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Danish dynamite : le pétard mouillé

Par Raphaël Brosse
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Danish dynamite : le pétard mouillé

Un petit point au compteur, un seul but marqué et, à l’arrivée, une piteuse dernière place au sein d’un groupe pourtant loin d’être infernal : malgré son statut de sérieux outsider, le Danemark s’est totalement planté au Qatar. Autopsie de ce qui ressemble, pour le moment, à la plus grosse déception du Mondial.

Avant le début d’une Coupe du monde, lister les sélections favorites pour la conquête du titre suprême est souvent chose aisée. Identifier les outsiders, autrement dit ceux qui créeront la surprise en venant mordre les mollets des cadors, est un exercice plus compliqué et, par conséquent, davantage sujet à débats. Ces dernières semaines, un nom revenait cependant avec insistance au moment d’essayer de deviner le nom de l’équipe qui allait déjouer les pronostics au Qatar : le Danemark. Il faut dire que la dixième nation au classement FIFA avait de sérieux atouts à faire valoir. Un an et demi plus tôt, son parcours jusqu’en demi-finales de l’Euro en avait logiquement emballé plus d’un, a fortiori après la vague d’émotion suscitée par l’accident cardiaque de Christian Eriksen. Les Scandinaves avaient confirmé leur belle dynamique en 2022, notamment en concassant la France à deux reprises en Ligue des nations (1-2 à Saint-Denis, 2-0 à Copenhague). Ce n’était pas un groupe composé de ces mêmes Bleus, de la Tunisie et de l’Australie qui avait de quoi effrayer la bande de Pierre-Emile Højbjerg. Et pourtant, la hype s’est transformée en flop. En un rien de temps.

Bilan comptable désastreux, prestations indigentes

En l’espace de huit jours, plus précisément. De leur entrée en lice peu convaincante face aux Tunisiens (0-0) jusqu’à leur sortie de route contre les Australiens (1-0), en passant par un inéluctable revers face aux Bleus (2-1), les Danois sont allés de désillusion en désillusion, jusqu’à terminer bons derniers de leur poule avec un seul point au compteur. La grave blessure de leur métronome Thomas Delaney, touché au genou gauche lors du premier match et forfait pour le reste du tournoi, a forcément eu un impact sur l’équilibre collectif des Rouge et Blanc, au même titre que les pépins physiques de Simon Kjær. Il en faudrait plus, néanmoins, pour expliquer l’extrême indigence des copies rendues par les coéquipiers de Kasper Schmeichel. Habituellement si emballants et entreprenants balle au pied, ces derniers sont apparus empruntés, sans idée ni la moindre once de créativité dans leur jeu. Eriksen a traversé le Mondial comme une ombre, tandis qu’Andreas Cornelius n’a rien trouvé de mieux à faire que martyriser la cheville d’Olivier Giroud. Quant à Mikkel Damsgaard, il n’avait plus grand-chose de l’imprévisible feu follet qui avait tant brillé à l’Euro. Au bilan comptable désastreux s’ajoute donc un jeu terriblement quelconque, sans personnalité. Forcément, la déception n’en est que plus grande.

Un contexte trop pesant ?

En revanche, pas sûr que ce fiasco sportif ait suscité un puissant traumatisme au Danemark. Protection de l’environnement, défense des droits humains, lutte contre l’homophobie… Les raisons de boycotter l’événement ne manquaient pas, et la société danoise y est apparue bien plus réceptive que d’autres. D’ailleurs, la fédération nationale (DBU) et son président, Jesper Møller, étaient en première ligne contre la FIFA pour défendre le port du brassard arc-en-ciel. Kasper Hjulmand et ses joueurs, pour leur part, ont été maintes fois invités à s’exprimer sur ces sujets épineux en conférence de presse. Ce contexte pesant, empreint de polémiques et de défiance, s’est-il immiscé dans les têtes des Vikings ? C’est possible, et même tout à fait compréhensible. Pour éviter d’être associé à ce Mondial, l’équipementier Hummel avait décidé de faire presque disparaître son logo sur les maillots du Danemark confectionnés dans l’optique du tournoi. En réalité, c’est donc même toute l’équipe qui a disparu.

Ces profils de joueurs qu’il faut éviter d’envoyer aux tirs au but

Par Raphaël Brosse

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