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  • Coupe du monde 2018

Comment je suis tombé amoureux de…. (épisode 8)

Par Andrea Chazy, Florian Lefèvre et Matthieu Pécot, à Moscou
Comment je suis tombé amoureux de…. (épisode 8)

Parfois, il suffit d'une action pour tomber amoureux d'un joueur. En voilà trois qui nous ont tapé dans l'œil lors des huitièmes de finale du Mondial.

Yerry Mina

L’action qui nous a fait succomber : Il faut avoir une bonne détente, un bon gainage, un bon coup de tête et une bonne grosse paire de cojones pour égaliser à la 93e minute d’un 8e de finale de Coupe du monde, sur corner, contre ces bourrins d’Anglais. Yerry Mina possède tout cela. Si son égalisation héroïque sur un service de son copain Cuadrado n’a pas suffi au bonheur de la Colombie, qui a fini par craquer aux tirs au but (1-1, 3-4 tab), elle a au moins eu le don de servir de sel à un match jusqu’ici bien fade. Si vous ne comprenez rien, demandez à Philippe Etchebest ce qu’il pense des gens qui ne respectent pas l’assaisonnement de leurs plats.

Pourquoi il est si excitant : Parce que c’est toujours marrant de voir des mecs qui mesurent 1,95m courir vite sans avoir besoin de regarder un match de NBA. Et puis le jeu de tête est certainement la qualité d’un footballeur la plus sous-cotée de l’époque, et force est de constater que Mina, 23 ans, fait déjà partie des meilleurs du monde dans ce domaine. D’ailleurs, dans ce Mondial russe, le défenseur central du Barça a inscrit trois buts de la tête contre la Pologne (ouverture du score, 3-0 score final), le Sénégal (1-0, 74e, but de la qualification) et donc l’Angleterre. Personne n’avait marqué trois buts de la tête dans une même Coupe du monde depuis Miroslav Klose en 2002. En Corée du Sud et au Japon, l’Allemand alors âgé de 24 ans avait carrément marqué ses 5 buts du tournoi du front : 3 contre l’Arabie saoudite (!), un contre l’Irlande et l’autre face au Cameroun. Point noir dans la Coupe du monde de Mina, qui a marqué dans 75% des matchs des Cafeteros : il n’a pas été foutu de tromper Eiji Kawashima, le gardien du Japon et du FC Metz.

Et il vient d’où ?Né à Guachené, à quarante minutes de Cali, Yerry a d’abord joué dans les clubs des environs au poste de gardien de but, avant que son père ne se rende compte que les pieds de son fils méritaient d’être utilisés. Après des débuts chez les pros au Deportivo Pasto puis à Santa Fe, le défenseur central file au Brésil, à Palmeiras, où il reste à peine deux ans. Le temps de taper dans l’œil du FC Barcelone, qui l’engage en janvier dernier et le transfère pour 11,8 millions d’euros en lui faisant signer un contrat qui court jusqu’en 2023, clause libératoire de 100 millions à la clé. Mais s’il est important de savoir d’où vient Yerry Mina, il est encore plus essentiel de se demander où il va. Car le Barça a d’ores et déjà fait savoir à son joueur qu’il ne comptait pas sur lui pour la saison prochaine. Le club catalan invoquerait une erreur de casting pour le premier Colombien de son histoire, qui malgré sa force dans le jeu aérien, sa vitesse et sa bonne relance, payerait le fait de ne pas être à l’aise dans des équipes au bloc haut et gourmandes de possession. Voilà pourquoi Yerry Mina va faire ses valises. Aux dernières nouvelles, Fenerbahçe s’était renseigné. Mais vu la Coupe du monde que le bougre vient de faire, il ne faudra pas s’étonner si des clubs de Premier League s’invitent dans la danse.


Ilya Kutepov

L’action qui nous a fait succomber :La 78e minute du duel Espagne-Russie vient de s’afficher sur le chronomètre de Björn Kuipers. Vingt-quatre minutes auparavant, Isco et Kutepov étaient déjà à la lutte, et l’Espagnol avait humilié son vis-à-vis et obligé à prendre un carton jaune. À nouveau face à face à dix minutes du terme, et alors qu’il pensait avoir fait la diff’, le meneur de jeu du Real Madrid voit revenir sur lui Kutepov comme une furie dans la surface. Contrairement à leur première fois, le tsar ne concédera finalement qu’un corner et ne récoltera que des applaudissements.

Pourquoi il est si excitant : Résister tout un match à Isco, Diego Costa ou encore Asensio n’est chose aisée pour personne. Encore moins quand on est pris de crampes dès la 82e minute, et que votre sélectionneur compte tellement sur vous qu’il vous file trente minutes de rab avec la prolongation. Pourtant, Kutepov a tenu, et bien tenu, à grands coups d’interventions sobres et aidé par un gabarit de décathlonien (1,91m, 79kg). La force du Russe a été de ne pas avoir peur de la Roja. Après la rencontre, quand des journalistes en zone mixte lui demandent de débriefer la partie, il répond simplement : « Nous avons suivi la tactique du coach, à savoir défendre intelligemment et les prendre en contre. La suite ? Pour l’instant, je n’ai qu’une chose en tête : manger. Et dormir un peu, bien sûr. »

Et il vient d’où ?Arrivé au Spartak Moscou à l’aube de la saison 2012-2013, le défenseur central né à Stavropol il y a 24 ans a seulement intégré la rotation de l’équipe première depuis deux saisons. Avant, il y avait tout de même eu un dépucelage en douceur chez les pros à 19 ans, fin 2012. Encore avant, Ilya est passé par deux académies : celle de Konoplev puis celle de Togliatti, sur les bords de la Volga, près de Samara. En somme, un bon Russe du terroir, qui n’a jamais quitté son pays natal et qui, fatalement, est aussi un secret suffisamment bien gardé pour perturber un type de la trempe d’Isco.


Benjamin Pavard

L’action qui nous a fait succomber :Elle n’a ni la fluidité de celle de Nacho, ni la puissance de celle de Mertens, mais elle a le fouetté et la douceur d’une crème chantilly. Assurément, cette reprise de volée de Benjamin Pavard dans la lucarne argentine est incomparable. Neuf minutes auparavant, le latéral droit des Bleus provoquait bêtement un coup franc devant la surface, et c’est encore lui qui couvre Gabriel Mercado alors que le reste de la défense tricolore monte pour mettre le charognard argentin hors jeu. On joue alors la 49e minute de ce huitième de finale, et les bras argentins se balancent dans les tribunes de la Kazan Arena comme des pantins désarticulés à la gloire de Messi et Maradona. 2-1 pour l’Argentine. La Coupe du monde de l’équipe de France va t-elle s’arrêter ? À la brutalité de la situation, Benjamin Pavard répond par une caresse. Un coup de brosse. Un amour d’exter’ !

Pourquoi il est si excitant :Reconnaissons-le, sans doute avons-nous, même à voix basse, adressé quelques grossièretés à destination du latéral droit tricolore au moment de son combo faute + non-alignement avec le reste de la défense, qui a engendré le deuxième but argentin. Mais c’était pour mieux le couvrir de mots doux quand il a posé son pied gauche à 90 degrés des cages adverses, baissé son corps à l’horizontale et brossé le ballon de la droite vers la gauche. On n’avait jamais vu un ballon tourner aussi vite depuis Captain Tsubasa. Ce n’est pas un hasard si Rachel Legrain-Trapani est tombée sous le charme d’un jeune homme de 22 ans qui a la même coupe de cheveux que Nelson Monfort.

Et il vient d’où ?De Maubeuge. Ou plus exactement de Jeumont – comme Jean-Pierre Papin –, une ville frontalière avec la Belgique. À neuf ans, le Ch’ti passe avec succès un teste de détection au LOSC et au Racing Club de Lens. Il choisit les Dogues. À dix ans, il part vivre en internat au centre de pré-formation lillois. À onze ans, il regarde déjà avec les yeux de l’amour Rachel Legrain-Trapani être couronnée Miss France 2007. Onze nouvelles années plus tard, par un jeudi midi, la France découvre son nom entre une salade de chez Franprix et une tartelettes aux fraises, lors de l’annonce par Didier Deschamps de la liste des joueurs convoqués pour les matchs amicaux de novembre dernier. Benjam’ ? Préjent.


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