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Inter et Juve éjectés, Atalanta miraculée : les visages multiples d'un calcio en plein doute

Par Andrea Chazy
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Inter et Juve éjectés, Atalanta miraculée : les visages multiples d'un calcio en plein doute

L’Inter éliminée par Bodø/Glimt, la Juventus par Galatasaray, l’Atalanta miraculée face à Dortmund : le football italien ne comptera qu’un seul représentant en huitièmes de finale de Ligue des champions cette saison. Une année européenne à oublier pour un calcio dont les maux de tête persistent.

C’est le regard paumé dans la nuit noire turinoise que Manuel Locatelli observe les tifosi les applaudir, lui et ses partenaires, avant de quitter à son tour, la mine déconfite, ce Juventus Stadium qu’il connaît par cœur. L’exploit n’a pas eu lieu, la Juventus n’a pas renversé Galatasaray après l’humiliant 2-5 de l’aller en Turquie. Mais à dix contre onze pendant plus d’une heure, après avoir mené 3-0, il faut croire que la troupe de Luciano Spalletti méritait quand même une belle sortie. À leur décharge, le temps d’une soirée au cœur d’un mois de février calamiteux, les fans des Bianconeri ont trouvé ce qu’ils étaient venus chercher en se rendant au stade ce mercredi soir : un shot d’émotions auprès d’une équipe définitivement pas à la hauteur de l’histoire de son club.

Little Italie

Pour la deuxième année consécutive, la Juventus est éliminée au stade des seizièmes de finale de la Ligue des champions par un club hors du Big Five. Cette fois, c’est Galatasaray qui arraché le sac d’une Vieille Dame amnésique puis insuffisamment forte pour reprendre ses esprits à temps. Une sortie de route qui fait écho à celle de l’Inter, la veille. Le leader incontesté de cette pâle Serie A et finaliste de la dernière édition s’est fait tarter à l’aller comme au retour par les inexpérimentés norvégiens de Bodø/Glimt et leurs gilets fluo de contrôleurs aériens. Une double humiliation qui comporte de nombreuses similarités dans le jeu avec celles subies par la Nazionale face à la Norvège en novembre et juin dernier, et surtout un constat : le football en mouvement, riche d’idées et de courage, n’était encore une fois pas pratiqué par l’équipe d’Alessandro Bastoni.

Nul doute qu’en Italie, les langues vont tourner et que les têtes vont être grattées après de ces fiascos continentaux. Cela a d’ailleurs déjà commencé, Nicolò Barella expliquant au coup de sifflet final que l’élimination des Nerazzurri est due«  à un penalty inventé » accordé à Liverpool en phase de groupes.  D’autres accusaient le synthétique et le froid norvégien de la manche aller, quand ils n’indiquaient pas que l’Inter avait de toute façon priorisé le Scudetto cette année. Côté Juve, nul doute qu’on entendra parler de l’exclusion sévère de Lloyd Kelly ou du raté d’Edon Zhegrova qui aurait pu tout changer (cette fois à raison) tout en maudissant l’effondrement mental du match aller. Et puis le temps fera effet, la course à l’Europe reprendra la Une des quotidiens italiens avant d’autres barrages, ceux d’une équipe d’Italie qui espère que les planètes vont s’aligner pour ne pas manquer un troisième Mondial de suite.

L’Atalanta comme antidote

Dans cette longue nuit pour le calcio où les bonnes nouvelles apparaissent comme des d’étoiles filantes, l’Atalanta fait office de lueur d’espoir. Ce n’est finalement pas un hasard que ce soit la Dea qui ait été la seule en mesure de renverser la table après un premier scénario défavorable dans l’enfer du Signal Iduna Park de Dortmund. Tout simplement car l’équipe bâtie par Gian Piero Gasperini et aujourd’hui coachée par Raffaele Palladino propose depuis dix ans un jeu moderne, porté par des coachs offensifs et par des joueurs créatifs.

Dans un foot italien où la santé des clubs est fragile, celle de la Dea est saine et solide. Dans un foot italien qui ne forme plus ou trop peu ses jeunes, le vainqueur de la Ligue Europa 2024 est l’un des rares clubs de premier plan à faire sortir des talents qui s’exportent ailleurs ou renforcent l’équipe première de façon pérenne. La formation lombarde ne fait évidemment pas tout parfaitement, mais au moins elle avance avec une idée en tête en laquelle elle croit dur comme fer. Elle a une vision, en somme, ce qui manque à beaucoup de niveaux de la fusée italienne encore aujourd’hui.

Il ne faut évidemment pas tout jeter non plus, ne pas oublier les deux finales de Ligue des champions de l’Inter version Simone Inzaghi en 2023 et 2025, la victoire de l’Atalanta en C3, celle de la Roma en C4 ou la demi-finale du Milan il y a trois ans. Autant de résultats qui ont jusqu’ici permis à l’Italie de continuer à exister dans le football de clubs d’une manière plus qu’honorable ces dernières années et de régulièrement challenger les autres championnats majeurs. Mais ne compter qu’un seul représentant dans le top 16 européen pour la deuxième saison de suite, qui en plus ne fait pas office de potentiel favori à la victoire finale pour cette édition 2026, est un avertissement de plus. Et bien réel pour ce calcio qui n’a plus le droit de se reposer éternellement sur son passé. Aussi glorieux fut-il.

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Par Andrea Chazy

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