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Noé Lebreton : « Nimègue me fait beaucoup penser à Caen »

Propos recueillis par Mathieu Plasse
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Réactions
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En s’offrant un doublé ce week-end lors de la dernière journée d’Eredivisie, Noé Lebreton a permis au NEC Nimègue de finir la saison sur le podium du championnat néerlandais. Tout a basculé du bon côté pour le Français de 22 ans, convoqué chez les Espoirs en mars et revenu de loin après avoir traversé des mois de galères avec Caen.

Avant de partir pour Nimègue, comment as-tu vécu cette saison cauchemardesque qui a vu Caen tomber en National ?

Ça a été une saison compliquée, de par les résultats mais aussi parce que voir descendre le club qui t’a vu grandir, c’est toujours quelque chose qui fait mal. Sur le plan sportif, on a donné tout ce qu’on pouvait, on a essayé de rester solidaires jusqu’à la fin. Je garantis que du début à la fin, on a cherché à rester focus pour rester en Ligue 2. Évidemment, j’ai eu des regrets, j’ai été très attristé, mais il n’y a jamais eu de problèmes dans le vestiaire. Au fond, je pense que ça s’est joué sur des petits détails plutôt que tout ce qui a été raconté.

L’exercice atteint un sommet de critiques et même de railleries lorsque Nicolas Seube quitte d’Ornano pour laisser place à un Bruno Baltazar qui n’a pas eu un bilan reluisant…

Tout ce qui a pu être dit dans les tribunes ou même sur les réseaux sociaux, ça fait partie du jeu, je n’ai jamais eu de problèmes avec ça. Pour revenir sur cet entraîneur, en vérité j’avais beaucoup aimé sa philosophie de jeu. C’était quelqu’un qui avait des idées très claires, qui a essayé de gérer la situation mais qui n’a pas pu le régler comme il le souhaitait. Dans tous les cas, je pense que le cœur et l’envie étaient présents, un peu à l’image de l’équipe.

Tu es né à Avranches, tu es arrivé au Stade Malherbe à 13 ans avant d’y faire tes débuts professionnels, on imagine que tu suis encore de très près le club ?

Bien sûr ! Encore aujourd’hui, j’ai des amis avec qui j’ai grandi et j’ai appris énormément (comme Mohamed Hafid ou Diabé Bolumbu, issus de la génération 2004 du club, NDLR) qui sont toujours là-bas, donc je regarde les matchs dès que j’en ai l’occasion. Je suis d’ailleurs content de voir que les résultats reviennent doucement, ça a mis un peu de temps, mais ils n’ont pas perdu un match depuis deux mois (l’entretien a été réalisé avant la défaite à Aubagne lors de la dernière journée, NDLR). De tout mon cœur, j’espère que le club remonte la saison prochaine.

Sur toute cette année à Caen, j’ai eu des regrets, j’ai été très attristé, mais jamais il n’y a eu le moindre problème dans le vestiaire. Au fond, je pense que notre relégation s’est jouée sur des petits détails plutôt que tout ce qui a été raconté.

Tu connaissais quelque chose de l’Eredivisie avant d’arriver aux Pays-Bas ?

Je commençais déjà à m’intéresser au championnat avant ça, puisque je regardais des matchs de Brayann Pereira au NEC (arrivé en prêt d’Auxerre en 2023 avant de rejoindre définitivement le club la saison suivante, NDLR). On n’avait jamais joué ensemble avant, mais on se connaissait parce qu’on a déjà fait des prépas physiques ensemble. Quand on discutait, il me disait qu’il se plaisait bien à Nimègue et il a continué en m’aidant à m’adapter à mon arrivée.

L’adaptation aurait été plus difficile sans lui, à ton avis ?

Difficile à dire, mais je sais qu’en plus de ne pas parler néerlandais, je parlais très mal anglais avant d’arriver ici ! (Rires.) Forcément, ça aide un peu qu’il soit là. Au-delà de la langue, il y a pas mal de choses qui sont différentes entre la France et les Pays-Bas. Un truc qui me vient en tête, par exemple, c’est qu’ici tu déjeunes très tôt et tu dînes très tôt, vers six heures du soir. Ce n’est pas grand-chose dit comme ça, mais c’est toujours plein de petits éléments qu’on doit prendre en compte.

Autre exemple où il aurait pu y avoir un décalage, le jeu proposé par ton entraîneur Dick Schreuder, comparé au « football total » des années 1970, qui a fait de vous la deuxième meilleure attaque du championnat.

Clairement, c’est un style éloigné de ce que j’ai pu apprendre en France. Hyper offensif, beaucoup de mouvements avec ou sans le ballon, toujours à agresser le porteur de balle pour qu’on aille le récupérer. Non seulement on prend beaucoup de plaisir, mais en plus on travaille avec un coach qui ira au bout de ses idées. Sur la saison, j’ai joué pas mal de fois comme milieu gauche, alors que je n’avais jamais joué sur un côté de toute ma vie. Finalement, ça permet d’exprimer mes qualités et en plus de pouvoir jouer constamment vers l’avant comme tous mes coéquipiers, beaucoup d’entre eux étant de vrais joueurs de ballon.

 

 

Puisque tu en parles, il y a un joueur qui t’a particulièrement impressionné depuis ton arrivée ?

Un gars qui s’appelle Tjaronn Chery, sans hésiter. Un meneur de jeu qui vient du Suriname, qui a 37 ans et est capable de tout avec un ballon. On joue un peu au même poste, donc c’est aussi pour ça que parfois, j’ai fini par être aligné à d’autres postes. Je ne me rappelle plus contre qui on jouait, mais il y a un match où il inscrit un doublé (contre Heerenveen, NDLR) : un but où il fait une combinaison avec un joueur puis une reprise en une touche à 25 mètres, barre rentrante. À ce moment-là, je me suis dit qu’il était vraiment trop fort !

Forcément, il y a eu beaucoup d’espoirs formés dans une ville qui n’a jamais gagné de titre majeur en 126 ans d’existence…

Le NEC est un club qui a beaucoup d’impact sur la ville. Chaque gros match ou chaque week-end où l’on déroulait, tous les supporters vibraient comme pas possible. Que ce soit dans la course pour la Ligue des champions ou parce qu’on est allés jusqu’en finale de coupe (perdue 4-1 contre l’AZ, NDLR). Pour moi, c’est un club familial mais avec de bonnes ambitions. Tu sens que la rigueur et le travail sont hyper importants à leurs yeux, ça me fait beaucoup penser à Caen. Même au sujet de la ville tu sais, c’est un endroit plutôt joli et les gens sont toujours sympas avec toi. Mais les coins touristiques et les coins où il y a du monde, j’avoue que je les visite seulement quand ma famille vient me voir, je suis quelqu’un de très casanier.

Six minutes de jeu... et tout le monde rentre à la maison

Propos recueillis par Mathieu Plasse

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