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Tactique : comment le PSG a éteint l’OL

Incapable de battre l’un de ses concurrents directs depuis le début de saison, le PSG a répondu en grand, dimanche soir, à Lyon, où il a martyrisé l’actuel troisième de Ligue 1 (2-4) grâce notamment à une première heure de jeu fulgurante. Retour sur ces 60 minutes d’un chef-d’œuvre collectif.

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La France du foot s’était préparée au grand frisson, à une nouvelle étape brûlante sur la route d’une course au titre qui est aujourd’hui un feu de cheminée réconfortant, alors que le printemps va se traverser sans la moindre pinte vidée en terrasse. La Ligue 1 a l’allure d’une fiesta sans fin, du moins c’était l’idée avant le déplacement du PSG à Lyon, dimanche soir, pour lequel Mauricio Pochettino s’était déguisé, sans que personne n’y prête trop attention, en Pierre Pouëssel. L’Argentin n’est pas venu en France pour la bamboche, et quelques heures avant de disposer ses pions sur l’échiquier du Groupama Stadium, voilà ce qu’il disait : « Nous nous attendons à un Lyon agressif, avec beaucoup de qualités. Nous, on doit être protagonistes, ne pas leur laisser le temps de jouer et de penser. » Incapables de s’imposer face à leurs concurrents pour le titre jusqu’ici (deux défaites contre Monaco, une face à l’OL à l’aller, un nul à Lille), les Parisiens ont débarqué sur cette fin de week-end avec des lances à incendie et des battes de baseball. Les conséquences ont été grandes : Rudi Garcia a vu ses hommes, assez fragiles depuis quelques semaines, se faire découper de tous les côtés et encaisser quatre buts en 60 minutes. Finalement, c’est avec une quatrième défaite de la saison (2-4) que l’entraîneur lyonnais est rentré chez lui, là où Pochettino a pu enfin savourer un morceau de Ligue 1 : « On a fait un très très grand match. C’est très fort ce que les joueurs ont fait ce soir face à un rival. Un message à la concurrence ? Non, il n’y a aucun message à envoyer. Je n’envoie même pas de message à ma femme. Le seul message, il est envoyé à l’intérieur : c’est celui de continuer à travailler. » Car quand le PSG est à ce niveau, il est difficile de le faire trembler. Explications de l’extinction de l’OL, en trois étapes : trouver un fauteuil pour sortir le ballon, dégommer celui de son adversaire et le balayer, lorsqu'il est possible de le faire, en profondeur grâce à un Mbappé des grands soirs.

« Ce n’était pas possible tactiquement de faire ce qu’on a fait à l’aller... »


Souvenons-nous d’abord du match aller, remporté début décembre par les Lyonnais au Parc (0-1), au bout d’une rencontre qui avait vu l’OL ramener le PSG à ses insuffisances (sept tirs, un cadré) et à son inertie. Le 4-3-3 lyonnais avait alors largement contrarié le 3-5-2 parisien, et Garcia avait notamment vu son milieu dévorer celui de Thomas Tuchel. Puis, oublions tout, étant donné que depuis cette première manche, le PSG a changé d’entraîneur et de robe tactique. Dimanche soir, c’est avec le 4-2-3-1 attendu que Mauricio Pochettino s’est présenté à Lyon, et cela a tout changé pour le pressing d’un OL au plan défensif très friable. Rudi Garcia : « Ce n’était pas possible tactiquement de refaire ce qu’on a fait au match aller, car cette fois, le PSG a joué différemment. Au Parc, ils avaient une vraie sentinelle. Là, non, et on ne pouvait pas jouer haut, car si vous jouez haut, vous êtes exposés à leur vitesse dans la profondeur. Ce soir, le problème a été notre manque d’impact athlétique. On a perdu des duels. Et quand on perd des duels, on s’expose, surtout que Paris s’était mis en mode grande équipe de Paris... » À savoir : un PSG qui n’a pas lâché le ballon (il l’a eu 65% du temps) et a eu la vie facile, maintenant notamment l’OL, qui a cherché à presser en début de match avant de renoncer, à deux tentatives (une seule cadrée, par Paqueta, en début de match) sur la première heure.


Tout simplement car, comme l’a expliqué Maxence Caqueret après la rencontre, Paris a d’abord été « trop tranquille » pour sortir le ballon. Gênés à l’aller par la bonne organisation lyonnaise, les Parisiens ont cette fois été dans un fauteuil pour organiser le jeu et se sont retrouvés en supériorité numérique aux quatre coins de la pelouse. Résultat, Pochettino a pu voir ses joueurs faire tourner en bourrique leurs victimes grâce aussi à de nombreuses permutations, aux déplacements intérieurs de Di María et Mbappé, et à la malice de Verratti.


Sans surprise, face à un OL qui a cherché à le cadrer en 4-4-2 ou 4-5-1 selon les situations, le PSG a quasiment toujours relancé avec trois axiaux (Danilo et Gueye se sont alors relayés pour être le troisième homme aux côtés de Marquinhos et Kimpembe). Problème : le PSG a toujours eu une porte de sortie. Ici, elle s’appelle Diallo.


Souvent, elle s’est appelée Marquinhos, majoritairement seul comme ici, alors que Paqueta sort sur Kimpembe et que Depay contrôle Gueye.


Là, une fois la passe de Kimpembe vers Diallo effectuée, Danilo va pouvoir être une solution dans l’axe.


Dès lors, le PSG n’a plus eu qu’à faire parler son inventivité : là, une belle passe aveugle de Kimpembe vers Mbappé...


Ici, une passe trouvée plein axe par Marquinhos vers Kean...


Là, Gueye qui cherche Di María au cœur du bloc lyonnais...


Ce circuit Marquinhos-Florenzi a aussi été tenté à plusieurs reprises...


Tranquille pour sortir le ballon, le PSG, qui n’a quasiment rien lâché techniquement (90% de passes réussies), a rapidement pris le contrôle des débats. Gueye, Marquinhos et Kimpembe ont alors pu se goinfrer de ballons (108 pour le milieu sénégalais !) et les Parisiens ont enchaîné les baffes, dont une énorme donnée par Mbappé.


La première : après une bonne intervention, Marquinhos trouve Mbappé dos au jeu, serré de près par De Sciglio, mais le Français peut trouver Verratti dans son dos...


Un une-deux s’enclenche...


Mbappé accélère et va déposer Marcelo...


Avant de trouver Kean au point de penalty, dont la frappe va être sauvée par Lopes.


Au quart d’heure de jeu, après une bonne séquence de conservation, Kean a pu dominer Cornet, voir son centre être repoussé par Marcelo, et Verratti reprendre. Puis, Mbappé a suivi l’action et a ressorti son enchaînement du Camp Nou pour ouvrir le score. Quinze minutes plus tard, c’est à la suite d’un corner que le PSG, qui a souvent attaqué en nombre, a appuyé une deuxième fois sur la détente.


Après un second ballon gagné, Kimpembe peut adresser un centre... Danilo a déjà beaucoup d’espace...


... et va en avoir d’autant plus lorsque Denayer va partir jouer un duel aérien avec Marquinhos, déjà marqué par Kadewere, et oublier Danilo plein axe : 0-2.

Danilo-Gueye, rois de la chasse


Dépassé sans ballon face à l’agilité des Parisiens pour sortir les ballons et à cause des nombreux espaces laissés par ses latéraux, l’OL a en plus été souvent dévoré par le pressing imposé par le PSG. Un PSG qui a, comme voulu par son entraîneur, réussi à grignoter du temps et de l’espace aux Lyonnais. « On a vraiment souffert de ne pas savoir suffisamment sortir le ballon, leur contre-pressing a été efficace » , a ainsi souligné Garcia après la rencontre. Et à ce petit jeu, Pochettino, qui avait décidé de se passer de Paredes et Kurzawa au coup d’envoi, a d’abord retrouvé son PSG de Barcelone : un PSG uni, qui a avancé en bloc et défendu en groupe.







Mais surtout un PSG qui a chassé avec intelligence et coordination. La paire Danilo-Gueye a alors été impériale (quinze ballons récupérés à eux deux, dont cinq dans le camp de l’OL, et huit interceptions) et a aidé l’intégralité du onze parisien, porté par un pressing sans cesse déclenché par Verratti, à maintenir une certaine hauteur de bloc.


Rapidement, le PSG a imposé un pressing haut et individualisé sur les relances lyonnaises avec toujours Verratti à la tête du bélier. Kean a alors reculé pour boucher les trous.


Même chose sur cette séquence où, cette fois, Diallo n’hésite pas à grimper pour serrer Paqueta.


Surtout... le PSG a chassé et mordu comme ici avec Danilo sur Mendes.


Toujours Danilo, toujours sur Mendes.


Ici Verratti pour casser la transition lyonnaise.


Là, alors que le PSG vient d’inscrire son deuxième but, Gueye sort direct sur Mendes...


Il le contre, puis va ensuite chasser De Sciglio...


Ballon récupéré : le PSG est déjà dans le dernier tiers adverse.


Preuve de cet engagement collectif : ici, trois Parisiens fondent sur Mendes.


Et le quatrième but... qui débute avec une transition coupée par Di María.


Puis, un autre ballon récupéré par l’Argentin...


Derrière, le PSG n’a plus qu’à cogner en profondeur grâce à la vitesse de Mbappé.


Intraitable en profondeur, efficace dans son pressing et son contre-pressing, libéré à l'image d'un Danilo enfin au niveau et notamment auteur d'un superbe râteau devant sa surface avant la pause, clinique offensivement et défensivement jusqu’à l’heure de jeu, un peu moins ensuite, le PSG, inquiétant depuis son match aller de Ligue des champions à Barcelone, a certainement livré son meilleur match de Ligue 1 de la saison, du moins sa plus belle heure. En face, l’OL, trop attentiste (22,05 à l’indice "PPDA", qui permet de mesurer l’intensité d'un pressing via le nombre de passes que l’adversaire est autorisé à faire dans son camp - en face, le PSG a bouclé la rencontre à 9,84) et mal coordonné au milieu, a bu la tasse, et seul Maxence Caqueret a semblé être en mesure de pouvoir apporter une réponse, mais seul. Memphis Depay a aussi manqué de soutien et n’a jamais pu peser, ni combiner : l’OL a ainsi souvent été incapable d’enchaîner plus de trois-quatre passes dans le camp parisien jusqu’au 0-4. Difficile alors d’espérer quelque chose, même si les Lyonnais ont un peu soigné leur allure lors de la dernière demi-heure. Il n’y a pas eu de grand frisson : juste une grosse mise au point. Au bout du bout, c’est bien le PSG qui décidera de ce titre. Lille, battu par Nîmes dimanche et attendu au Parc après la trêve, est prévenu.

Par Maxime Brigand