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  • Euro 2012 – Groupe D – Ukraine/Suède

L’épouvantail suédois

Par Régis Delanoë
5' 5 minutes
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L’épouvantail suédois

Figurant dans un groupe D ouvert aux côtés d’un pays hôte largement prenable, d’une Angleterre en chantier permanent et d’une France imprévisible, la Suède se dit que certainement, sur un malentendu, il y a un gros coup à jouer. Vu son parcours loin d’être vilain, son profil bien solide, son Zlatan superstar et une nouvelle prometteuse génération émergente, on ne peut guère lui donner tort.

Le parcours

La Suède aime se qualifier via la règle du meilleur deuxième. Ayant déjà joué de cette règle pour aller disputer la Coupe du monde 2006 en Allemagne, elle a récidivé pour valider son ticket polono-ukrainien, terminant dans le groupe E des qualifs derrière d’intouchables Hollandais, mais affichant le meilleur bilan de tous les dauphins, ce qui lui a permis d’éviter de devoir en passer par les barrages. Avec 31 buts inscrits en 10 rencontres (dont 8 victoires), les Scandinaves affichent un bilan offensif très séduisant. Seules une défaite logique aux Pays-Bas (1-4) et une plus surprenante en Hongrie (1-2) viennent ternir le tableau. Les derniers matchs de préparation laissent penser à un niveau similaire à celui de la France, un de ses adversaires du premier tour, avec des victoires 3-2 et 2-1, respectivement face à l’Islande et la Serbie. À noter, par contre, que les dernières confrontations en amical face aux autres nations de ce groupe D de l’Euro ne tournent pas forcément à l’avantage d’Ibrahimović et des siens : une défaite 0-1 en Angleterre en novembre dernier, une victoire 1-0 en Ukraine en août dernier et une défaite 2-3 face aux Bleus en 2008. En gros, les Vikings n’ont pas vraiment de quoi la ramener, mais ne débarquent certainement pas en victimes expiatoires.

Le jeu

Le sélectionneur Erik Hamrén, en poste depuis 2009 et l’échec à la qualif pour le mondial sud-africain, ne fait pas dans l’originalité avec un schéma tactique en 4-2-3-1 bien costaud, bien chiant à désarticuler pour l’adversaire. Un absent est à déplorer dans l’équipe de base : le grand défenseur Daniel Majstorović, forfait sur blessure. L’ancien Toulousain Johan Elmander est bien là, mais se remet tout juste d’une fracture au pied et n’est pas certain de pouvoir disputer ce premier match. Enfin le petit génie John Guidetti, qui aurait pu faire office de joker, n’est pas du voyage, handicapé par une infection qui tarde à guérir. Le 11 des titulaires doit ressembler à ceci : l’ex-gardien du Stade Rennais Andreas Isaksson dans les bois, Olof Mellberg et Andreas Granqvist au centre de la défense, Martin Olsson à gauche (avec Behrang Safari en recours), Mikael Lustig à droite, Kim Källström associé à Rasmus Elm dans l’entrejeu (Anders Svensson, Pontus Wernbloom et Samuel Holmén en soutien sur le banc), Ola Toivonen décalé sur le flanc gauche, Sebastian Larsson en alter ego à droite et enfin Zlatan dans une position reculée, en soutien de Johan Elmander en attaque. Les remplaçants offensifs étant l’éphémère Nantais et éphémère bon joueur Christian Wilhelmsson, Emir Bajrami, le local Tobias Hysén et le revenant Markus Rosenberg. À noter que, si Elmander n’est pas encore assez rétabli pour être aligné dès le coup d’envoi, c’est Ola Toivonen qui doit disputer en pointe, Källström se décalant à gauche. Bilan : peu de noms ronflants, mais peu de points faibles aussi, si ce n’est tout de même la lenteur de la charnière centrale.

La star

« Notre force mentale et le collectif sont nos armes principales » , a assuré dernièrement Rasmus Elm, conscient qu’une compétition ne se gagne pas avec un seul joueur, si talentueux soit-il. Il n’empêche, Zlatan Ibrahimović fait figure de seule grande star dans la sélection suédoise, celui qui attire toutes les lumières. Ça tombe bien, il adore ça. Vexé de ne pas avoir pu participer à la grand-messe sud-africaine il y a deux ans, vexé surtout que le précédent sélectionneur Lars Lagerbäck le cantonne à un rôle de joueur ordinaire, le Milanais a un temps voulu prendre sa retraite internationale. Mais il a finalement été convaincu par Erik Hamrén de revenir sur sa décision, se voyant confier le brassard de capitaine et le rôle d’élément intouchable et incritiquable de la sélection. Il peut bien provoquer la grave blessure de son compatriote Daniel Majstorović en s’engageant un peu trop brutalement à l’entraînement, l’hiver dernier, plus personne n’ose désormais lui en vouloir. Un boss, un vrai.

L’espoir

La catégorie « espoir » aurait dû échoir à John Guidetti, l’attaquant de 20 ans, grande révélation en Eredivisie, cette saison, avec Feyenoord. Sauf qu’il est écarté des terrains depuis mi-avril en raison d’une infection nerveuse qui le handicape à la jambe gauche. On peut donc citer deux noms pour le remplacer, peut-être moins prometteurs et un peu plus âgés déjà, mais qui valent tout de même le coup d’œil. Premier d’entre eux : Ola Toivonen. À 25 ans, le grand joueur du PSV Eindhoven sort d’une remarquable saison aux Pays-Bas, ayant signé 26 buts et 4 passes. Opportuniste, souvent bien placé, il débarque dans la compétition avec confiance, ayant signé deux buts lors des matchs de préparation. L’autre joueur à suivre de très près se nomme Rasmus Elm, milieu relayeur de 24 ans, auteur, lui aussi, d’une grosse saison en Eredivisie, sous les couleurs de l’AZ : 13 buts et 17 passes. Considéré comme l’un des meilleurs joueurs suédois de ces dernières années, il est réputé pour son excellent jeu de passe et ses coups de pied arrêtés, dont de délicieux coups francs directs. Pisté par Liverpool, il doit néanmoins progresser dans le travail défensif.

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