Les restes du monde – États-Unis - NASL

Par Régis Delanoë

Cosmos II, le retour

Le Cosmos de New York, franchise mythique des années 70 et 80 qui a vu évoluer Pelé, Beckenbauer, Carlos Alberto ou Giorgio Chinaglia, revient officiellement à la compétition en 2013. Avant l’arrivée probable en MLS dans un avenir proche, elle repart à l’étage en dessous, la NASL, avec Canto aux manettes, un entraîneur déjà en place et un effectif à construire dans les semaines à venir. Avec des stars ? Rien n’est moins sûr…

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Pelé chez les Verts (de New-York)
Pelé chez les Verts (de New-York)
Une ligne de sportswear vintage, coincée dans les rayonnages entre l’équipement Olive et Tom et les blousons USSR et DDR. Voilà ce qu’il est longtemps resté des Cosmos de New York. Un lointain souvenir un peu classe d’une époque révolue : les seventies. Le soccer faisait alors une entrée fracassante aux États-Unis, grâce à l’argent de la Warner, propriétaire d’une franchise capable d’acheter des stars vieillissantes de calibre mondial pour faire en sorte que la greffe puisse prendre vite et bien. Pelé d’abord, puis Franz Beckenbauer, Carlos Alberto, Johan Neeskens, Roberto Cabanas, Giorgio Chinaglia… Ces joueurs vont certes permettre au Cosmos de se constituer un joli palmarès, mais passé ce qu’on n’appelait pas encore le « buzz » des premières années, tout s’écroule un peu plus d’une décennie seulement après les débuts. Trop artificielle, la greffe est rejetée. Il manque incontestablement des bases, des structures et de l’engouement populaire. Le Cosmos de New York première époque est arrivé à contretemps, l’Amérique du Nord n’étant à l’époque pas encore prête à faire une place au soccer aux côtés des 4 fantastiques que sont le baseball, le football américain, le basket et le hockey.

Un nouveau propriétaire saoudien

S’en est suivie une mise en sommeil d’un quart de siècle. Le Cosmos en tant qu’équipe avait disparu officiellement en 1985 et n’était plus qu’une marque, qui s’était donc mis ces dernières années à surfer sur la vague du vintage en mettant en vente des vieux maillots réplica d’époque et des vestes de survêtement portant le mythique blason, un ballon entouré d’une spirale verte, jaune et bleue. Jusqu’à ce qu’en 2010 la franchise sorte soudainement de son sommeil. Paul Kemsley, ancien vice-président de Tottenham, acquiert les droits et annonce vouloir refaire des Cosmos une équipe de soccer, une vraie. Entouré notamment de Terry Byrne, ancien manager de Beckham, et de Rick Parry, ex-directeur général de Liverpool, Kemsley voit les choses en grand. En très grand. En trop grand. Sans structure aucune ni équipe, la franchise repartant de zéro, il fanfaronne en annonçant un retour rapide en MLS, l’actuelle principale Ligue de soccer en Amérique du Nord, qui a pris dans les années 90 la suite de la défunte NASL. Sauf que l’intégration à ce championnat fermé se fait sur invitation et avec un « dress code » particulièrement strict : entre autres, un stade dédié à la pratique du soccer et un droit d’entrée de plusieurs dizaines de millions de dollars. Pour l’Impact de Montréal par exemple, dernière franchise en date à entrer en MLS, il a fallu signer un chèque de plus de 40 millions.



Assez vite, le projet de Paul Kemsley se heurte à ces réalités et apparaît assez peu fiable. Pour faire venir Pelé en tant que président honoraire et Carlos Alberto et Giorgio Chinaglia comme ambassadeurs de la cause, il y a du monde, mais pour ce qui est d’offrir des garanties concrètes et sérieuses aux responsables de la MLS, c’est autre chose. Le doux rêve d’intégrer la Ligue dès 2013 tombe finalement à l’eau et la franchise est rachetée en novembre 2011 par Sela Sport, une riche compagnie de marketing saoudienne. Avec ces nouveaux propriétaires, la stratégie semble évoluer dans le bon sens. Le principe ? Moins d’effets d’annonce, plus de travail dans l’ombre. Mieux vaut faire les choses dans l’ordre et présenter un projet viable et complet. Pour ce qui est du stade, a priori, c’est quasi fait : le site de Flushing Meadows, dans le Queens, a été retenu et vient d’être approuvé par la municipalité de New York. Une enceinte de 20 à 25 000 places dédiée au soccer devrait prochainement être construite à Corona Park, pas loin du stade Arthur Ashe de tennis.

Cantona : « Devenir la meilleure équipe du pays »

Pour ce qui est de la compétition à laquelle participer pour débuter, ce sera la NASL. Pas l’ex-NASL, la nouvelle, une ligue mineure créée il y a peu et qui constitue l’antichambre de la MLS, comme une sorte de D2 nord-américaine, où a évolué l’Impact de Montréal juste avant d’intégrer l’élite. Autant le dire tout de suite, ce championnat qui doit voir s’affronter en 2013 neuf franchises d’Amérique du Nord (États-Unis, Canada, mais aussi Porto-Rico) n’a pas grand intérêt en soi. Mais pour le Cosmos, c’est l’occasion de faire un come-back sur la scène sportive. La saison démarrera au début du printemps prochain. En attendant, il va donc s’agir de constituer un effectif. Les choses ont déjà commencé à bouger ces derniers jours, avec l’arrivée d’un entraîneur, l’ex-international vénézuélien Giovanni Savarese, et d’un premier joueur pro, le défenseur new-yorkais de naissance Carlos Mendes, caution locale et qui doit faire parler son expérience, avec ses plus de 150 matchs de MLS dans les jambes. On est loin de l’époque des Pelé et Beckenbauer et à la limite, c’est rassurant pour la pérennité du projet. Le Cosmos nouvelle génération semble vouloir repartir sur des bases solides et donner des gages de fiabilité.

Ces modestes objectifs à court terme n’empêchent d’ailleurs pas d’envisager les choses en grand à moyen terme. Éric Cantona, nommé directeur sportif, a ainsi récemment évoqué son ambition d’être à la tête de « la meilleure équipe du pays » et de « fournir des joueurs à la sélection nationale pour que celle-ci remporte un jour la Coupe du monde », carrément. Utopique, le Canto ? Certainement un peu, oui, mais il faut bien reconnaître que le Cosmos possède un très gros potentiel : le prestige d’une « marque » reconnue internationalement, son emplacement à New York – contrairement aux Red Bulls d’Henry, en fait situés dans le New Jersey – et un des centres de formation parmi les plus performants du pays, qui n’avait pas coulé en même temps que l’équipe première dans les années 80. Tout semble donc réuni pour assister à la renaissance prochaine du prestigieux Cosmos. Affaire à suivre…

Par Régis Delanoë


 








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  • Message posté par El Xeneize le 19/12/2012 à 10:43
      Note : - 1 

    Sympa l'info , donc le club avait coulé sans que le centre de formation prennent l'eau avec !
    dans le foot traditionnel l'un ne va pas sans l'autre , mais il me semble que dans ce pays il existe spécifiquement juste que des écoles de foot .

    Le stade d'antant (détruit) etait top pour son époque avec ses 80 000 places mais j'avais vu que la moyenne etait que de 25 000 au max d'antant dans la défunte nasl !

    Le faite d'acheter un nom peut paraitre bizarre et de dire bon maintenant on arrete la nasl et on va jouer en mls !
    ( sans système de relégation-promotion )

    Enfin vous m'écrirais que Florentino Perez achète bien des ballon d'or pour espérer gagner la coupe des champions ! ( una broma ;) )

  • Message posté par MaxMaga le 19/12/2012 à 11:55
      

    Est-il possible que ce modèle de ligue fermée soit performant en ce qui concerne la formation des jeunes et leur apprentissage du haut-niveau ? C'est tellement opposé à ce que l'on fait; je m'interroge, en NBA ce système où il n'y a pas de descente permet à des équipes de tenter le coup de lancer des jeunes rookies pour en faire des champions ...

  • Message posté par luuuuC le 19/12/2012 à 19:58
      

    C'est le moment pour les joueurs très moyens voir mauvais de France d'aller frapper à la porte de la MLS et devenir les nouveaux Le Toux et pour les vieux en pré-retraite d'aller se mettre bien !

  • Message posté par Mathieu le 19/12/2012 à 20:57
      

    @ El Xeneize
    En fait il n'achètent pas qu'un nom, ils achètent une franchise ou une entreprise si tu préfères.
    Le système sportif professionnel nord américain est basé sur des franchises, ce ne sont pas des club qui dépendent d'une ville. Comme toute entreprise elle peut choisir de déménager son siège social ou son site de production ailleurs.
    Quelques exemples, en basket les Lakers ont été créés en 1946 dans le Michigan sous le nom Detroit Gems, en 1947 la franchise est rachetée et déménagée à Minneapolis sous le nom Lakers. EN 1960 elle déménage pour Los Angeles en gardant le même nom.
    Ces déménagements de franchises se retrouvent dans tous les sports professionnels nord américains, le sport est un business et les "délocalisations" en font partie. Leur fonctionnement se fait donc moins sur le mérite (montée/relégation)que sur les bénéfices générés par l'entreprise sportive puisque dans une ligue fermée le plus riche exerce un fort attrait (notamment par sa capacité à dépasser le "salary cap").


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