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Chamakh vs Van Persie

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Chamakh vs Van Persie

Depuis un mois, Van Persie a repris sa place dans la hiérarchie de l'attaque d'Arsenal alors que les premiers mois de Chamakh avaient semblé le condamner. Petit jeu des comparaisons entre les deux strikers londoniens aux profils si différents.

Le père Noël n’a pas fait de cadeau à Marouane Chamakh cette année. Jusque-là, le Marocain faisait florès sur le front de l’attaque d’Arsenal pour sa première saison en Angleterre, allant jusqu’à assoir un certain Robin Van Persie sur le banc londonien. Et puis vint le Boxing Day et la remise en selle du Néerlandais dans le onze de départ. Depuis, le finaliste de la dernière Coupe du Monde squatte l’équipe-type et l’ancien Bordelais regarde le plus souvent son concurrent du banc (une seule titularisation depuis un mois en Premier League). Une tendance est donc en train de se dessiner entre ces deux dont il ne pourra rester qu’un seul, vu le 4-3-3 concocté par Wenger. Et avouons-le, le triplé inscrit ce week-end par le Batave risque de marquer les esprits. Petit jeu des comparaisons.

Efficacité

Franchement, dans un cas comme dans l’autre, Arsenal manque d’un buteur majuscule. Car un bref coup d’œil aux stats rappelle que ni Van Persie ni Chamakh ne sont des finisseurs cliniques façon Rooney, Drogba ou même Bent dont tout le monde raille le montant du transfert à Aston Villa (près de 25 patates quand même) mais qui facture 83 pions en 160 matches de Premier League, soit plus d’un but tous les deux matches, un ratio supérieur aux deux Arsènaux. C’est simple, sur les trois dernières saisons, les plus prolifiques de Chamakh, l’ex-Girondin est à 0,33 réalisation par match. Et Van Persie, sur les cinq dernières saisons, depuis le départ de Thierry Henry, fait un peu mieux que le Lion de l’Atlas mais moins bien que le néo-Villan avec une moyenne de “seulement” 0,47. Loin, très loin quand même des cadors de Premier League. N’empêche, avantage Van Persie.

Leur profil

On ne peut guère faire plus dissemblable. Marouane Chamakh est un véritable joueur de surface, même s’il n’en est pas un renard. Lui est là pour se friter, pour aller au contact, faire mal aux défenseurs adverses, leur rendre la vie compliquée et même très pénible et surtout faire parler son jeu de corps ainsi que son jeu de tête qui n’ont que peu d’équivalent chez les attaquants. Généreux dans l’effort, capable d’aller au pressing, Chamakh joue avec une maxime qu’il a édictée lui-même : « Je prends des coups jusqu’à ce que je donne le dernier » . Autant dire un truc en mandarin pour Van Persie. Le joueur formé à Feyenoord donne plutôt dans le classieux, dans l’esquive, dans la prise de balle soyeuse –dribble félin-frappe pure–, en n’hésitant pas à s’extraire de la surface adverse pour exister. « Il y a bien plus de talent chez Van Persie » , explique régulièrement Paul Le Guen au mic en compagnie de Stéphane Guy.

Leur impact sur le style d’Arsenal

On ne joue pas pareil avec Chamakh qu’avec Van Persie. La présence du Marocain apporte une nouvelle option pour les Gunners : faire des centres avec une chance qu’ils soient convertis en but (soit directement, soit au rebond), chose qui était impensable ou presque auparavant. Le problème, c’est quand Chamakh croise la route d’un Vidic qui lui fait sa fête. Car là, le talent assez relatif du natif de Tonnens ne lui permet pas de trouver un plan B. Avec Van Persie, Arsenal se prive d’un référent dans la boîte car le Batave ne sait pas rester en posture d’attente, pas suffisamment patient pour ça. En revanche, l’immense qualité technique individuelle et collective de RVP permet réellement à Arsenal de mieux jouer, de davantage varier aussi (ses frappes de loin, uniques chez les Arsènaux), même si parfois, son “dézonage” prive aussi les Londoniens d’une présence athlétique dans les derniers mètres doublée d’un chien enragé capable d’exploiter un ballon cafouillé. Mais entre l’attaquant racé et l’avant-centre chiffon, Wenger semble avoir choisi…

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