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Les cinq faiblesses de l'Espagne à exploiter pour les Bleus

Par Mathis Blineau-Choëmet
4' 4 minutes
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Les cinq faiblesses de l'Espagne à exploiter pour les Bleus

Défaite par l'Espagne en demi-finales de l'Euro 2024 et de Ligue des nations 2025, la France retrouve à nouveau la Roja à ce stade de la compétition, cette fois en Coupe du monde. Un Mondial où l'équipe de Luis de la Fuente n'a pas été aussi dominante que par le passé. Présentation des points faibles de l'adversaire des Bleus.

→ Des ailiers moins dévastateurs

À l’Euro 2024, Lamine Yamal et Nico Williams avaient porté le jeu offensif de l’Espagne jusqu’à la victoire finale. En demi-finales face à la France, les deux mobylettes avaient roulé sur Jules Koundé et Théo Hernandez, sur le trottoir ce soir-là. Deux ans après, les deux ailiers espagnols ne sont pas aussi fringants. Touché à l’adducteur droit, Nico Williams n’a disputé que 57 petites minutes depuis son arrivée en Amérique. Luis de la Fuente compte donc sur Álex Baena pour animer le côté gauche de l’attaque espagnol. Le joueur de l’Atlético de Madrid n’est pas aussi virevoltant que son compatriote, en témoigne sa sortie à la 55e contre la Belgique. De l’autre côté, Lamine Yamal revient aussi de blessure. Titularisé depuis cinq matchs, la pépite de la Roja n’a marqué que face à l’Arabie saoudite. Outre les statistiques, le Barcelonais ne parvient pas à martyriser les latéraux adverses comme à son habitude… mais attention, le cauchemar de Kylian Mbappé semble monter en puissance sur les dernières rencontres. À Lucas Digne d’empêcher un coup de folie.

→ Une maîtrise qui peut endormir

Les contre-performances de ses ailiers poussent l’Espagne à pratiquer un jeu moins vertical que lors des dernières compétitions. Le cuir passe trop souvent par les jambes de Dani Olmo, Fabian Ruiz, Rodri ou encore Pedri. Dans l’axe, où sont joués la majorité des ballons côté Espagnol, Rodri rappelle pourquoi il n’a pas volé son Ballon d’or, quand Ruiz et surtout Pedri sont moins éblouissants. Le rapport de force pourrait se jouer là pour les Français, dont le duo Adrien Rabiot-Manu Koné (ou Aurélien Tchouaméni) devra montrer qu’il peut répondre à la maîtrise technique de la Roja. La bande de Didier Deschamps pourra aussi espérer que le jeu de possession espagnol, parfois comparé à du handball, anesthésie les hommes de Luis de la Fuente plutôt que les Bleus, un peu comme lors du 0-0 contre le Cap-Vert en ouverture. Aux experts français d’en profiter.

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→ Mikel Merino, un rôle à nuancer

Mikel Merino est le héros de l’Espagne de cette phase à élimination directe. Buteur contre le Portugal à la 91e minute, le passe-partout de la Roja a remis ça vendredi face à la Belgique. Entré en jeu à la 86e, Mikel Chrome a offert la victoire aux siens avant le temps additionnel. L’efficacité du super sub de Luis de la Fuente met en lumière d’autres réalités. La première : son rôle de sauveur illustre le manque d’efficacité du onze espagnol. La deuxième : il est le seul homme du banc à apporter lors de ses entrées avec Ferran Torres. Pourvu que ça dure.

→ Une différence de niveau sur les bancs

Hormis Mikel Merino et Ferran Torres, aucun remplaçant n’a été décisif dans ce Mondial. Pire encore : les entrées des cireurs de banc n’ont pas été convaincantes. Quand on compare les bancs de touche de la France et de l’Espagne, l’écart de talent saute d’ailleurs aux yeux : Borja Iglesias est un Jean-Philippe Mateta en moins fort, le cuistot Rayan Cherki a plus d’influence que Gavi, Malo Gusto peut donner du répondant à Alejandro Grimaldo, Warren Zaïre-Emery met une vitesse au blondinet Marcos Llorente et Bradley Barcola donne l’heure à Yeremy Pino matin, midi et soir. Ce mardi, le match entre ses deux favoris sera disputé et la différence pourrait venir du banc. En 2025, la France, menée 4-0 à la 55e minute, était revenu à 5-4 grâce à ses entrants.

→ Un quatuor pour faire mal dans les transitions

Ce jour-là, la pelouse de la MHPArena de Stuttgart avait été un terrain d’expérimentation pour Didier Deschamps. C’est lors de cette demi-finale de Ligue des nations que le sélectionneur des Bleus avait aligné pour la première fois son quatuor magique, le même que celui présent au coup d’envoi contre le Maroc en quarts de finale. Tout n’avait pas été parfait, loin de là, puisque les Bleus, en manque de repères, avaient manqué d’efficacité pendant une heure, attendant l’entrée de Rayan Cherki pour se réveiller. Tactiquement, l’Espagne aime avoir la maîtrise du ballon. C’est son ADN, sa philosophie. Quand elle le perd, la Roja ne parvient pas toujours à répondre à une équipe aussi habile qu’elle techniquement, qui plus est, meilleure athlétiquement (le cas de la France). Si Charles De Ketelaere a été le premier à faire craquer une défense invincible depuis le début du tournoi, la Roja peut souffrir dans les transitions comme sur les situations d’attaques placées, des limites qu’elle compense en multipliant les fautes pour couper la verticalité adverse. Le défi des Bleus sera de réussir à faire mal vite et fort au champion d’Europe quand il n’aura pas le ballon et de résister à son contre-pressing redoutable.

Le bilan catastrophique de Kylian Mbappé contre Lamine Yamal

Par Mathis Blineau-Choëmet

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