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  1. // Les restes du monde – Japon – J.League

Forlán au Japon, pour quoi faire ?

Surprise : Diego Forlán s’est engagé fin janvier au Japon avec le Cerezo Osaka. Ça faisait bien longtemps qu’une star internationale – on parle tout de même du meilleur joueur de la dernière Coupe du monde – n’avait pas débarqué en J.League. Un transfert où toutes les parties ont à y gagner : le vétéran uruguayen, son club et le championnat nippon dans son ensemble.

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Pour booster le championnat japonais

C’est en 1993 qu’a été créée la J.League, premier championnat professionnel de football au Japon, inspiré de la K.League du voisin sud-coréen. Une inauguration fêtée à l’époque en grande pompe, avec pas mal de gros noms du football mondial attirés lors des premières saisons, par l’exotisme du projet autant que par les salaires offerts. Citons Gary Lineker, Dunga, Zico, Toto Schillaci (l’original), Edmundo, Patrick M’Boma, Andoni Goikoetxea ou encore ce bon vieux Basile Boli. Mais à la fin des années 90, la J.League traverse une première crise, subissant une économie nationale en berne et une croissance mal maîtrisée de son championnat, dont le niveau général ne progresse pas voire diminue, la faute notamment à un déficit d’émergence de ses jeunes talents locaux. Toutes les stars étrangères quittent le pays et la fédé décide alors de changer de stratégie, en mettant le paquet sur la formation. Un choix judicieux dont profitent la sélection et certains gros clubs européens, via l’émergence des Honda, Kagawa, Nagatomo, Uchida, Kiyotake, Okazaki and co. Les clubs locaux et la J.League y gagnent aussi en maturité et en cohérence. Ces dernières saisons, le championnat japonais est devenu très compétitif et vraiment intéressant à suivre, avec une grande homogénéité entre les équipes. Ça joue bien au ballon, ça récolte quelques bons résultats sur la scène continentale et ça attire un bon public de fidèles, avec un peu plus de 17 000 personnes de moyenne au stade et quelques très belles ambiances. Niveau suspense, c’est top aussi, avec sept champions différents lors de la dernière décennie et des titres disputés le plus souvent jusque dans les derniers instants de la saison. Tout ça, c’est bien mais le championnat ronronne un peu et peine à gagner en attractivité internationale, la faute à des effectifs très nationaux complétés par d’anonymes Brésiliens. C’est là que l’arrivée de Forlán est une très bonne nouvelle pour l’ensemble du football nippon. L’Uruguayen apporte un coup de projecteur comme la J.League n’en avait plus connu depuis la fin du siècle dernier. Les affluences pourraient en bénéficier et les droits TV être renégociés à la hausse, surtout si d’autres figures internationales finissent par suivre l’exemple du meilleur joueur de la dernière Coupe du monde.

Pour gagner des trophées et plein de sous

Si l’ensemble des clubs japonais compte surfer sur ce joli transfert, c’est bien entendu le principal intéressé qui peut se montrer le plus satisfait. Propriété de la société Yanmar, spécialisée dans la fabrication de moteurs industriels, le Cerezo Osaka espère décrocher le premier titre de son histoire en J.League, sa meilleure performance étant pour l’instant une 3e place décrochée en 2010. 4e la saison passée, le club qui a offert ses débuts en pro à Shinji Kagawa est également qualifié pour l’édition 2014 de la Ligue des champions asiatiques (dans le groupe E avec les Sud-Coréens de Pohang Steelers, les Chinois de Shandong Luneng et les Thaïlandais de Buriram United). L’équipe est coachée par le Serbe Ranko Popovic, anciennement en poste au FC Tokyo, et apparaît très séduisante sur le papier. En plus de Forlán, deux autres étrangers ont été recrutés : l’Australien Mitch Nichols (ex-Melbourne Victory) et l’international serbe Gojko Kačar, arrivé en prêt d’Hambourg. Forlán sera associé en attaque au très prometteur Yoichiro Kakitani, 4 buts en 9 sélections avec le Japon depuis ses débuts il y a un an. Au niveau national, c’est la formation de Sanfrecce Hiroshima qui est double tenante du titre en J.League et qu’il faudra aller détrôner. La mission de l’attaquant uruguayen est motivante, d’autant qu’il touchera pour cela un salaire de 4,2 millions d’euros, avec un contrat qui court jusqu’en décembre prochain. Un tel niveau de rémunération n’avait jamais été atteint au Japon. Pour Forlán, qui prospectait en MLS l’été dernier, c’est économiquement très intéressant. Et pour son précédent club l’Internacional Porto Alegre, qui a résilié son contrat, c’est aussi une bonne chose de se séparer d’un très gros salaire au rendement jugé insuffisant (10 buts en 33 matchs du championnat brésilien).


Pour se relancer en sélection uruguayenne

Ça ne vous aura pas échappé, la prochaine Coupe du monde débute dans moins de quatre mois au Brésil. L’Uruguay n’aura pas la tâche facile, avec une phase de poules périlleuse à négocier en compagnie de l’Italie, de l’Angleterre et du Costa Rica. Pour s’en extirper, la Celeste compte sur ses stars, avec notamment son redoutable duo d’attaque Cavani/Suárez. C’était un trio jusqu’à il y a peu mais Forlán (107 capes, 36 buts) n’est plus titulaire depuis quelque temps en sélection. Malgré quelques rares coups d’éclat, il n’est plus aussi décisif qu’avant. Dominé physiquement, imprécis et moins instinctif, l’ancien joueur passé par Manchester United, Villarreal, l’Atlético Madrid et l’Inter Milan va fêter ses 35 ans en mai. Le sélectionneur Óscar Tabárez lui préfère désormais Christian Stuani, le joueur de l’Espanyol Barcelone, ou Gastón Ramírez de Southampton. Lors des barrages face à la Jordanie (5-0, 0-0), Forlán était remplaçant. Il n’est plus le métronome de cette sélection et espère que ce départ vers le Japon ne l’empêchera pas de disputer la Coupe du monde dans les meilleures conditions. Qu’il y arrive avec un statut de titulaire ou de remplaçant, ça semble quoi qu’il arrive être son dernier défi international.

Par Régis Delanoë
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