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Sadio Mané, tout un roman

Alors que la couronne du meilleur joueur africain de la dernière décennie est déjà sur sa tête, Sadio Mané se lance dans une nouvelle épopée en Coupe du monde avec le Sénégal. Un tournoi qui ne lui a jusqu'ici pas particulièrement réussi mais qui ne peut que renforcer une légende déjà très solide.
C’est l’histoire d’un lien à la fois unique et impossible qui se crée entre une fillette, Patricia, et le plus grand des félins, King. Le Lion de Joseph Kessel est ce roman qui, pour de jeunes lecteurs, peut servir de voyage initiatique vers la littérature, aussi parce qu’il raconte ce passage douloureux de l’enfance à l’âge adulte. Une soixantaine d’années plus tard, alors que le continent que dépeint par cette figure de la résistance s’est libéré du joug des puissances coloniales, c’est un tout autre récit qui s’écrit. Cette fois entre un homme et une nation, mais toujours avec cette passion dévorante au cœur de l’intrigue. En effet, Les Lions de Sadio Mané est aussi devenu un classique. Un bel ouvrage qu’on n’a pas envie de ranger tout de suite dans sa bibliothèque et qu’on prend toujours plaisir à consulter. Cela tombe bien, le capitaine repart en mission, ce mardi dans le New Jersey, avec un rendez-vous contre l’équipe de France, pays où il a pu pousser la porte du haut niveau.
Le philanthrope
À 34 ans, l’ancien ailier du FC Metz et de Liverpool n’a plus grand chose à prouver. Sa valeur sportive, tout le monde la connaît et peut la mesurer à sa collection de trophées : champion d’Angleterre, champion d’Allemagne, champion d’Arabie Saoudite, champion d’Europe, champion d’Afrique. Ce n’est pourtant pas sur ce critière que l’enfant de Bambali veut rester dans l’histoire. Depuis qu’il a quitté les navetanes, depuis qu’il a fini sa préparation physique sur la plage de Diamalaye, depuis qu’il arrive à vivre de son talent, Sadio Mané a pour seule obsession qu’on se souvienne de lui pour une œuvre plus collective.
Son histoire ressemble à celle de centaines de footballeurs africains, elle est celle dont rêvent des milliers d’autres recalés, mais lui aimerait que sa réussite profite au plus grand nombre. « C’est quelqu’un qui sait d’où il vient, nous racontait Jules Boucher, un de ses premiers entraîneurs. Quand il était à l’académie, il avait insisté pour que je prenne un de ses amis, Luc Djiboune. Il me disait « Vous allez voir coach, il est plus fort que moi ». Il s’est avéré que ce n’était pas du tout le cas, mais j’ai gardé Luc une année pour qu’il reste auprès de Sadio, qu’ils partagent leur chambre à l’internat. Ça montre bien ce qu’est Sadio : il veut rendre ce qu’on lui a donné. » Tout ça ne se résume pas seulement à du mécénat pour les caméras. L’hôpital, l’école et la mosquée ont certes changé le quotidien de ses concitoyens, mais cet homme très pieux a encore d’autres projets. Notamment à bâtir balle au pied.
La page d’or du foot sénégalais
En janvier dernier, s’il n’a pas été le meilleur joueur de son équipe, il en était bien le plus grand. Par son attitude en finale, digne et fière à la fois, c’est lui qui a remis tout un groupe sur les rails. Avant que les instances ne s’aventurent à éplucher les règlements, avant que les tribunaux déterminent qui du Maroc ou du Sénégal aura le droit de revendiquer définitivement cette CAN 2025, lui a pris les choses en main. Une manière de réaffirmer son rôle de grand frère et d’ambassadeur à l’aube d’une Coupe du monde où il aura forcément à cœur d’apposer sa patte. Il s’agira d’une de ses dernières sorties avec le maillot vert, aux côtés de ses lieutenants Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly et Idrissa Gueye. Il faudra ensuite passer le flambeau aux Ismaïla Sarr, Lamine Camara ou Moussa Niakhaté, toujours avec l’objectif de laisser l’endroit plus doré que quand il l’a trouvé.
Podcast : Footox vous spoile France-Sénégal !Par Mathieu Rollinger























































