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Et si Zaïre-Emery était le latéral droit des Bleus à la Coupe du monde ?

Une nouvelle fois impressionnant dans le couloir droit face au Bayern Munich, Warren Zaïre-Emery s’impose comme une valeur de plus en plus sûre au poste de latéral droit. Au point de faire cogiter Didier Deschamps ?
« Avec le style de jeu du Paris Saint-Germain, il n’occupe pas réellement un rôle de latéral offensif. Je le considère avant tout comme un milieu de terrain, mais il peut être une option à ce poste. » Le débat du positionnement de Warren Zaïre-Emery en équipe de France était déjà sur la table lors du rassemblement de mars, sans faire vraiment broncher Didier Deschamps malgré l’absence de Jules Koundé. Titulaire lors du deuxième match contre la Colombie, c’est dans l’entrejeu que le Parisien a marqué ses points. Mais avec le nouveau forfait d’Achraf Hakimi mercredi soir à Munich et un intérim encore convaincant de la part du gamin de Montreuil, cela pourrait-il changer ?
Tout ce qu’il faut en magasin
À chaque sortie en tant que dépanneur, Warren Zaïre-Emery démontre qu’il a toutes les qualités requises, malgré un apprentissage du poste sur le tas. « Il est rapide, intelligent, il se place bien, énumère François Clerc. Techniquement il est propre, capable de répéter les efforts, plutôt solide dans le duel… Ça ne me surprend pas du tout qu’il s’adapte grâce à son intelligence. C’est une vraie option pour lui. » Et pour les équipes qui ont la chance de l’avoir dans leurs rangs, comme l’a bien compris Luis Enrique. Après avoir fait appel à lui dans un rôle inattendu la saison passée, le technicien espagnol s’est même refusé à sortir le portefeuille pour trouver une doublure à Hakimi l’été dernier.
Quand tu es milieu, tu ne contestes pas. Les milieux sont des joueurs à l’état d’esprit remarquable.
Quitte à devoir bricoler, même en demi-finales de Ligue des champions. « On a vu face au Bayern, qui représente le très haut niveau, qu’il a été un petit peu en difficulté notamment dans les un-contre-un en première mi-temps. Il s’est fait un peu bouger quelques fois et a perdu quelques ballons dans les relances. Sur ce plan, l’erreur est moins visible quand on est au milieu de terrain, tempère Clerc, qui a tout de même apprécié sa capacité à rester dans le match malgré les secousses. Il a fini le match très fort, gagné pratiquement tous ses duels après la pause et hyper bien défendu. Il a très bien lu les centres au deuxième poteau, qui sont des ballons pas évidents à lire, même pour un latéral de métier. C’est une de ses forces : il apprend très vite et ne répète jamais les mêmes erreurs. »

Une capacité d’apprentissage express qui épate également Luis Fernandez, émerveillé depuis son éclosion dans la pépinière parisienne. « Quand tu es milieu, si on te demande de jouer à gauche ou à droite, arrière latéral, tu y vas, tu ne contestes pas et tu fais ce qu’on te demande, clame celui qui a également dû tenir le poste en sélection contre la Belgique lors de l’Euro 1984, puis le Brésil au Mondial 1986. Quand tu dois être présent à la récupération, au pressing, il faut être le plus efficace possible. Les milieux de terrain sont des joueurs avec un état d’esprit remarquable. » Au pied de la tour Eiffel, plus personne ne tremble à l’idée de voir « WZE » défendre le couloir face aux meilleurs ailiers du monde. Et du côté de Clairefontaine ?
Des Bleus prêts à rouler à l’hybride ?
En dix sélections, Zaïre-Emery n’a jamais été aligné comme latéral par Didier Deschamps. S’il est bien conscient de son potentiel à ce poste, le sélectionneur préfère (pour l’heure ?) le voir évoluer dans une position plus naturelle pour lui. « Deschamps a toujours joué avec quatre défenseurs, rappelle Fernandez, qui l’imagine difficilement changer son fusil d’épaule, sans condamner l’idée pour autant. Warren s’adapte facilement, on le sent capable de se positionner. Je n’ai pas d’inquiétude, je serais même content de le voir jouer à ce poste en équipe de France. » Reste que son placement hybride avec ballon et cette consigne de venir apporter une supériorité numérique à l’intérieur ne correspond pas forcément aux habitudes des Bleus. « Ce n’est pas un latéral, dans l’animation de jeu de Luis Enrique, le joueur qui joue là rentre beaucoup à l’intérieur, y compris quand c’est Hakimi, poursuit Fernandez. Il y a une liberté d’aller de l’avant. »
Si ça doit devenir son vrai poste dans le futur, à force d’y jouer il va vite gommer les petits détails, notamment de placement.
Pour cette raison autant que parce que d’autres ont déjà un certain vécu avec le maillot frappé du coq, Clerc imagine plutôt le titi s’envoler pour l’Amérique dans la peau d’un remplaçant prêt à jouer les roues de secours. « Je le vois plus comme une solution de repli en cas de blessure ou de méforme. Pour moi, Jules Koundé a une longueur d’avance dans l’esprit de Didier Deschamps, assure l’ancien Lyonnais, qui voit déjà plus loin. Si ça doit devenir son vrai poste dans le futur, à force d’y jouer il va vite gommer les petits détails, notamment dans le placement. Si c’est davantage un poste de dépannage, il lui faudra plus de temps pour s’adapter, parce que ce ne sont pas les mêmes efforts. Dans les deux cas, il reste une option pour l’équipe de France, surtout que les postes de latéraux sont exigeants. Il n’est pas si simple de trouver de très bons joueurs de niveau international qui possèdent toutes les qualités nécessaires. » Toujours bon de savoir que le réservoir n’est pas plein que dans les lignes offensives.
Lucas Chevalier, après une année de galère et de combatsPar Tom Binet
















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