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Quand Mikel Arteta illuminait le Parc des Princes

Ce 26 mars, Mikel Arteta fête ses 33 ans. Désormais à Arsenal, le milieu basque s'est révélé au grand public lors de 18 mois de haute volée avec le PSG entre 2001 et 2002 sous la baguette de Luis Fernandez. Un héros du PSG avant QSI.

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«  Arteta, personne ne me l'a conseillé. Moi, je fais confiance à mes yeux et je l'ai fait venir à Paris parce que je l'avais vu jouer et que j'appréciais son profil. Quand j'étais à Bilbao, déjà, le club le voulait et on m'avait demandé mon avis, j'étais très favorable à sa venue. » Entraîneur du PSG lors de la saison 2000-2001, Luis Fernandez est l'instigateur de la venue de Mikel Arteta au mercato hivernal. Pas encore 19 ans, physique juvénile, le Basque est une curiosité pour les spectateurs français, mais son coéquipier de l'époque Frédéric Déhu se souvient de la présomption favorable du groupe parisien : «  Quand il est arrivé à Paris, je le connaissais de nom car j'avais évolué au Barça et j'avais entendu parler de lui, même si je ne l'avais jamais vu jouer. Le groupe s'attendait à voir débarquer un joueur talentueux car il venait du Barça, et Paris avait expressément demandé son prêt. »

Numéro 10 devant la défense


Sur place, Arteta met rapidement tout le monde d'accord, dès mi-février et un match de Ligue des champions à San Siro. Contre le Milan AC, il fait parler son intelligence, sa qualité de passes et sa grande disponibilité. « Quand je l'ai demandé en prêt à l'hiver 2001, c'est parce que je cherchais un joueur au milieu de terrain avec cette simplicité, cette intelligence et cette qualité de passes. J'ai beaucoup d'admiration pour le numéro 10 devant la défense qu'a inventée Johan Cruijff au Barça, Mikel Arteta c'est un joueur de ce profil par excellence » se souvient Fernandez, pour qui le Basque représente l'une des meilleures pioches de son second passage à Paris. Déhu, de son côté, se rappelle que les joueurs parisiens ont « rapidement pu constater son aisance technique et son intelligence tactique, mais la question se posait sur son jeune âge, et sa capacité à s'imposer au plus haut niveau si tôt. » Le match fondateur et les 18 mois qui vont suivre sont une réponse sans appel.

Tout sauf une surprise selon Luis Fernandez : « Je ne l'ai pas pris pour compléter mon effectif, mais tout simplement pour le mettre en concurrence avec les autres joueurs. Il était jeune, mais il avait déjà le mental et l'intelligence pour réussir. Il a été bon très rapidement donc la question de sa place dans l'équipe ne s'est jamais posée. » Pendant un an et demi, l'Espagnol régale dans le cœur du jeu parisien - le club de la capitale fait prolonger son prêt à l'été 2001 - et pousse un client comme Peter Luccin à l'exil en Espagne. Souvent associé à Arteta dans l'entrejeu, Frédéric Déhu s'occupe de ratisser les ballons quand l'Ibère organise le jeu. «  J'ai eu la chance d'évoluer avec pas mal de très grands joueurs, Mikel fait partie de ces joueurs super forts techniquement avec qui c'est un plaisir d'évoluer. C'est même un plaisir de le regarder. »

Départ pour Glasgow


Dans le vestiaire, Arteta laisse l'image d'un homme réservé, mais bien intégré, d'un joueur de grand talent, mais aussi « d'une grande modestie » selon Fernandez. Si bien qu'à l'été 2002, c'est un crève-cœur pour les supporters, mais aussi l'ensemble du groupe parisien de voir partir le milieu espagnol pour les Glasgow Rangers, alors que le PSG semblait en mesure de le faire signer définitivement. Déhu : « On était à la fois déçus de perdre un joueur important de l'équipe, mais aussi un peu surpris par le fait qu'il nous quitte pour aller aux Rangers. À nos yeux, cela aurait été plus logique qu'il retourne au Barça ou tente sa chance dans un club de réputation au moins équivalente au PSG. Mais sa carrière parle quand même pour lui. » L'ancien joueur de Lens et du Barça croit savoir que le club parisien n'était pas en mesure de s'aligner sur les exigences d'Arteta. Fernandez, lui, pointe du doigt sa direction de l'époque : « Si le PSG n'a pas réussi à le conserver, c'est parce que Laurent Perpère n'a pas accepté de partager les droits du joueur avec le Barça, de faire 50-50, et il est donc parti à Glasgow. Le problème, c'est l'incompétence des dirigeants de l'époque qui avaient l'occasion de recruter un superbe joueur, qui avait l'approbation de l'entraîneur, mais ils n'ont pas bougé. »


Bientôt treize ans après son départ, Mikel Arteta n'a pas eu les honneurs de la Roja, mais tout de même connu une belle carrière entre l'Écosse et l'Angleterre, où il porte désormais les couleurs d'Arsenal. Arrivé à Paris avec l'aura d'un talent de la Masia, il n'a finalement jamais su faire étalage de son talent en Espagne, entre une histoire écourtée avec le Barça et un retour raté à la Real Sociedad en 2004. L'exemple typique du joueur qui n'est pas prophète en son pays, et un nom de plus dans la constellation des anciennes gloires du PSG. Un héros de l'époque pré-QSI qui n'aurait sûrement jamais dépareillé aux côtés de Verratti, Thiago Motta et Matuidi.

Par Nicolas Jucha Tous propos recueillis par NJ, sauf mentions.
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