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Paris, une nuit dans les étoiles

Par Tom Binet, au Parc des Princes
4' 4 minutes
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Paris, une nuit dans les étoiles

Un match d’une intensité et d’une qualité extrêmement rares, une ambiance comme le Parc en a rarement connu ces dernières années, et à l’arrivée une soirée hors du temps pour les quelques milliers de chanceux présents. De celles dont ils pourront dire « j’y étais » en en chérissant le souvenir pour toujours.

Le climax de cette soirée se situe probablement quelque part par là, entre les deux éclairs de Khvicha Kvaratskhelia et Ousmane Dembélé en début de seconde période. Après plus d’une heure à s’égosiller, le Parc des Princes est comme entré en apesanteur. Ces joueurs étaient-ils vraiment humains ? Avaient-ils réellement des failles ? Ou bien le Bayern Munich était-il lui aussi condamné à se faire broyer comme un vulgaire faire-valoir venu d’outre-Manche ? Au cours de ces quelques minutes qui auront séparé les deux coups de poignard, l’enceinte de la porte d’Auteuil aura été tout à la fois béate d’admiration et folle de bonheur, incapable de croire totalement en ce qu’elle voyait et convaincue que le spectacle n’était pas terminé. Le tout sans vraiment savoir comment exprimer tous ces sentiments à la fois. Alors les 48 000 spectateurs du Parc des Princes sont restés un long moment debout, à sauter dans tous les sens en hurlant à perdre haleine dans un moment qui aura forcément rappelé les célébrations autour de la finale de l’an passé.

Bien sûr, tout le monde – ou presque – s’attendait à ce que cette affiche au sommet, déclarée « finale avant l’heure », fasse décoller le monde du ballon rond dans les plus hautes sphères de la saison. Mais rien ne pouvait laisser imaginer que les proportions seraient aussi grandes. Avant même le début des hostilités, la soirée a pris une saveur spéciale quand le tifo mettant en scène des troupes napoléoniennes face aux Prussiens fut accompagné d’un orchestre achevant sa partition d’une Marseillaise reprise à l’unisson. Choix et message pour le moins étonnant dans le contexte, mais qui auront au moins eu le mérite de planter le décor : après avoir impressionné toute l’Angleterre, les tribunes parisiennes étaient bien décidées à livrer elles aussi une prestation digne du rendez-vous. Et pour que la fête soit totale, le parcage bavarois avait aussi sorti le grand jeu. La montée de décibels sur un premier coup d’épaule distillé par Warren Zaïre-Emery sur Michael Olise à peine la bagarre entamée sera vite venue confirmer ce qui était déjà bien plus qu’une première impression.

En apesanteur

Dès ces premières minutes, le cadre était posé : les 90 minutes à venir seraient irrespirables, époustouflantes, hallucinantes. Côté terrain, du talent dans tous les coins, des actions impressionnantes à la pelle, un compteur de buts qui s’affole à en perdre le compte. « Tous les amoureux de foot ont dû kiffer. Nous, sur le terrain, ça a été un vrai plaisir de jouer. Ce sont des matchs dont on rêve pendant toute notre enfance », kiffait Marquinhos au micro de Canal+, vite paraphrasé par son entraîneur, Luis Enrique : « Je n’ai jamais vécu, en tant qu’entraîneur, un match avec une telle intensité et une telle envie de gagner. Tous les supporters, des deux équipes, sont contents de voir ce type de spectacle. » La réalité, c’est que l’on pourrait aligner à l’infini les formules péremptoires des acteurs des deux camps, qui auront défilé en zone mixte l’air éberlué mais heureux d’avoir participé à une telle folie, le tout devant des journalistes occupés à débattre de la place à accorder à cette empoignade parmi les plus beaux matchs de la décennie écoulée.

De toutes parts un seul et même sentiment, celui d’avoir vécu une nuit hors du temps. Du genre qui restent gravées même dans les mémoires les plus récalcitrantes. À tel point que dans quelques années, la question « Tu te souviens du match entre le PSG et Bayern ? » n’attendra pas en retour d’interrogation pour savoir « lequel ? » Quelque chose de surréaliste, à la fois sur le terrain et autour. Ah, petit rappel pour ceux qui l’auraient oublié, de ce tourbillon d’émotions émerge également un résultat sportif. Le PSG a en effet remporté un match d’anthologie et se présentera à Munich avec un but d’avance. Un avantage numérique indéniable, mais qui fait pâle figure dans la nouvelle tempête qui s’annonce. Ne détachez pas vos ceintures trop vite : on repart pour un tour de manège dans huit petits jours. Promis, ça va passer vite !

Didier Domi : « Dans la Ligue des champions moderne, ce PSG est juste derrière le Barça de Guardiola »

Par Tom Binet, au Parc des Princes


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