Mamadou Sakho, son capitaine. Dès lors, des voix s’élèvent pour crier au malaise, à la placardisation, pis, à un futur départ. Déjà. Cette mise sur le banc est-elle scandaleuse compte tenu des dernières prestations du défenseur ? Non. Increvable l’année dernière, le gaucher connaît un exercice 2011/2012 plus contrasté. Antoine Kombouaré voulait en faire son « guerrier ». C’est donc brassard au bras que le numéro 3 a entamé la saison. Du haut de ses 22 ans et 120 matches en Ligue 1, la progression est presque logique. Rapide, mais compréhensible. Sauf que l’asticot connait un petit trou d’air. Moins performant sur le pré, moins tranchant dans les duels. Ancelotti sent le bébé stagner. L’Italien a pointé les lacunes de son capitaine : régularité, qualité de passe et relance. Un triumvirat encore perfectible.

Alors quand l’ancien coach du Milan se passe du gaucher, on crie au scandale. Un feu vite éteint par Leonardo, le directeur sportif, en conférence de presse : « Sanctions de quoi ? Zéro sanction ! C’est juste un choix sportif. En ce qui me concerne, Sakho, je n’ai aucun problème avec lui. Mon seul problème, c’est de le former comme athlète. Il est jeune et, de temps en temps, je trouve qu’on lui en demande trop » . Voilà le problème. N’a-t-on pas fait de Sakho un crack avant l’heure ? Les qualités physiques sont là. Et la ressemblance gestuelle avec un certain Lilian Thuram ne l’aide pas non plus. En France, on aime se fabriquer des grands joueurs après quelques matches de qualité. Alors, quand Ancelotti décide de se passer de lui après un début d’année 2012 moyen, on ne comprend pas. Pourtant, c’est logique. Ça s’appelle le turn over. C’est un truc tout con, qui consiste à faire tourner son effectif, histoire de garder tout le monde sous pression, et, surtout, de faire jouer les meilleurs du moment. Depuis janvier, « Tigrou » est moins bien. Rien d’anormal de le voir échanger sa liquette de titulaire avec celle de Bisevac, donc.

Un nouveau mode de fonctionnement

Fini les passe-droits, en somme. Car il faut bien l’avouer, depuis ses débuts professionnels à 17 piges, Mamadou est choyé, protégé et couvé par son club. On a fait de lui l’étendard de la formation parisienne. Le mec est international, doué, assez réservé et amoureux du blason à la Tour Eiffel. Mais pour la première fois, le lascar est taquiné sur le pré. Son immunité a pris un coup dans l’aile. Il le sait. « Ce débat sur mes prestations ne m’intéresse pas. Chacun peut avoir son avis sur mes matches. Je sais que je bénéficie de la confiance d’Ancelotti comme j’avais celle de Kombouaré. Cela me suffit. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, il m’a dit : « Tu restes capitaine. »C’était sympa d’entendre ça. Et cela a permis de garder une continuité par rapport au travail de Kombouaré » avouait le joueur en janvier dernier en conférence de presse. Alors pourquoi tout ce ramdam ? Tout simplement parce que le championnat de France n’est pas habitué à la concurrence. Aussi bien les joueurs que les observateurs avertis.

Alors que dans les grands clubs européens la concurrence est omniprésente, ce concept de turn over devient un gros mot au sein du Royaume de France. Avec 100 millions d’euros investis sur le marché des transferts, le PSG se voulait être compétitif et changer de dimension. Un club d’envergure, ce n’est pas onze titulaires et cinq remplaçants. C’est un groupe d’une vingtaine de mecs assoiffés et compétiteurs. Ancelotti le sait. Il a toujours fonctionné comme ça. Néanmoins, la Ligue 1 n’est pas habituée à ce genre de coaching, tout simplement. Et en France, on déteste devoir changer ses habitudes. Surtout quand elles sont dictées par des étrangers. Pourtant, depuis janvier, Sakho, Gameiro, Ceara, Lugano, Hoarau, Nenê ou encore Matuidi ont fait les frais de ce coaching. Et ça, ça détonne. Qu’on se rassure. Mamadou Sakho reviendra dans le onze du PSG. En attendant, il va cravacher. Comme tout le monde. Bienvenue dans le football 2.0.

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Par Mathieu Faure

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