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Leonardo D’Agostini : « Ces gamins sont projetés dans un monde d’adultes »

Propos recueillis par Andrea Chazy
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À l'occasion de la sortie du film « Le Défi du champion » au cinéma ce mercredi en France, son réalisateur Leonardo D'Agostini, supporter de la Roma, évoque son premier long-métrage inspiré de Mario Balotelli où il est question du foot-business, un monde pas facile à apprivoiser lorsqu'on est un jeune joueur starisé très tôt.

Comme tu l’as déjà déclaré par le passé, ton premier long-métrage « Le Défi du champion » est inspiré de Mario Balotelli. Un joueur au caractère libre, « anarchiste » même selon son ancien président à Brescia. En quoi Balotelli te fascine t-il tant ?Balotelli est un symbole de cette nouvelle Italie qui émerge et, personnellement, il m’a toujours fasciné. Si on ne parle que de son potentiel, c’est un énorme talent. Mais il a aussi un caractère très complexe. Un peu comme Antonio Cassano, finalement. Ils ont bien sûr des différences mais aussi le point commun de ne pas avoir su totalement exploiter leur talent dans la durée.

Stefano Accorsi est quasiment un bodybuilder, il s’entraînait énormément pour faire un Ironman. Tandis qu’Andrea Carpenzano n’est pas sportif du tout. Pourtant pour le film, il fallait que ce soit le contraire !

Andrea Carpenzano, l’acteur qui joue le jeune football star « Christian », ressemble physiquement à Stephan El Shaarawy. On vous sait supporter de la Roma, c’était voulu ? Je vais te faire une confidence : Stefano Accorsi (qui joue le rôle du professeur de soutien, NDLR) est quasiment un bodybuilder, il s’entraînait énormément pour faire un Ironman. Tandis qu’Andrea Carpenzano n’est pas sportif du tout. Pourtant pour le film, il fallait que ce soit le contraire ! Mais pour en revenir à El Shaarawy, sur certaines séquences de matches, nous avons utilisé des images où nous avons remplacé le visage de Stephan par celui d’Andrea.

Mais Balotelli te fascine alors qu’il n’a jamais joué à la Roma ? Comment est-ce possible ?(Rires) Bon, la Roma a aussi ses personnages excentriques ! Pour être honnête, ça ne m’aurait pas déplu de voir Balotelli jouer à Rome. Il aurait dû devenir un grand champion, mais il s’est un peu perdu. Mais que ce soit lui ou Cassano, ce sont deux hommes aux modèles familiaux difficiles qui se sont retrouvés riches et célèbres très jeunes. Comment réagit un jeune de 18 ans, dans cette situation, quand sa vie change à ce point ? Ce n’est pas aussi simple qu’on ne le croit.

Le film évoque de nombreux aspects de la vie, mais ce qui ressort en premier est certainement la peur de la solitude. C’est le cas ?Il ne faut jamais oublier que tous ces gamins entrent dans une vie parallèle aujourd’hui, dès l’âge de 12-13 ans. Ils sont projetés dans un monde d’adultes qui, la plupart du temps, est totalement étranger à celui vécu par leur famille. À 19 ans, tous les gamins ne supportent pas cette pression médiatique et financière de la même façon. Quand Cassano est parti au Real, il y a un cousin ou un ami – je ne m’en rappelle plus – qui est parti là-bas avec lui. Il avait besoin de ce soutien, de cette présence. Et c’est compréhensible quand tu pars loin de chez toi, de ta famille, à un âge aussi jeune.

Le fait est que ces problèmes-là sont souvent occultés par l’opinion, qui parle directement en général de leurs salaires mirobolants. Tout le monde ne cherche pas à comprendre ce qu’il y a derrière.C’est vrai, mais c’est vrai aussi que, quel que soit ton salaire, quand tu débarques dans un environnement qui n’est pas le tien et que tu es loin de tes proches, tu as besoin de conseils. Parfois, tu ne parles même pas la langue du pays dans lequel tu arrives. Parfois, ils découvrent tout en même temps en arrivant sur place. Tout le monde a besoin d’amis, de personnes qui puissent t’aiguiller sur ce que tu fais, si c’est bien ou pas. Quel que soit le salaire qu’on te donne.

Ce n’était pas trop difficile, en tant que réalisateur, de montrer l’exubérance des footballeurs sans tomber dans le cliché ?On a une chance aussi, c’est que nous sommes en Italie et non pas aux Etats-Unis pour faire ce film (Rires). Mais selon moi, c’est un aspect secondaire d’un film qui parle avant tout d’amitié et moins du football. Et c’est une fiction. Même si, effectivement, certains aspects correspondent réellement à la réalité. Parfois, même involontairement. Quand on a projeté la première du film aux jeunes de l’AS Roma, certains préparateurs du clubs disaient : « Mais c’est vrai, ça ! » alors que ce sont des dialogues inventés. Et ça, ça s’explique du fait qu’il y a réellement une école à Trigoria (le centre d’entraînement de la Roma, NDLR) qui couvre l’ensemble des catégories. C’est sûrement lié !

Rajouter des personnages ou des anecdotes connues, ça permet aussi de crédibiliser ce que l’on veut raconter.

Dans le film, outre le centre d’entraînement de la Roma où le film est partiellement tourné, on peut voir de nombreuses références au monde du football. Par exemple, avec la présence de certains journalistes comme le spécialiste du mercato Gianluca Di Marzio, l’extrait sonore du fameux « Sotto la doccia » prononcé lors de l’exclusion de Zidane au Mondial 2006 face à l’Italie… C’était important d’apporter ces éléments du réel au sein de ton film ?Il faut dire aussi une vérité : le football, c’est une chose que nous connaissons tous. En Italie, à Rome, c’est quelque chose que tout le monde connaît en tout cas. Du coup, rajouter des personnages ou des anecdotes connues, ça permet aussi de crédibiliser ce que l’on veut raconter.

Quelle a été la plus grande difficulté liée au monde du football pour faire ce film ?Le football est difficile à filmer. Nous ne pouvions pas avoir de joueurs de Serie A car on n’avait une puissance de production suffisante si je puis dire. Et puis aussi car il y a des histoires d’assurances à rallonge, de droits d’images très importants. On a quand même eu la chance de travailler avec l’équipe de Pise, qui évolue en Serie C, et qui est d’un très bon niveau. Ils ont fait un superbe travail pour nous permettre de réaliser certaines scènes. C’est très difficile d’approcher la Serie A.


Pour en savoir plus, retrouvez une première interview de Leonardo d’Agostini, rencontré à Paris en décembre dernier dans le cadre du festival « Les Rencontres du Cinéma Italien » .

Pour voir la bande-annonce :

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