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Loïc Perrin, l’âme verte

Par Gaspard Manet
3' 3 minutes
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Loïc Perrin, l’âme verte

En déplacement à Toulouse ce samedi, les Stéphanois n'ont pas intérêt à se rater s'ils ne veulent pas voir le trio de tête les larguer un peu plus. En tout cas, comme depuis prêt de dix ans maintenant, l'ASSE pourra compter sur son capitaine, Loïc Perrin. Portrait d'un joueur devenu l'âme d'un club.

Les hivers dans le Forez ne sont pas des plus doux. Ici, les températures flirtent régulièrement avec zéro? et la chaleur n’est qu’un lointain souvenir lorsque le mois de janvier pointe le bout de son nez. Pourtant, lors des premiers jours de cette année 2015, ce n’est pas de froid que les supporters stéphanois ont tremblé. Non, s’ils ont tremblé, c’est bien parce que les médias ont parlé avec insistance du départ de leur capitaine, Loïc Perrin, du côté d’Arsenal. Depuis, même si les beaux jours ne sont pas revenus sur la cité verte, les sourires stéphanois sont pareils à ceux d’estivants les pieds dans l’eau : Perrin est encore là, et il tient toujours la baraque en défense, brassard autour du bras. Ouf.

Comme à la maison

Si la Roma a son Totti, le Milan AC avait son Maldini, l’ASSE, elle, a son Loïc Perrin. Arrivé au club en 1997, alors qu’il est tout juste âgé de 12 ans, le jeune Loïc ne se projette pas trop dans le futur : « À cet âge-là, je ne me prenais absolument pas la tête sur le fait de devenir footballeur professionnel, je voulais juste jouer au foot pour m’amuser. » Et c’est donc en s’amusant que le jeune Perrin va grandir au sein de son club de cœur. À l’ASSE, il aura tout connu : des équipes de jeunes à la CFA jusqu’au groupe pro, le Stéphanois n’a raté aucune marche. Mieux, il en a sauté quelques-unes.

Car c’est en 2004, à 19 ans seulement, que celui qui évolue encore comme milieu de terrain fait ses grands débuts avec l’équipe première. Fred Antonetti, alors coach du club, est en galère de joueurs après plusieurs blessures et fait donc appel à Perrin pour faire le nombre aux entraînements. Le principal intéressé s’en rappelle encore très bien : « Tout s’est passé très vite, j’ai repris avec la réserve début juillet et, à cause des blessures en équipe première, un mois après je faisais mon premier match en pro. C’était incroyable. » À la suite de ce match face à Lorient, cette saison-là, il alternera entre quelques bouts de match avec l’équipe première et des titularisations avec la CFA. L’histoire est en route, déjà.

Le patron

En 2007, alors que Loïc Perrin a gagné sa place de titulaire depuis plusieurs saisons, Laurent Roussey décide d’en faire son capitaine à la suite du départ de Julien Sablé. Le garçon n’a pas encore fêté son 22e anniversaire. Un changement de statut pas forcément évident pour celui qui a pourtant l’habitude de sauter des étapes : « À un âge où tu n’es pas encore un taulier, ce n’est pas évident d’hériter du brassard, il faut arriver à forcer sa nature. » Très vite, le Stéphanois remplit parfaitement sa nouvelle mission, en même temps qu’il s’adapte comme un patron à son nouveau rôle de défenseur. Les années passent, et l’ASSE grandit dans les pas de son capitaine. Si le club a mangé son pain noir pendant quelques années, avec en point d’orgue ce maintien obtenu à la dernière journée lors de la saison 2008-2009, les dernières saisons sont bien différentes. Depuis, l’ASSE a retrouvé l’Europe et joue régulièrement les premiers rôles en championnat. Une situation qui, forcément, rend heureux le n°24 stéphanois : « Aujourd’hui, c’est que du bonheur, après avoir connu tout ça, maintenant on relativise quand on a quelques contre-performances. » Au moment de se déplacer à Toulouse, les hommes de Galtier connaissent d’ailleurs un petit coup de moins bien, mais peu importe, le plus dur est derrière eux, et les Verts vont tout faire pour décrocher un bon résultat et continuer à jouer des coudes dans les hauteurs du championnat. En tout cas, Perrin sera bien là, comme toujours. Depuis 18 ans, maintenant.

Notre maison brûle et on nous parle de races

Par Gaspard Manet

Propos de Loïc Perrin recueillis par Gaspard Manet et Charles Alf Lafon

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