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La faune et la Florenzi

À peine débarqué à Paris en prêt avec option d'achat, Alessandro Florenzi s'est montré à son avantage lors d'un Classique musclé, perdu par le PSG ce dimanche face à l'OM. Une éclaircie au milieu d'une soirée de cauchemar pour Paris, qui peut voir en Florenzi son présent et peut-être même son futur dans son couloir droit pour les années à venir.

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En l’espace d’une poignée de secondes, l’histoire entre Alessandro Florenzi et le Paris Saint-Germain aurait pu basculer dans une autre dimension. Dans un rêve éveillé. Son caviar destiné à Marco Verratti, étrangement seul au point de penalty, aurait mérité un meilleur sort qu’une (superbe) manchette de Steve Mandanda pour épilogue. Il aurait permis au PSG de se rendre le match facile, et potentiellement de ne pas perdre le fil. De ne peut-être pas perdre, aussi, une affiche qu’il s’était habitué à survoler une décennie durant. En seconde période, à la suite d’un mouvement amorcé par Neymar, Florenzi aurait pu aussi se muer en passeur décisif si Pablo Sarabia n’avait pas flanché au point de penalty. Une autre possibilité au destin malheureux, qui n’a pas empêché les quelques milliers de fans présents de scander son nom au cœur du premier acte. Car au milieu de cette guerre totale, où le football fut relégué au second plan, Alessandro Florenzi s’est contenté de réussir sa première avec les Rouge et Bleu en toute simplicité. Cela peut paraître anecdotique, mais pour le PSG en ce début de saison, cela veut déjà dire beaucoup.

Première réussie


Face à l’OM, dans son couloir droit, Florenzi a prouvé que l’on pouvait être performant deux jours à peine après avoir posé ses valises dans la capitale. Le Romain de naissance et de cœur a fait ce qu’il sait faire de mieux : jouer haut, et arroser la surface olympienne de centres précis pour la plupart. S’il est difficile de définir clairement quel est le meilleur poste de l’ancien capitaine des Giallorossi, cette première grosse heure de jeu à Paris a bien mis en évidence le caractère offensif de la nouvelle recrue parisienne.


Dans une interview accordée au Corriere dello Sport en avril, Florenzi tentait une introspection pour faire comprendre qui il est vraiment : « Le meilleur Florenzi est celui qui est sur le terrain lorsqu'il est bien dans son corps, dans sa tête et qu’il est heureux. Je me sens bien comme latéral. Si je dois jouer dans une équipe qui propose du jeu, je me sens bien. (...) Mes amis me "poussent" toujours vers l’avant, mais en moi, il y a toujours mille pensées. Je vois le football où, en tant qu'arrière latéral, je peux faire bien plus que simplement jouer sur l'aile. » Fred Bompard, l’adjoint de Rudi Garcia à la Roma, valorisait lui aussi pour RMC la polyvalence de son ancien poulain. Tout en reconnaissant que son jeu avait aussi évolué depuis deux blessures aux croisés en 2016 et 2017 : « Florenzi réfléchit beaucoup quand il est sur la pelouse, il est intelligent et il avait une culture tactique au-dessus de la moyenne. Rudi disait que c’était un couteau suisse. C’est lui qui l’a mis latéral droit parce que Maicon avait un gros souci de genou. Et il s’est rapidement adapté à ce poste avec nous. »

Un tournant à Paris


S’adapter, Florenzi l’a aussi fait en Nazionale où on l’a aperçu aussi bien comme milieu de terrain relayeur (son poste de formation) qu’en tant que piston droit. Depuis l’arrivée de Roberto Mancini, c’est à un poste de latéral droit dans une défense à quatre auquel il doit s’adapter. Tant mieux, car à Paris, Tuchel compte visiblement sur lui pour remplacer numériquement Thomas Meunier, tout en reconnaissant sa polyvalence : « Il a joué en sélection italienne dans les trois en défense, ce qui est une surprise car il est pour moi plutôt un joueur offensif, mais il a été très bon. Cela nous donne beaucoup de possibilités tactiquement. Ce n’est toutefois pas dans nos plans de changer notre tactique avec son arrivée, mais d'améliorer notre équipe et de remplacer Thomas Meunier sur le poste de latéral droit avec sa force offensive. »


Pour le championnat, et plus largement pour le jeu offensif prôné par l’entraîneur allemand, le renfort de Florenzi apparaît comme salutaire à un poste où un latéral droit de métier – et pas en fin de carrière – se faisait attendre depuis de nombreuses années. Notamment dans l’optique d’apporter le surnombre en phase offensive, beaucoup trop dépendant du côté gauche et de Juan Bernat. La principale interrogation, désormais, est de savoir si Florenzi répondra présent dans les moments où le PSG subit. En Ligue des champions, dans ces rencontres au sommet où l'apport défensif de Florenzi sera au moins aussi important que ses capacités offensives. À 29 ans, après un prêt plutôt raté à Valence et dix-sept ans dans la Ville Éternelle, Florenzi est à un tournant de sa carrière. Prendre le PSG comme révélateur, c’est clair : le jeu en vaut la chandelle.

Par Andrea Chazy
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