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Les chiens andalous

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Les chiens andalous

Barcelone, leader incontesté du Royaume, se déplace en Andalousie dans l'espoir de maintenir le Real Madrid à distance. Il faudra en découdre avec une bête blessée, encouragée par un public enragé pour qui, battre le Barça représente le dernier intérêt de la saison.

« J’ai vécu la saison dernière au stade Sánchez Pizjuan les pires 20 minutes de ma vie d’entraineur. On gagnait 0-3 à onze contre dix et pourtant on a souffert terriblement, on a failli perdre le championnat là-bas » . Josep Guardiola n’est pas du genre à parler pour ne rien dire, il va à l’essentiel. Comprendre que ce déplacement dans le sud de l’Espagne a tout du match piège. Bien installé en tête, le Barça a vu hier comment le Real Madrid (victoire 2-0 sur Hercules) revenait à 4 unités.

Pour conserver son matelas de 7 points, Messi et ses potes doivent impérativement s’imposer à l’extérieur. Ça tombe bien, c’est une de leur spécialité, en 13 déplacements cette saison, le Barça a fait un nul pour 12 victoires. Son adversaire du soir, Barcelone le connaît bien, chaque été, il vient y piocher un joueur. Ainsi, Keita et Alves ont fait le voyage Andalousie-Catalogne, imité cette saison par Adriano, le polyvalent brésilien. C’est dire la confiance qu’à Guardiola dans la direction sportive sévillane, une équipe qui malgré la méforme du moment, continue de le séduire « C’est un grand d’Espagne, un classique de notre championnat, avec de très bons joueurs, une équipe qui sait jouer avec ses attaquants. L’arrivée de Rakitic leur a fait beaucoup de bien. C’est un stade toujours compliqué avec un public extraordinaire » .

L’élégance du compliment ne fait pas oublier la saison décevante des sévillans : éliminés de la Coupe du Roi alors qu’ils en étaient les derniers vainqueurs, éliminés en Champions League dès la phase de poule puis reversés en Europa League d’où, là encore ils ont été éliminés, le FC Séville ne connait guère plus de satisfaction en Liga. Les andalous chiffrent une triste huitième place avec 38 points, soit quasiment moitié moins que son adversaire du soir, 74. Lors de ses 11 derniers matchs de championnat, Séville ne s’est imposé qu’à une seule reprise, une statistique déjà peu glorieuse surtout quand on sait que les andalous sont les victimes préférées des catalans, depuis que Guardiola en est le coach, ses hommes ont scoré 26 fois dans les filets du FC Séville.

Pour ne rien arranger, cette semaine, la star brésilienne, l’attaquant Luis Fabiano a fait ses valises. Alors que Séville avait refusé de le vendre pour plus de 10 millions d’euros cet été à Marseille, Sao Paulo vient de le signer pour 7,6 millions. Luis Fabiano abandonne donc Kanouté, son compère d’attaque, et laisse en souvenir un total pas dégueu : 106 buts. Fataliste, Gregorio Manzano, son entraineur, expose : « On va sans doute jouer contre le meilleur Barça de ces dernières années » et d’enchaîner « ceux qui ne sont pas du Barça espèrent que dimanche soir, il y aura encore un championnat à jouer, mais nous on ne veut faire de cadeaux à personne » . Tout laisse à penser que Barcelone a déjà le match en poche. Tout sauf que mentalement, l’affrontement tourne carrément du coté sévillan. Les coéquipiers de Kanouté n’ont plus rien à perdre et jouent désormais uniquement pour l’honneur.

Moqués, humiliés, les andalous entrevoient un succès d’estime face à la meilleure équipe du monde devant leur public, comme une possibilité de se racheter. Ne pas oublier que ce Séville là a été la première équipe à sortir le Barça de Guardiola d’une compétition (la Coupe du Roi 2010) et que sur les 5 dernières années, le FC Séville reste le deuxième meilleur club espagnol avec 6 titres remportés (UEFA 2006, 2007, Coupe du Roi 2007 y 2010, Supercoupe d’Europe en 2006 y Supercoupe d’Espagne en 2006 2007), devant le Real Madrid (2 Ligas et 1 Supercoupe d’Espagne). Privés de leurs capitaines respectifs (Andres Palop est blessé tout comme Carles Puyol), les deux clubs savent désormais à quoi s’attendre : un combat pour l’orgueil d’un coté, un match à ne surtout pas perdre de l’autre.

« Les tribunes expriment ce qui flotte dans la société espagnole  »

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