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Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

Par Clément Gavard
5' 5 minutes
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Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

Comme la saison dernière, le PSG retrouve Liverpool sur son chemin en Ligue des champions, cette fois en quarts de finale. Avec le même entraîneur, la même idée de jeu et quasiment les mêmes joueurs. Il ne sert donc à rien, au fond, de s’inventer des histoires : on les connaît déjà ou on ne les connaît pas encore.

La journaliste et romancière américaine Joan Didion, disparue à quelques heures de Noël en 2021, ne pensait sans doute ni au football ni à un PSG-Liverpool en écrivant cet aphorisme poétique pour ouvrir son recueil The White Album : « Nous nous racontons des histoires afin de vivre. » Elle aurait pu. La formule marche avec tout et n’importe quoi, c’est la beauté de son universalité et la puissance de sa résonance. Nous voilà passés d’une icône littéraire à un quart de finale de Ligue des champions ; d’un incipit à une affiche qui fait un peu moins trépigner d’impatience que l’année passée ; d’une pensée à un club champion d’Europe qui connaît désormais la recette pour écrire une belle conclusion au récit d’une saison. En fond, une question : que reste-t-il à raconter sur ce Paris Saint-Germain ?

Un océan de certitudes

Ce n’est pas une critique, c’est une autocritique. Celle d’un monde médiatique dont fait partie ce site, qui a besoin, justement, de raconter des histoires. La nature a horreur du vide, le foot aussi. Alors, en toute humilité, qu’est-ce que nous pouvons écrire de plus sur ce PSG de Luis Enrique ? Peut-être s’intéresser à la mécanique de ce milieu de terrain privé depuis plus de deux mois de Fabian Ruíz ; au réveil d’Ousmane Dembélé au bon moment ; ou encore à ce que Désiré Doué peut faire de plus ou de mieux pour devenir un très grand après avoir marqué deux fois en finale de C1. Ou bien chercher des petites bêtes, comme fantasmer sur l’impossible copié-collé de la saison 2024-2025, entre théorie de l’interrupteur et printemps doré pour le PSG.

On ne peut pas dire la même chose que l’année dernière parce que c’est tellement différent.

Luis Enrique

« On ne peut pas dire la même chose que l’année dernière parce que c’est tellement différent », posait Luis Enrique devant la presse ce mardi. L’entraîneur espagnol a apporté de la tranquillité avant les grands rendez-vous de mars-avril, un bonheur qui n’existait pas à une époque, et le club a compris que la stabilité, à tous les niveaux, pouvait aider. C’est comme si cette équipe n’avait plus rien à prouver ou à nous apprendre, à la fois parce qu’on la connaît par cœur, qu’elle se connaît par cœur et qu’elle n’a quasiment pas bougé depuis qu’elle s’est installée sur son nuage européen. Les joueurs qui ont participé à la double confrontation contre Chelsea le mois dernier étaient tous au PSG en 2024-2025, laissant les rares petits nouveaux (Lucas Chevalier, Illia Zabarnyi ou Dro Fernandez) suivre cette aventure depuis le banc.

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Nuno Mendes et Achraf Hakimi, ces latéraux qui sont bien plus que des latéraux savent ce qu’ils ont à faire ; la charnière Marquinhos-Pacho connaît ses forces et ses limites ; Vitinha et João Neves peuvent jouer avec Ruíz comme avec Warren Zaïre-Emery ; Khvicha Kvaratskhelia, Ousmane Dembélé, Désiré Doué et Bradley Barcola, absent ce mercredi soir, ont encore des jambes et leur talent ; les remplaçants Lee Kang-in, Gonçalo Ramos et Lucas Beraldo restent des remplaçants. Il reste l’interrogation autour de Matveï Safonov, après avoir assisté aux miracles de Gianluigi Donnarumma un an plus tôt, puisqu’il paraît que c’est au printemps que se révèlent les grands gardiens.

« On peut gagner, on peut perdre »

La méthode et l’approche de Luis Enrique n’ont pas changé et, si on aimerait pouvoir en parler plus longuement avec son adjoint Rafel Pol ou un autre, il faut se contenter des graines lâchées par le patron en conférence de presse : « Ce que j’ai dit dès mon arrivée, c’est qu’on allait chercher à jouer un football attractif et offensif tout le temps. Quand tu as seulement une manière de jouer, une manière de profiter du football, quand tu as ce niveau de joueur individuel et ce niveau incroyable, c’est facile à dire, très difficile à faire. Facile à dire pour moi, difficile à faire pour les joueurs. Mais je pense que c’est notre manière, notre standard pour montrer quel type d’équipe nous sommes. Après, on peut gagner, on peut perdre parce que c’est normal dans le football, mais c’est notre manière de vouloir chercher à gagner. » 

Avec beaucoup de moyens et dans son monde qui n’est pas celui de la Ligue 1, le PSG a appris de ses multiples erreurs et le chaos proposé par l’OM est plus passionnant à décrypter parce qu’il résume ce qu’est ce club qui aura réservé des surprises tout au long d’une saison que les supporters marseillais ont déjà envie d’oublier, quand celle de leurs rivaux parisiens ne fait que commencer. Un peu comme cette équipe de Liverpool, championne d’Angleterre en titre, favorite d’une double confrontation épique en mars 2025 et finalement beaucoup moins fringante après le mercato très onéreux de l’été dernier. Dans quelques semaines, Paris conversera peut-être sa couronne de champion d’Europe, ou peut-être pas. Un destin peut se jouer sur une séance de tirs au but, une main ferme, un blessé et plein d’autres choses : comme quoi, il reste des histoires à écrire, et donc à raconter.

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