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L’heure des apprentis

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L’heure des apprentis

La Premier League propose ce week-end deux chocs. Évidemment, le Liverpool/Chelsea tient le haut de l'affiche mais le Manchester City/Aston Villa de cet après-midi n'est pas à balancer aux ordures. Entre le nouveau riche très pressé City et le besogneux et patient Villa, il y a match, à coup sûr. L'un veut atteindre le plus rapidement les sommets, l'autre essaiera pour une fois de ne pas rater le dernier coup de piolet en fin d'ascension.

Tout oppose ces deux écuries du Big Seven de Premier League. Oui, le Big Seven tant le Big Four n’a jamais paru aussi chancelant, en tout cas, au niveau de ses pieds. Tottenham peut attraper la C1, quoique. Aston Villa et Manchester City veulent rafler la mise dans le money time, quoique. Liverpool est prêt à coincer, quoique. Oui, quoique car ces quatre équipes se tiennent en deux points à deux journées de la fin. La rencontre City-Villa, le 6ème contre le 5ème, vaut donc son pesant de fish & chips, surtout entre deux clubs à la dynamique, à la tactique et à l’ambition bien différentes. Décryptons.

Tout d’abord, d’un point de vue tactique. Les Citizens de Mancini évoluent dans un 4-3-3, avec le trio Tevez-Adebayor-Bellamy devant, un milieu de solides avec Gareth Barry à la baguette et une défense pas vilaine avec Kolo Touré en patron et Given en assureur dans les bois. En théorie, les boys de Mancini sont armés, mais Given a le coude en vrac et sera suppléé par un Hongrois, Marton Fulop, débarqué cette semaine de Sunderland. Bah oui, fallait pas abuser, Gunnar Nielsen, des Îles Féroé, avait un costume trop petit. A Villa, Martin O’Neill a placé son onze dans un inamovible 4-4-2, avec une défense en béton (15 clean sheets, 4ème meilleure défense du Royaume), un meneur de jeu dans la saison de sa vie, Milner (7 pions mais surtout quelle influence), une flèche Agbonlahor et un frigo devant, Carew ou Heskey, au choix.

Alors, bien sûr, le système n’est qu’une donnée de tableau noir mais entraîne forcément une différence dans le jeu. Aston Villa ne cherche pas absolument à tenir le cuir dans les pieds. Plus le ballon remonte rapidement, mieux on se porte. La multiplication de passes à la barcelonaise, oubliez. L’idée est plutôt de transmettre illico à Milner, qui se chargera de trouver un pivot à grandes épaules ou une flèche. Et les défenseurs ne vont mettre le nez dehors que sur coups de pied arrêtés. A City, la préparation est sans doute plus longue, le travail d’approche plus construit, à la Mancini, les latéraux comme Bridge dédoublent mais est-ce pour autant plus efficace ? Pas sûr.

N’oublions pas en effet, que des deux équipes, celle qui a le plus de certitudes dans son jeu reste Aston Villa. Depuis deux saisons, les Villans ont rodé leur jeu, ont côtoyé le haut du panier de la PL mais ont réussi à se vautrer inexorablement dans les derniers moments en 2007-2008 et 2008-2009, ratant à chaque fois le Top 5. La faute entre autres à une profondeur de banc indigne d’un club de ce standing…

Manchester City, depuis qu’il a les poches pleines de livres, ne joue pas l’érudit et a tenté la saison dernière de débaucher toutes les stars possibles. Ratage complet. L’intermittent du spectacle Robinho a déçu et est parti se consoler au Brésil avant le Mondial. Cette année, les dirigeants de City ont préféré utiliser leur budget illimité en piochant dans les valeurs sûres de Premier League : Adebayor, Tevez, Barry, Lescott et Kolo Touré. Du temps de gagné dans la Blitzkrieg menée par le deuxième club de Manchester. Mais l’équipe a encore besoin d’un peu de temps pour basculer dans le très haut niveau et assurer quelques points supplémentaires.

L’image de loser, collée à sa peau depuis les années 80 et la prise en main du rival United par Ferguson, lui est revenue en pleine face lors des deux échecs cette saison contre M.U, deux rencontres qu’elle aurait dû bâcher avec 6 points. Elle n’en aura retiré aucun. A l’inverse, du côté de Villa Park, on aperçoit les ingrédients d’une équipe qui a appris de ses erreurs, capable de se prendre un tampon plein menton contre Chelsea (7-1) mais surtout de se relever immédiatement pour prendre, laborieusement parfois, les points contre les équipes plus modestes (Bolton, Portsmouth, Hull, Birmingham).

Pourtant les ambitions ne sont pas les mêmes. Villa n’a pas les moyens d’attirer du ronflant, plutôt du revanchard (Carew) ou du jeune à post-former (Ashley Young) alors que City a une marge de manœuvre nettement plus large voire infinie. Pour autant, la perspective d’une Champion’s League n’est vitale que pour une équipe. Sans le strapontin pour la C1, City aura du mal à attirer de nouveaux top-players (un Torres par exemple). L’idée d’une Europa League à la mode Fulham pourrait en revanche très bien convenir aux ambitions des Villans, dans une ville, Birmingham, qui ne vit pas uniquement pour son club de foot.

Dans cette course à l’Europe, City n’a finalement qu’un avantage certain : trois matches à jouer contre deux pour Villa.

Par Ronan Boscher

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