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Pour l’OL, plus qu’une coupe : apprendre

Deux semaines après avoir laissé filer une première finale, les Lyonnais retrouvent le Stade de France (20h45). Où il faudra cette fois composer avec la dernière chance de titre de la saison et la menace d’une humiliation de trop.

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A ce qu’on sait, le ridicule ne tue pas. D’accord, mais il pourrait faire de sacrés dégâts au cas où l’OL ne remporterait pas la finale de Coupe de France qu’il doit disputer ce soir face à l’US Quevilly. Les raisons sont connues : l’humiliation des professionnels incapables de venir à bout d’une bande de semi-pros de CFA, une seconde finale qu’on laisse filer à quinze jours d’intervalle et un retour en championnat où ne restent que des miettes à se partager – une place en Europa League, selon toute logique. On peut se tromper, mais il se pourrait bien que les Lyonnais aient senti passer le vent du boulet quand, dimanche dernier, ils ont manqué de couler en première mi-temps devant leur public, face au FC Lorient (33ème journée de L1). Un monument de perdition collective qui aurait dû virer au naufrage si les Merlus n’y avaient pas mis du leur pour maintenir les joueurs de Rémi Garde à la surface. Au bout du compte, les Lyonnais s’en sont sortis avec une victoire arrachée sur la seule foi de ses hommes les plus forts. De quoi retrouver les quelques certitudes qui menaçaient de foutre le camp depuis qu’ils ont abandonné la Coupe de la Ligue à l’OM.

Au moment de se livrer à l’exercice qu’il apprécie tant chaque veille de finale, celui de la boîte à souvenirs, Bernard Lacombe en a profité pour se faire le héraut des consciences lyonnaises : « Revenir comme ça contre Lorient, au 52ème match de la saison, avec la pression du résultat, du public, le manque de confiance, chapeau, c’était énorme. Lundi, j’ai dit au président et à Rémi : « On aurait fait comment pour jouer Quevilly en ayant été battu contre Lorient ? » » (Le Progrès). Poser la question, c’est déjà y répondre. Pourtant, quand elle fut posée aux joueurs dans la foulée du match, Lisandro avait préféré couper court à ce type d’interprétation : «  Une victoire ne sert jamais à donner de la confiance. Elle rapporte trois points importants pour accrocher une place parmi les trois premiers. Samedi prochain, ce sera différent. C’est une finale avec un trophée au bout. Nous devrons renter sur le terrain avec la certitude de remporter ce match. » Il faut dire que le Gaucho a ses raisons que le conseiller spécial n’a pas forcément. Notamment celle qui avait fini par s’installer après la défaite toulousaine d’une équipe à bout, tout près d’abandonner une partie de son destin en championnat pour mieux se consacrer à la dernière chance de titre qui lui reste, en Coupe de France.

L’apprentissage de la victoire

Les discours peuvent varier, l’idée qui les sous-tend reste la même. Celle d’un club qui a eu largement le temps de passer par la case humiliation pour savoir ce qu’il en coûte. De Nicosie à ces virages mal négociés en championnat jusqu’à cette finale de Coupe de la Ligue perdue «  sans la jouer  » (dixit Lacombe), les occasions de partir dans le décor n’ont pas manqué. Autant de montées au Golgotha qui ont eu le temps de venir à bout de ce que pouvait encore représenter l’OL il n’y a pas si longtemps, à savoir un club cultivant avec soin l’ADN de la victoire. Une impression qui avait commencé à faire jour à l’automne dernier, après ce nul aux allures de défaite en Ligue des Champions face à l’Ajax, lorsque Réveillère avait mis en évidence « le manque d’expérience d’une équipe encore jeune. » Après coup, c’est l’histoire de cette saison que l’on peut faire défiler, où l’équipe lyonnaise doit refaire l’apprentissage de la victoire entre les sales coups qu’il a fallu ramasser. L’occasion de redistribuer les rôles et de trouver un semblant d'équilibre dans le fonctionnement de la maison. Avec Rémi Garde dans le rôle de l’entraîneur encore en rodage et Aulas en soutien pour remettre un peu d’ordre quand les secousses menacent l’édifice.

Comme est venu le rappeler le soulagement ressenti en marge de la victoire face à Lorient dimanche dernier, l’OL n’est pas encore venu à bout de tous ses doutes. Ne serait-ce que ceux qui se lisent à travers les compositions alignées par Garde, dans le choix des hommes comme dans celui du jeu proposé. Où une défense chasse l’autre, où l’idée d’un retour de Gourcuff est en train de refaire surface, où la place accordée à la jeunesse prometteuse fait encore débat. De quoi lever l’espoir dans le camp de Quevilly ? Aux dernières nouvelles, il semblerait que ce soit le cas. Les Normands devront toutefois défier une réalité qui n’avait pas cours jusque-là : celle d’une équipe lyonnais qui sait qu’elle n’a plus le droit à l’erreur si elle veut renouer avec les titres qui la fuient depuis 2008. On a appris à le savoir, l’OL n’en est peut-être plus à un désastre près. Reste que tous ceux vécus ces derniers mois pourraient bien représenter le principal atout d’une équipe qui a toujours eu le chic pour se révéler dans ces matchs de la dernière chance.

Par Serge Rezza
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