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Boudebouz : « On peut largement gagner la CAN »

La relation entre Ryad Boudebouz et la sélection algérienne est faite de hauts et de bas. Alors qu’une place de titulaire à la CAN lui tendait les bras, le milieu montpelliérain a vu une blessure au genou mi-décembre se mettre en travers de la route qui le menait vers le Gabon. C’est donc depuis chez lui qu'il regardera ses coéquipiers tenter d’offrir à l’Algérie une Coupe d'Afrique des nations qui lui échappe depuis vingt-sept ans.

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Ton histoire avec la sélection s’écrit en dents de scie depuis 2010. Après ton statut de remplaçant à la CAN en 2013, ton absence au Mondial au Brésil, tu devais être du voyage au Gabon avec une place de titulaire dans les valises... Pas trop dur de laisser partir tes coéquipiers sans toi ?
C’est pas facile. Le pire, c’est quand j’ai appris que j’étais blessé. C’est ma première longue blessure, et on peut dire qu’elle tombe plutôt mal. Déjà voir mes partenaires de Montpellier jouer et être dans la tribune, c’est difficile, c’est particulier pour moi. Mais là, quand je vais voir mes partenaires de l’équipe d’Algérie jouer, là vraiment je vais me dire : « J’aurais pu être là, mais voilà, je n’y suis pas. » Après, je me rassure, je me dis qu’il y a des blessures plus graves, c’est juste que je n’ai pas eu de chance niveau timing.

As-tu eu des nouvelles de tes coéquipiers de la sélection ?
Je parle souvent avec Mehdi Abeid, Rachid Ghezzal et Saphir Taïder, j’échange beaucoup avec eux par message, on se parle pas mal. La préparation s’est plutôt bien passée, l’équipe se sent bien.

Justement, avec le départ de Rajevac après seulement un match en octobre dernier, le match nul face au Cameroun et la défaite contre le Nigéria en éliminatoires à la CDM 2018, l’Algérie n’a pas préparé de la meilleure des manières cette CAN. Comment expliques-tu ces derniers mois agités ?
Bah nous, on n’a pas notre mot à dire, on a un coach à la tête de la sélection et on doit faire ce qu’il nous demande. Après, l’équipe est souvent la même, ça ne change pas beaucoup. Il faut aussi prendre les choses en main, c’est pas comme en club où on a tout le temps possible pour se préparer. On arrive, on a une dizaine de jours, on doit jouer, on doit trouver des automatismes. Après, ça nous a un peu moins souri qu’avant face au Lesotho et au Cameroun, mais on a toujours le talent et l’équipe pour se qualifier pour le Mondial et pour gagner la CAN. Il va falloir oublier tout ce qu’il y a à côté, et sur le terrain aller chercher des victoires. On est là pour ça.

Y avait-il un réel problème Rajevac ?
La communication était difficile, il ne parlait pas du tout français, il avait son traducteur. Après, comme j’ai déjà dit, nous on n’a pas notre mot à dire, on est là pour le pays, on doit donner le maximum pour le pays. C’est sûr qu’avec Christian Gourcuff, on avait été habitués à des choses, et changer de coach d’un coup, ça nous a fait assez bizarre.

Avec Georges Leekens, la communication passe mieux ?
Je n’ai pas la chance de bien le connaître, je l’ai vu vite fait, j’ai fait un seul rassemblement avec lui. Mais franchement, ça se passe très bien, mes coéquipiers me disent que c’est un bon coach, et normalement, tout devrait bien se passer.

Le problème de l’Algérie aujourd’hui est-il le fait que ses joueurs n'entrent plus sur la pelouse avec un état d’esprit de guerrier ?
« Quand on parle de l’Algérie, on parle d’une équipe technique, alors qu’avant on parlait d’une équipe de guerriers difficile à aller jouer. »
En même temps, on a beaucoup de joueurs assez techniques et parfois on oublie peut-être ce côté guerrier, que les anciens avaient, Karim Ziani, Antar Yahia, Madjid Bougherra... Comme il y a beaucoup de talent, il n’y a plus le même engagement qu’il y avait avant. C’est différent, aujourd’hui quand on parle de l’Algérie, on parle d’une équipe technique, alors qu’avant on parlait d’une équipe de guerriers difficile à aller jouer. Aujourd’hui, l’Algérie est dure à jouer, mais d’une autre façon.

Il faut donc que l’équipe soit capable d’allier les deux, le côté technique et le côté guerrier, pour espérer aller le plus loin possible dans cette CAN ?
Honnêtement, en tant que joueur de cette sélection, je connais les talents de cette équipe, je connais tous les joueurs, et je me dis qu’avec cette équipe, on peut largement gagner la CAN. Mais bon il faut réussir à allier les deux comportements. Garder ce côté technique, ce côté fou que tous les joueurs ont offensivement, et défensivement mettre beaucoup plus de rage pour pouvoir gagner des matchs. Parce qu’en Afrique, il y a beaucoup d’agressivité et vu la qualité des terrains, ça devient plus difficile pour nous. Les plus gros problèmes qu’on a pu avoir, c’est quand on a joué sur des terrains en mauvais état. Le jour où les terrains africains seront mieux, on aura moins de mal à avoir des résultats. En attendant, il va falloir sortir la rage et jouer comme ils font en Afrique. On ne peut pas toujours produire un beau jeu et gagner des matchs. C’est partout pareil, même en France. Parfois, il faut prendre les trois points à l’arrachée. Les choses se jouent dans la tête.

De qui l’Algérie devra-t-elle plus se méfier ?
Je suis quelqu’un qui respecte beaucoup l’adversaire. Comme là, à la CAN, tout le monde se dit « ouais le Zimbabwe, c’est faible » , alors que pas du tout. Si nous, on se concentre, qu’on fait des beaux matchs, on ne regardera pas l’adversaire, il faut qu’on se concentre sur notre match à nous.

Quelle équipe te fait le plus peur durant la phase de poules ?
Il faut qu’on affronte les trois équipes (Zimbabwe, Tunisie, Sénégal, ndlr) de la même manière. On doit prendre des points le plus rapidement possible. Il va falloir faire de très gros matchs, parce que ça va être difficile.

Vu le talent de cette génération, l’Algérie est attendue comme l’une des favorites de la compétition. Cette pression ne peut-elle pas se retourner contre les joueurs ?
Non, non, je pense qu’avec toutes les critiques qu’on a déjà encaissées, on va faire abstraction de tout ça, de tout ce qui se passe à côté. Maintenant, il faut prendre le positif, pour pouvoir le mettre sur le terrain. Il faut qu’on pense à nos quarante millions de supporters, voire plus, parce qu’on est beaucoup d’Algériens dans le monde, qu’on pense à nos familles, qui sont derrière nous. Si on met toutes les chances de notre côté, normalement, ça le fera, ça devrait passer.

Quel est ton meilleur souvenir de la CAN ?
La CAN 2010, juste avant que j’arrive en sélection. L’équipe a fait un très beau parcours. Notamment avec le 3-2 contre la Côte d’Ivoire en quarts de finale. Après cette victoire, il y avait beaucoup d’euphorie. Malheureusement, il y a la défaite en demi-finales face à l’Égypte, mais c’était vraiment une belle compétition pour l’Algérie.


Et ton pire souvenir ?
(Sans aucune hésitation) La CAN 2013 en Afrique du Sud. Je n’ai pas joué et on ne s’est pas qualifiés. Ne pas jouer, c’est une chose, en tant que compétiteur j’ai toujours envie de jouer, mais c’est surtout la non-qualification qui a été dure. Quand tu joues pour l’Algérie, ton parcours de joueur passe au second plan, c’est le parcours de la sélection qui compte plus que tout. Je voulais absolument qu’on passe, même si je ne jouais pas et que j’avais envie d’aider mon pays à gagner.

Justement, qu’est-ce que tu ressens quand tu portes le maillot de la sélection ?
Franchement, ça n’est pas pour faire genre, mais c’est inexplicable. T’as une immense fierté, tu as envie de tout casser, t’as envie d’être le meilleur, même si ça n’est pas toujours le cas. Je ne sais pas si c’est pareil pour les joueurs des autres sélections, mais pour nous les joueurs de l’Algérie, c’est quelque chose d’exceptionnel.

Après avoir fait les sélections de jeunes en équipe de France, tu n’as jamais hésité entre le maillot bleu et le maillot vert ?
« Même si mon parcours a eu quelques ratés et que je peux apporter plus, je ne suis pas mécontent de ce que j’ai fait avec ma sélection. »
Déjà plus jeune, j’en avais discuté avec mon père, et même avec mes coéquipiers en équipe de France. Même si j’ai aimé ces moments passés avec eux – jamais je ne les dénigrerai –, j’avais envie de jouer avec l’équipe d’Algérie. Ce sont des choses que tu choisis, la première idée est souvent la bonne, et moi, depuis tout jeune, j’ai choisi l’équipe nationale d’Algérie. Aujourd’hui, même si mon parcours a eu quelques ratés et que je peux apporter plus, je ne suis pas mécontent de ce que j’ai fait avec ma sélection. Ça fait partie du foot et de l’apprentissage, je sais les erreurs qu’il ne faudra plus répéter à l’avenir et je donnerai toujours le maximum pour pouvoir aider l’Algérie.

So Foot a récemment fait un Top 100 des meilleurs joueurs africains. Qui aurais-tu mis en première place ?
Franchement c’est compliqué, y en a plein. Plein de joueurs ont marqué l’histoire, il y a Madjer, Belloumi pour les Algériens, mais aussi Drogba et Eto’o. Mais pour moi, ça restera Madjer et Belloumi, c’est en regardant leurs vidéos plus jeune que j’ai choisi de porter le maillot algérien.

À part l’Algérie, qui selon toi a des chances de remporter la compétition ?
Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Gabon. La Côte d’Ivoire et le Sénégal restent des candidats sérieux, la Tunisie qui a une bonne équipe aussi. Mais en Afrique, on va dire que c’est tellement « bizarre » qu’il peut y avoir des équipes surprises.

Propos recueillis par Maeva Alliche
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