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Hugo Ekitiké peut-il être le digne successeur de Fernando Torres ?

Par Quentin Ballue
5' 5 minutes
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Hugo Ekitiké, le digne successeur de Fernando Torres ?

Ces dernières semaines, plusieurs légendes de Liverpool, dont Steven Gerrard et Dietmar Hamann, ont dressé des comparaisons entre Hugo Ekitiké et Fernando Torres. Un sacré compliment pour le Français tant l’Espagnol a marqué son époque. Mais peut-il vraiment y avoir match ?

Fut un temps où Liverpool parlait espagnol. Tous les gamins voulaient un serre-tête, des maillots manches longues et salopaient leurs affaires en voulant glisser sur les genoux. En 2007, un gamin de 23 ans débarquait dans le Merseyside comme une tornade dans le Midwest. Sans crier gare, et sans épargner personne. Il suffisait de voir la réception que le public d’Anfield lui avait réservée le 23 mars 2024, lors d’un match caritatif, pour prendre conscience de la trace laissée par Fernando Torres sur place. C’est dire à quel point Hugo Ekitiké peut se sentir flatté de voir émerger des comparaisons avec l’homme aux 81 buts chez les Reds.

Miroir, mon beau miroir

L’analogie ne vient pas d’un forum de fans ou des réseaux sociaux, mais de plus haut. De Steven Gerrard himself, ancien partner in crime du buteur espagnol. « Il me rappelle Torres à chaque fois que je le regarde jouer. Il marque le même type de buts », confiait l’Anglais sur TNT Sports après le match contre Newcastle fin janvier. Il faut dire que le but marqué par le Français ce soir-là ressemblait étrangement à celui inscrit par Torres à son époque face à Chelsea : le défenseur fixé, puis déposé, et un coup de patte dans le petit filet. Vitesse, puissance, précision. Le club a apporté de l’eau au moulin en partageant un montage vidéo des deux actions, vu plus d’un million de fois sur YouTube.

Fernando Torres avait enchanté l’Angleterre comme peu de novices avant lui. Vingt-quatre buts dès sa première saison en Premier League ? Un record pour un joueur étranger dans l’histoire du championnat. Trente-trois buts toutes compétitions confondues ? Du jamais-vu à Liverpool depuis Robbie Fowler en 1995-1996. Hugo Ekitiké ira difficilement le chercher sur ce plan : le Français entame le mois d’avril avec 17 buts au compteur. Honorable, mais loin du rythme effréné de son prédécesseur. « Dès ses débuts à Anfield, on a vu que ça coulait de source, estime Emiliano Insúa, arrivé à Liverpool six mois avant El Niño. C’était la garantie de marquer. Je ne pourrais même pas dire combien de buts il a inscrits dans sa première saison tellement il en a mis ! » Seuls Luis Suárez et Mohamed Salah ont pu rivaliser avec lui depuis.

Eitiké moins clinique, mais plus technique

Fernando Torres a laissé un sacré souvenir à Damien Plessis. L’ancien milieu de terrain, qui l’a côtoyé deux ans à Liverpool, a été scotché par son professionnalisme. « Il savait vraiment pourquoi il était là. Il s’est adapté tellement vite, c’était impressionnant. Il était carré. Ce n’est pas pour rien qu’il était capitaine de l’Atlético à 20 ans. Ce que Torres faisait le week-end, il le faisait la semaine à l’entraînement. » Il retient également la puissance qu’il dégageait. « Sur les deux trois premiers mètres, il avait un coup de reins… Il était super adroit mais son coup de reins, personne ne pouvait le contrer. Il avait l’air nonchalant, mais sur les deux premiers mètres, vraiment… C’était propre. C’était Fernando Torres, quoi ! Il savait aussi jouer avec son corps, et heureusement parce que tout le monde se tapait dessus : Gerrard, Momo Sissoko, Mascherano, Kuyt, niveau tampon, c’était fort ! »

Carlsberg, les manches longues, le serre-tête : la panoplie complète du buteur en série.
Carlsberg, les manches longues, le serre-tête : la panoplie complète du buteur en série.

Emiliano Insúa identifie instinctivement deux points forts chez son ancien coéquipier : sa puissance et sa créativité : « C’est un joueur qui savait mettre à profit n’importe quel ballon, il se passait toujours quelque chose. Ça nous transmettait beaucoup de confiance. Il était très difficile à contrôler en un contre un. Sur chaque situation, il était capable d’amener le danger. Même quand on pensait qu’il ne pouvait rien se passer, il arrivait à marquer ou faire la différence. » Et Ekitiké ? Damien Plessis voit du Torres dans sa science du déplacement. « Un match, je crois contre Glasgow, j’avais frappé de loin, le gardien avait repoussé et il était là directement. Après ça, il m’avait dit : “Tu vois, je suis un aimant, les ballons viennent vers moi !” Il sentait ça. Ekitiké aussi, il sent le but. »

Ekitiké est un très grand joueur. Mais Fernando, c’était à part. Il a beaucoup plus marqué les esprits qu’Ekitiké jusqu’à présent.

Emiliano Insúa

En revanche, comme Jamie Carragher, il juge le Français au-dessus sur la technique pure : « Je trouve qu’il est plus fin que Torres. C’est plus un joueur de ballon. Mais Torres était plus clinique si on veut comparer : une demi-occase, c’était but. » Insúa le rejoint sur la puissance physique et le sens du but. « On voit qu’Ekitiké sent les choses, il est toujours placé là où il faut pour marquer. C’est un très grand joueur. Mais Fernando, c’était à part, tranche l’Argentin. Il a beaucoup plus marqué les esprits qu’Ekitiké au même stade. » Torres avait frappé fort, d’entrée de jeu, en marquant contre Chelsea, Arsenal ou l’Inter, et en posant trois triplés sur la table face à Middlesbrough, Reading et West Ham. Les victimes d’Ekitiké sont plus modestes à ce stade (Newcastle, Tottenham, Everton ou Galatasaray en tête de liste). Pour commencer à se rapprocher de la crème de la crème, il faudra briller lors des grandes soirées. Face au PSG, ce serait parfait.

Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

Par Quentin Ballue

Tous propos de Damien Plessis et Emiliano Insúa recueillis par QB.

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