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Vitinha est-il le même joueur que son père ?

Par Alexis Pereira
5 minutes
Vitinha est-il le même joueur que son père ?

Avant que son fils Vitinha ne domine la France et l’Europe du foot avec le PSG et le Portugal, le papa Vítor Manuel a eu une carrière professionnelle correcte au Portugal. Et selon ceux qui l’ont côtoyé de près, le père ne manquait pas de qualités et a sacrément inspiré son fiston.

Dans la famille Ferreira, on demande le père. Vítor Manuel de Sousa Ferreira, dit Vítor Manuel, n’est pas seulement le paternel du chef d’orchestre du PSG et du Portugal Vitinha. Il a lui aussi réussi une carrière professionnelle au Portugal dans les années 1990 et 2000. Il n’a pas joué dans l’un des grands clubs du pays, il n’a pas une fiche Wikipédia bardée d’anecdotes et de renseignements, mais cela ne veut pas dire qu’il a traversé les terrains comme un fantôme. Avec près de 200 matchs de première division au compteur, il a laissé l’image d’un bon milieu de terrain à ceux qui l’ont côtoyé de près. « Vítor Manuel avait vraiment beaucoup de qualités, surtout une qualité de passes fantastique », assure Xano Fernandes, qui l’a connu au Desportivo das Aves entre 2004 et 2007.

Oui, mais encore ? « Vítor Manuel était un joueur au-dessus de la moyenne, intelligent, raconte Dill, l’ancien de l’OM (2002) qui a joué avec lui à Aves lors de la saison 2006-2007. Il pensait le jeu avant que le ballon ne lui parvienne. Il n’était pas très rapide, mais il était très intelligent et savait faire vivre le ballon pour accélérer le jeu. » Manuel Tulipa, ancien international portugais (3 sélections), aujourd’hui coach de l’Ararat Erevan en Arménie, a joué avec Vítor Manuel à Belenenses (1994) et Farense (1999-2000) et il se souvient aussi très bien d’un autre de ses points forts : « Vítor Manuel avait aussi une jolie frappe de balle à mi-distance. » On ne parle pas de Vitinha, le petit gars devenu champion d’Europe l’année dernière, mais bien du papa.

Joue-la comme papa

Les compliments et les qualités défilent chez les interlocuteurs qui ouvrent leur boîte à souvenirs. Nuno Campos, actuel entraîneur de Zalaegerszeg TE en Hongrie, qui a joué quatre saisons de rang à ses côtés à Campomaiorense (1997-1999) puis à Farense (1999-2001), pioche volontiers une autre de ses forces sur le terrain : la qualité des contrôles. Ça ne vous rappelle personne ? « Si vous aviez eu l’opportunité de voir jouer son père, vous auriez vu qu’il y avait bon nombre de choses identiques dans leur manière de jouer. Il y a beaucoup de similitudes entre eux. Jusque dans la manière de courir ! », se rappelle Tulipa.

Si vous aviez eu l’opportunité de voir jouer son père, vous auriez vu qu’il y avait bon nombre de choses identiques dans leur manière de jouer.

Manuel Tulipa, ancien international portugais

Le fiston n’a jamais caché, dans quelques interviews, que son papa, aujourd’hui âgé de 55 ans, avait été un modèle, une inspiration et une source d’excellents conseils. « Oui, dans cette manière de conduire la balle, toujours avec l’extérieur du pied, la tête levée, c’est vrai qu’il y a des similitudes », confirme Xano Fernandes, qui se souvient avoir décelé très tôt les qualités du fils lorsqu’il accompagnait son père dans les vestiaires ou sur les terrains à l’entraînement.

Il y a le foot, le jeu avec le ballon et aussi tout le reste. Nuno Campos, qui l’a eu dans ses bras lorsqu’il était bébé, l’a suivi tout au long de sa carrière et l’a vu, comme les autres au fil du temps, hériter des qualités humaines du paternel : simplicité et humilité. « C’est extraordinairement sain. Vítor Manuel est simple et humble, sa famille est humble. Il maintient sa façon d’être malgré tout ce qui arrive à son fils, assure-t-il. Ce serait tellement simple de perdre un peu cela vu la situation. »

Vitinha a un peu plus de créativité dans la conduite de balle, il est un peu plus dribbleur que ne l’était son père.

Xano Fernandes

Même son de cloche pour Tulipa, qui a également eu Vitinha sous ses ordres dans les équipes de jeunes au FC Porto : « Vitinha vient d’une famille très humble, avec de bonnes personnes, il tient de ses parents là-dessus. Il est sûr et stable, ça a été important pour sa progression. » Ce qui a pu aider le milieu de terrain à ne pas brûler les étapes, se faisant tranquillement sa place à Porto à partir de 20 ans (d’autres sont plus impatients) et se lançant dans la grande aventure au PSG deux ans plus tard, pour la suite qu’on connaît.

Quand le fils dépasse le père

Il est difficile de parler du fils sans parler du père, et vice versa, tant les deux sont liés footballistiquement et humainement. Les similitudes sautent aux yeux, le talent des deux Vítor indéniable selon ceux qui les ont vus gambader, mais on n’est pas non plus sur un pur et simple copié-collé. « Son père avait plus de présence dans le jeu aérien que Vitinha, qui est un peu plus petit, analyse Xano Fernandes. Il avait un bon jeu de tête. Il était plus défensif, il dépannait parfois même comme central. Vitinha, lui, a un peu plus de créativité dans la conduite de balle, il est un peu plus dribbleur que ne l’était son père. » Une caractéristique peut-être plus facile à développer quand on évolue très tôt dans des équipes dominantes, construites pour gagner des matchs et des titres.

Nuno Campos voit un autre détail qui différencie l’héritier de son papa. « Je ne dis pas que Vítor Manuel n’était pas fort lui aussi sur le plan du mental, pose-t-il, mais Vitinha, dans le contexte du football actuel moderne, avec l’accumulation des matchs et la médiatisation poussée à l’extrême, a déjà su faire preuve dans sa jeune carrière d’un mental de champion pour dépasser les difficultés connues à Wolverhampton, revenir plus fort au FC Porto, exploser au PSG et performer sur la durée. Les champions sont faits de ce bois. Quand la situation ne tourne pas en leur faveur, ils font le dos rond et finissent par s’en sortir. » Après la défaite à Rennes vendredi et avant le barrage aller de Ligue des champions à Monaco, Luis Enrique et le PSG s’en frottent les mains.

En direct : Monaco - PSG (0-0)

Par Alexis Pereira

Tous propos recueillis par AP

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