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L’enquête corse

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L’enquête corse

Recalé sportivement en National, le Sporting Club de Bastia vient de prendre une nouvelle baffe. La DNCG vient de rétrograder le club de la haute-Corse en CFA. Une décision qui fait parler...

« Si la Fédération Française de Football a une grosse paire de couilles, alors qu’elle s’en serve. Qu’elle clame haut et fort qu’elle ne veut plus du Sporting Club de Bastia dans le football français et dans ce cas on sait à quoi s’en tenir » . Le président du club corse Julien Lolli ne cache pas sa colère. La raison ? Son club serait en train de se faire enfler par les hautes instances du football français. Une véritable affaire d’état sur l’île de beauté. Théoriquement, le SCB devait reprendre la saison prochaine en National après une triste vingtième place acquise lors du dernier exercice. « Notre dernière place, nous ne la contestons absolument pas » tance Lolli. Seulement, le club corse n’a pas de ronds et ça ne plait pas vraiment à la DNCG (Direction Nationale de Contrôle et de Gestion). Grosso modo, Bastia doit combler une déficit conséquent : 1,2 millions d’euros.

Dans un premier temps, les dirigeants bastiais souhaitaient combler ce trou par le patrimoine joueurs. Ça tombe bien, l’Inter Milan était prêt à sortir son chéquier pour un espoir du club. Johan Martial, stoppeur de 18 piges, était sur les tablettes des Interistes et de Saint-Etienne. Un transfert évalué à 1,5 millions d’euros.Tout baignait jusqu’à ce que la commission parisienne ne recale le club au prétexte que le SCB doit être sain et que l’équilibre financier ne doit pas provenir de la vente des joueurs. Une nouvelle décision de l’organisme qui s’appliquera désormais à tous les clubs français. Une intention louable, qui permettra à un club de ne plus être pris en otage par la valeur marchande d’un joueur. Sauf que, lorsque les nouveaux dirigeants bastiais ont pris le contrôle du club, en novembre dernier, ils avaient présenté leurs comptes avec cette fameuse ligne transfert en fin d’exercice. La DNCG n’y avait rien trouvé à redire. Pour faire passer la pilule, un membre de la Ligue passe la pommade aux insulaires : « C’est une nouvelle mesure, vous passez devant nous en premier, quelque part, vous essuyez les plâtres. Mais ne vous inquiétez pas, vous devriez vous en sortir. Vos 1,2 millions, c’est rien à côté de la situation d’autres clubs » . En attendant, il faut faire appel.

« Gueugnon c’est la France, Bastia non ! »

Le deal était donc simple, pour se présenter devant la commission d’appel de la DNCG, il fallait venir avec du lourd. On a retroussé ses manches du côté de Furiani et on a rassemblé un sacré pécule : 150 000 € de la ville, 800 000 € du conseil général et près de 700 000 € de la région. Les dirigeants montaient sur Paris l’esprit tranquille et les finances équilibrées. Pourtant, la réponse est cinglante : merci, au revoir et bon courage en CFA. La DNCG a estimé que les garanties financières apportées par l’équipe corse ne contenaient que des lettres d’intentions. En gros, des promesses et aucun billet. « Toute la classe politique corse est sous le choc. C’est comme si on se présentait avec des papiers signés par Nicolas Sarkozy et qu’on nous disait que ce monsieur n’était pas recevable. Nos papiers portaient le sceau de la République et représentaient des élus de la Nation. On nous manque de respect » s’emporte Lolli. Surtout que dans le même temps, Gueugnon – soumis au même problème financier que le SCB – n’a pas eu de problème avec ses garanties financières. Et ça, ça met Julien sur les nerfs : « Les 800.000 euros de l’Assemblée corse valent-ils moins que les 400.000 euros débloqués par les collectivités territoriales bourguignonnes qui ont servi à maintenir -et j’en suis heureux- nos amis du FC Gueugnon en National ? En gros, on a compris que Gueugnon était en France et Bastia non » .

Le club corse est au bord du gouffre. La rétrogradation en CFA fait figure de un désastre. Pourtant, le président Lolli ne veut pas laisser tomber. « Nous allons saisir le Conseil national olympique et sportif français (CNOSF) dès réception de l’avis de la DNCG. Pour l’instant, nous l’avons seulement pré-saisi. On ira jusqu’au bout de toutes les procédures, pour le club, ses salariés et ses supporters. Mais il faut que la FFF fasse une vraie autocritique et démissionner. Elle se couvre de ridicule un peu plus chaque jour. L’épisode du Mondial n’a pas suffit ? Vous vous rendez compte qu’on doit attendre la réception du courrier officiel de la Fédé avant de pouvoir aller devant le CNOSF et ce courrier est à la charge d’une personne. Or, actuellement, cette personne est absente… C’est un beau bordel » . Décidément, les dirigeants corses l’ont mauvaise. Leur théorie du complot anti-corse aurait de quoi faire sourire. D’autant plus que ces affaires se règlent généralement à la dernière minute (le cas de l’OGC Nice en 2002 par exemple). Sauf que la décision du CNOSF ne sera rendue qu’après le départ du championnat de National.

Si la logique est respectée et que Bastia réintègre la troisième division, que fait-on ? La rage des dirigeants, qui ont mis sur pied une équipe compétitive pour le renouveau, et qui, surtout, ont mis à sa tête un commandement niveau Ligue 1 (Frédéric Hantz et Réginald Ray, ancien adjoint à Boulogne-sur-mer), en serait presque légitime. En CFA, avec la possibilité de voir les espoirs partir vers le professionnalisme alors disparu (Agostini, Cahuzac, Khazri), la mission prendra bien une décennie. Dommage, parce que jusque-là, l’opération renouveau semblait avoir conquis toute la Corse. Mais, c’est bien connu, ce n’est pas la France…

Mathieu Faure, avec Romain Canuti

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