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  • Ukraine – Premier-Liga – Shakhtar Donetsk/Dynamo Kiev

La guerre Europe/AmSud se joue en Ukraine

Par Régis Delanoë
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La guerre Europe/AmSud se joue en Ukraine

La nouvelle saison du championnat ukrainien vient à peine de débuter et c’est déjà l’heure du choc tant attendu : Shakhtar Donetsk contre Dynamo Kiev. Les deux rivaux ne vont pas seulement se disputer la victoire ce soir, ils vont ferrailler toute la saison pour le titre et la suprématie nationale. Avec des équipes au contenu bien différent qui s’opposent : pépites sud-américaines côté orange et noir contre valeurs sûres venues d’Europe occidentale chez les Bleu et Blanc de Kiev.

L’Internet est formel, Donetsk n’est jumelé à aucune ville brésilienne. Avec Sheffield, Vilnius, Pittsburg, Moscou, Charleroi ou Katowice, oui, mais aucune cité sud-américaine n’a noué de partenariat avec la riante cité ukrainienne. Pourtant, tout laisse à croire que c’est le cas. Et franchement, à la mairie, il faudrait songer à entamer les négociations avec Rio ou São Paulo, parce que les mecs de là-bas ont quand même l’air de franchement se plaire à Donetsk. L’inverse, on ne sait pas, mais des Brésiliens qui s’éclatent à des milliers de kilomètres de chez eux, dans l’ancien satellite de l’URSS, ça, il y en a. Car loin de leur terre, il y a de la maille à se faire pour qui sait régaler la chique. Beaucoup de maille même. Et forcément, ça motive à traverser l’Atlantique pour aller s’installer tout à l’est de l’Europe. Doté d’une grosse puissance financière, d’un carnet d’adresses fourni et d’une excellente réputation dans le milieu du foot brésilien, le Shakhtar a donc encore profité de l’intersaison pour faire son marché outre-Atlantique. C’est comme ça à chaque été et ça ne risque pas de s’arrêter de sitôt, car globalement, cette entente brésilo-shakhtarienne est un succès. C’est du gagnant-gagnant en plus : le club profite du talent de ses recrues pour enrichir son palmarès en même temps que son portefeuille, grâce à de grosses plus-values sur les reventes, tandis que les joueurs peuvent se faire mieux repérer en Ukraine que chez eux par les gros clubs occidentaux, grâce à la participation désormais rituelle du Shakhtar à la Ligue des champions.

Locaux derrière, Brésiliens devant

Trois Brésiliens viennent ainsi de rejoindre la colonie de compatriotes déjà présente en nombre sur place : les milieux Fred, en provenance de l’Internacional, Fernando de Grêmio et Wellington de Fluminense. Que de la pépite de premier choix, internationale ou pas loin de l’être. Il faut en plus y ajouter l’arrivée du voisin argentin Facundo Ferreyra, attaquant qui débarque du Vélez Sársfield. Il se murmure même que Bernard, la nouvelle sensation auriverde convoitée par Arsenal et Porto, pourrait bien finalement trouver son point de chute à Donetsk. Plus de 35 millions d’euros ont déjà été dépensés pour faire venir les quatre joueurs précités. Les dirigeants ukrainiens peuvent largement se le permettre, puisqu’ils ont récolté en retour près de 60 millions d’euros sur la vente de deux joueurs : Fernandinho, transféré à Manchester City, et la révélation Henrikh Mkhitaryan, nouvelle recrue du Borussia Dortmund. Il s’agissait certes de deux cadres de l’équipe de Mircea Lucescu la saison dernière, mais honnêtement, il n’y a pas matière à s’inquiéter : le Shakhtar promet d’être encore très fort cette saison, reste favori pour conserver son titre en championnat et peut viser au minimum de sortir des poules de C1, comme ce fut le cas l’hiver dernier. Avec une recette inchangée : un 4-2-3-1 où les locaux assurent la tâche défensive et les Sud-Américains squattent quasi tous les postes du milieu et de l’attaque (les recrues seront notamment en concurrence avec Luiz, Taison, Douglas et Alex). Ce serait con de bouleverser un système qui avait permis au Shakhtar de finir meilleure attaque et meilleure défense du pays la saison dernière, avec une seule défaite concédée et une large avance au classement sur la concurrence.

Kharkov, le troisième larron

La concurrence justement, parlons-en. S’il faudra que le champion se méfie de son dauphin de la saison dernière Metalist Kharkov, qui monte en puissance au fil des ans avec une stratégie relativement similaire – plein de Sud-Américains pour booster l’attaque – c’est le Dynamo Kiev qui reste le rival légitime. Normal, c’est le club de la capitale, avec une histoire qui se respecte, un palmarès qui en impose et le mythique Oleg Blokhine aux manettes. Le Dynamo doit pourtant évoluer dans l’ombre du Shakhtar depuis quelques années, son dernier titre national remontant à 2009. Forcément, pour une institution pareille, c’est vexant de ne pas se retrouver tout en haut de l’affiche et de voir son rival de province prendre autant d’aise. Alors après la décevante troisième place de la saison dernière, l’objectif cet été a été de se donner les moyens de réussir à repasser devant. Un bon 60 millions d’euros a été claqué sur le marché des transferts, pour l’acquisition de cinq joueurs : Jeremain Lens (PSV), Dieumerci Mbokani (Anderlecht), Younès Belhanda (Montpellier), Benoît Trémoulinas (Bordeaux) et Aleksandar Dragović (Bâle). Vous l’aurez remarqué, tous viennent d’Europe. Et à l’inverse, les dirigeants du Dynamo ont décidé de dégager le Brésilien Raffael à Mönchengladbach. On a donc affaire à une stratégie diamétralement opposée à celle de la concurrence. L’avantage : des joueurs a priori plus facilement acclimatables. Et puis honnêtement, ça a de la gueule aussi comme équipe, avec notamment un quatuor offensif composé de Lens à gauche, Yarmolenko à droite et Belhanda au centre derrière la pointe Mbokani. Le match d’aujourd’hui devrait permettre d’en savoir plus sur la qualité respective des deux rivaux. Pour l’instant, au classement du championnat ukrainien, c’est un sans-faute pour le Shakhtar avec 3 victoires en 3 journées disputées – idem pour Kharkov – tandis que le Dynamo a déjà cédé 2 points, à cause d’un nul concédé d’entrée face au FC Volyn Lutsk. La saison vient à peine de commencer, mais la pression sera déjà là ce soir à la Donbass Arena de Donetsk. Ready, steady, fight !

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Par Régis Delanoë

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