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Les Bleues font du petit bois

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Les Bleues font du petit bois

Deux victoires en introduction d'une Coupe du Monde, ça change. Dans le groupe de la mort, les Françaises font mieux que survivre, elles abattent leurs adversaires les unes après les autres. Après le Nigéria et avant l'Allemagne, c'est le Canada qui trépasse.

Canada/France (0-4)

Buts : Thiney (x2), Abily et Thomis pour la France

« La première qualité du groupe France, c’est qu’il sourit. Nous avons un projet de jeu et un projet de vie » . Bruno Bini, sélectionneur des Bleues. Le sourire justement, le groupe France peut l’avoir en ce jeudi soir. Face à la 6ème équipe mondiale, qui compte tout de même dans ses rangs Christine Sinclair la meilleure joueuse du monde, les Bleuettes ont régalé les 16000 spectateurs du Rewirpowerestadion. Quatre buts, un jeu inspiré, un collectif soudé, des individualités qui font la différence. Un scénario idéal en somme. En l’espace de 90 minutes la France a changé de statut : elle est désormais une candidate sérieuse à une place dans le dernier carré. D’ores et déjà qualifié en quarts, Bruno Bini va pouvoir se permettre de faire jouer les coiffeuses lors du dernier match de poule contre l’Allemagne, le 5 juillet. Un vrai luxe.

Delie marque le pas

18h. Opposition de style à Bochum. D’un côté le Canada, une équipe réputée athlétique, outsider sérieux qui a participé à toutes les Coupes du Monde. Les nord-américaines ont d’ailleurs titillé l’Allemagne, grandissime favori, lors du premier match de poule (défaite 2-1). Bonne nouvelle pour elles, Sinclair, la star de l’équipe, tient bien son rang… malgré un nez pété. Elle arbore pour l’occasion un masque à rendre jaloux un Christian Chivu. De l’autre côté, la France joue en 4/2/3/1, à la Domenech, avec Louisa Necib, meneuse de jeu marseillaise d’origine algérienne, pour orienter et distribuer. Le début de match est assez quelconque. Du jeu long, quelques tentatives discrètes, la France tient la route sans se laisser dominer physiquement. Concentrées, les Bleues prennent progressivement le dessus. Elles jouent dans les pieds, tentent de construire, ont le mérite d’essayer. On ne va pas vous parler de toque mais l’idée est là, dans la disponibilité et les relais proposés. Ça paie. Gaëtane Thiney, à la 23ème minute, marque de la tête après qu’une frappe contrée de Boussaglia se soit transformée en centre. La récompense de l’audace. Les bucheronnes, elles, ont pris un tronc d’arbre derrière la tête et ne trouvent pas leur second souffle. Sinclair, qui a animé les débats d’avant-match, est invisible, caché derrière son masque. Côté tricolore, Necib régale la chique avec des gestes techniques de haute facture. Marie-Laure Délie se procure de nouvelles occas’, Bompastor râle contre l’arbitre, les Bleuettes sont bien dans leurs ballerines. L’arbitre siffle la mi-temps. La France rentre au vestiaire avec un but d’avance. Mérité.

Ovation pour Thiney

Reprise du jeu, les Bucheronnes envoient du bois. Sapowicz, la gardienne des Françaises, manque de se faire défigurer par Matheson. Pas déstabilisée, quelques minutes plus tard, Thiney, après une remise en retrait, enroule une frappe superbe, de celles que l’on voit à côté et qui vient coiffer le poteau au dernier moment. Imparable. 2-0. On oubliera le pénalty non-sifflé à la 64ème pour les Canadiennes, on applaudira peu après le but de Camille Abily d’une tête croisée pleine lucarne. 1,2 et 3-0. Seul bémol dans ce joli tableau bleu, quelques largesses défensives. On ne sent pas la paire Viguier-Georges très sereine. L’envie de trop bien faire peut-être, l’excitation sans doute. Peu avant la fin du match, Gaëtane Thiney sort et reçoit l’ovation du public. Femme du match. Sur son premier ballon, Elodie Thomis, sa remplaçante lancée, en profondeur la met au fond. Trop facile, les Bleues déroulent. La fin du match se résume à quelques tentatives canadiennes avec l’énergie du désespoir, mais le match est déjà plié depuis longtemps. La France est en quarts, le Canada éliminé. Tabarnak!

Thomas Lecomte et Antoine Mestres

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