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Hatem quand même ?

Par Simon Capelli-Welter
4' 4 minutes
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Hatem quand même ?

Malgré une saison quasi blanche et un statut plus proche, déjà, de celui de has been que de nouvelle star, HBA fait autant parler de lui que ses plus illustres coéquipiers.

Yeux fermés, torse nu et littéralement à fleur de peau, Hatem fait la couverture des Inrocks, intitulée « Ben Arfa, le dernier footballeur » . En attendant de déterminer ce que peut bien signifier être le dernier footballeur, il faut d’abord constater que Ben Arfa, qui faisait déjà, il y a quelques semaines, la couverture de L’Équipe pour un entretien vérité, continue donc d’être un phénomène médiatique.

Le dernier footballeur

Après en avoir fait le futur nouvel avenir du foot français (la Clairefontaine et tout le tintouin, on connaît la chanson), après l’avoir condamné plus que de raison et vite catégorisé comme une petite-frappe-irresponsable-et-indigne-de-gagner-tant-d’argent (le refus d’entrer en jeu contre le PSG en 2008, et les commentaires qui allaient avec : « Si même Gerets ne peut en tirer quelque chose, personne ne pourra. » ), après l’avoir oublié suite à sa longue blessure (de Jong et d’os), la France, en mal d’idoles (et pour cause…) redécouvre l’un de ses plus beaux joyaux, selon le fameux cycle : porté aux nues – mis plus bas que terre – renaissance du phénix, et que soit bouclée la grande boucle.

Après deux buts contre les défenses poreuses de Bolton ou West Bromwich, Hatem était vu par certains comme l’équivalent de Messi qui aurait avalé Maradona (même si l’inverse est plus probable) et devait absolument, puisqu’il allait la sauver d’un but dont lui seul a le secret, être sélectionné en équipe de France. Après deux saisons complètes à Marseille, Hatem s’était vu écarté du même groupe pour la Coupe du monde 2010, choix d’autant plus cruel pour celui qui avait déjà été « gourcuffé » avant l’Euro 2008, et beaucoup n’y trouvaient, alors, absolument rien à redire.

Un poids, deux mesures

Mais cela, Hatem, depuis longtemps, y est habitué. Être le joueur le plus discuté, le plus clivant, le plus particulier, le plus intriguant, le plus irritant, le plus joueur finalement, il connaît. Il connaît même très bien, puisque c’est de lui dont on parle. Fataliste, mais malin, il racontait, à l’époque de l’entretien accordé à So Foot, cette histoire, regard fuyant vers la Méditerranée : « Un père et son fils marchent ensemble dans le désert. Le père est à dos de chameau pendant qu’à ses côtés marche, difficilement, son fils. Les voyant ainsi arriver dans leur village, les habitants de s’empresser de dire : « Quand même, quel père indigne, laisser son fils galérer ainsi. » Mais, demanda alors Hatem, si c’était le fils sur le chameau, et son père qui était à côté en train de marcher, qu’auraient-ils dit, les gens ? » Que le fils était indigne, forcément.

Hatem Ben Arfa est un peu comme le fils indigne du foot français. Celui à qui le foot français a tout donné, mais à qui Hatem n’aurait encore rien rendu. Et auquel, à moins de mettre un doublé de la tête en finale de l’Euro, il ne rendra de toute façon jamais assez. Aux yeux des critiques, journalistes, spectateurs et 60 millions de sélectionneurs, mais sans doute aux siens aussi. Tant qu’il sera joueur, et il l’a maintenant bien compris, Hatem Ben Arfa ne sera jamais tranquille. Il y aura toujours des gens pour le juger, des démons pour le tenter, des photographes pour l’asperger. Ensuite ? Ensuite, ce sera une autre histoire. Pour l’instant continue celle du Ben Arfa footballeur, déjà bien remplie, et aujourd’hui devant, peut-être, un tournant. L’Euro approche ; il reste deux matchs de préparation aux Bleus de Laurent Blanc, et une possible place de titulaire à arracher pour lui, « le dernier footballeur » . Le dernier footballeur ? Comment définir autrement ce mix entre talent pur, goût du risque, caractère bien trempé et histoire cabossée ; ce mix que connaissent trop bien ceux qui se demandent toujours, sans jamais trouver de réponse, « Est-ce la vie ou moi ? » Alors, est-ce la vie ou Hatem Ben Arfa ?

Un Panichelli vous manque, et tout est dépeuplé

Par Simon Capelli-Welter

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