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Nadia Nadim : « L’Afghanistan fera toujours partie de moi, que je le veuille ou non »

Nadia Nadim, joueuse internationale danoise, est au centre d'un film intimiste qui revient sur un projet très personnel : retourner dans son pays de naissance, l’Afghanistan, pour y retrouver les médailles militaires de son père, exécuté par les talibans en l’an 2000.

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S’il fallait retenir un adjectif pour définir Nadia Nadim (33 ans), c’est « infatigable » qui sortirait en premier. Entre une opération au genou et un retour imminent au Danemark pour y entamer le dernier semestre de ses études de médecine, l’ancienne joueuse du Paris Saint-Germain - aujourd’hui sous contrat avec le Racing Louisville en D1 américaine - a pris le temps de parler du documentaire Nadia, de l’ombre à la lumière, diffusé ce mercredi sur Canal+ (21h10).



On dit que l’on maîtrise parfaitement une langue à partir du moment où l’on rêve dans celle-ci. Vous en parlez neuf. Dans quelles langues vos rêves se déroulent-ils ?
Cela dépend de qui je rêve ! (Rires.) Ou bien des gens qui sont autour de moi. S’ils parlent en anglais, je rêve en anglais. Si ce sont mes sœurs, je rêve en danois (elle a la nationalité danoise, NDLR). Si c’est ma mère, je rêve en dari. Quand je faisais la sieste après l’entraînement au PSG, c’était en français.

Le documentaire dont vous faites aujourd’hui l’objet présente une succession de vos rêves. Celui de gagner des titres en tant que joueuse, de terminer vos études de médecine pour devenir chirurgienne reconstructrice et surtout, de revoir le pays de votre petite enfance : l’Afghanistan. Ce sont ces rêves qui vous font avancer dans la vie ?
(Émue.) Oui, je le pense ! Les rêves sont ces choses lointaines que l’on a en face de soi et que l’on veut absolument atteindre. C’est à travers eux que je repousse mes limites et qui me donnent la direction vers laquelle je veux aller.

« Je voulais voir si l'Afghanistan ressemblait encore à l’image que j’en garde dans ma tête. »

Dans ce film, on apprend que vous souhaitez retrouver et déterrer les médailles de votre père qui fut général dans l’armée afghane avant d’être tué par les talibans. C’était il y a deux décennies et cela a précipité votre fuite du pays, en compagnie de votre mère et de vos quatre sœurs. Comment cette idée vous est-elle venue ?
Elle germait dans mon esprit depuis des années. De mon père, il ne reste plus que trois choses aujourd’hui : un stylo en or, un chapelet de prières et un costume. Chacune de mes sœurs a hérité de l’un de ces objets et je voulais moi aussi posséder quelque chose qui avait appartenu à mon père. Mais derrière la symbolique des médailles militaires, il y avait quelque chose de plus profond...



Revoir le pays de votre enfance, dans lequel vous avez vécu jusqu’à vos douze ans.
Voilà, et je voulais voir s’il ressemblait encore à l’image que j’en garde dans ma tête. Ç’aurait également été l’occasion de refermer un chapitre de ma vie qui est désormais derrière moi, de pouvoir lui dire correctement au revoir.

Dans votre famille, seule votre mère y est retournée, à deux reprises, depuis votre départ. Vous avez pensé à embarquer vos sœurs dans ce projet ?
J’en ai parlé à certaines, tout le monde trouvait que c’était une bonne idée, mais ce qui a coincé, ce sont les conflits d’agendas. À cause de mon emploi du temps chargé au PSG, je n’aurais pu me libérer que quelques jours pendant la trêve hivernale (2020-2021, NDLR), ç’aurait été un déplacement express, or nous aurions aimé prendre le temps de vivre ce moment toutes ensemble. Peut-être y arriverons-nous à l’avenir, qui sait... Mais avec le récent retour des talibans au pouvoir, je ne suis pas optimiste pour le moment.

Hélas, on apprend vite que l’organisation de ce voyage se révèle très périlleuse. L’expression « faire profil bas » est d’ailleurs martelée à répétition. Cela a dû être très frustrant.
En effet, car je déteste que l’on me dise ce que je peux ou ne peux pas faire. Et là, tout le monde me disait que ce serait impossible et je voulais leur prouver qu’ils avaient tort. Sauf que je ne pouvais pas réfléchir égoïstement parce qu’il n’en allait pas que de ma propre sécurité, mais aussi de celle du groupe qui m’aurait accompagnée. Donc oui, c’était frustrant, mais en même temps, c’était paradoxal parce que je suis afghane et que je ne peux pas retourner chez moi. Je ne me serais jamais imaginée que ce serait aussi compliqué.

« Je ne sais pas exactement où se trouve mon identité, mais ce dont je suis certaine en revanche, c’est que l’Afghanistan fait partie de moi et que ce sera toujours le cas, que je le veuille ou non. »

L’Afghanistan fait-il encore partie de votre identité aujourd’hui ?
J’ai été élevée au Danemark, mais j’ai le sentiment d’être partout chez moi, que ce soit aux États-Unis, en France, peu importe. Je ne sais pas exactement où se trouve mon identité, mais ce dont je suis certaine en revanche, c’est que l’Afghanistan fait partie de moi et que ce sera toujours le cas, que je le veuille ou non. Je suis née là-bas, je ne peux pas tourner le dos à ce que je suis.

Qu’est-ce qui vous vient en premier à l’esprit quand vous repensez à ce pays ?
Difficile à dire... Peut-être des odeurs. Celle du melon par exemple. C’est en Afghanistan que l’on trouve les meilleurs melons du monde et c’est encore mon fruit préféré. Mais dans le même temps, je pense inévitablement à l’odeur du sang, à celle du cadavre de mon oncle qui a presque entièrement brûlé après des tirs de roquettes. Mon expérience est faite de contrastes extrêmes. Tout n’était pas bon et tout n’était pas mauvais, c’est un mélange de choses belles et horribles.

Vous avez le sentiment d’avoir une mission à accomplir désormais ?
(Elle réfléchit.) Non, je ne dirais pas ça. C’est difficile à expliquer. Une mission, c’est quand on a un objectif et que l’on met en place tous les moyens possibles et imaginables pour l’atteindre. Pour ma part, je sais que je veux retourner un jour en Afghanistan, mais je dois faire avec la réalité du terrain. Je sais que cela finira par arriver, mais cela ne peut pas se faire n’importe comment et à n’importe quel prix.

Quel type de projet aimeriez-vous y développer ? Plutôt médical ou footballistique ?
Bonne question. Je crois qu’aujourd’hui, la priorité, c’est l’éducation et la santé. Si les enfants obtiennent ces deux choses-là, on pourra ensuite réfléchir à implanter doucement des initiatives à caractère sportif.



Comment êtes-vous entrée en contact avec la réalisatrice, Anissa Bonnefont ?
Tout a commencé avec des messages privés que m’a envoyé une scénariste (Edith Chapin, qui a coécrit le documentaire, NDLR). Des messages comme ça, j’en reçois des tonnes chaque jour et généralement, je n’y donne pas suite, mais Edith revenait constamment à la charge en insistant, et je me suis dit « Wow, elle est vraiment motivée ! » On s’est donc rencontrées, en compagnie de Myriam (Weil, la productrice, NDLR) et Anissa. Ce que j’en retiens, c’est d’abord une rencontre humaine et qui a été déterminante pour la suite du projet. Je ne connaissais pas Anissa, pas plus que son travail (elle a notamment réalisé le documentaire Wonder Boy en 2019, lequel a été nommé aux Césars l’année suivante, NDLR), mais c’est sa personnalité authentique et les échanges que nous avons menés qui m’ont convaincue de faire ce film avec elle. Le tournage devait durer six mois, mais la situation que l’on connaît l’a considérablement rallongé. Il n’empêche que cela reste une très bonne expérience. Aujourd’hui, Anissa connaît ma famille aussi bien que moi, et je sais que c’est quelqu’un dont je resterai proche tout au long de ma vie.

Il y a trois ans, votre autobiographie sortait dans les librairies danoises. Quelles différences y a-t-il entre cet exercice et celui du documentaire filmé ?

Quand on est face caméra, c’est plus difficile de cacher ses émotions que quand on les couche sur le papier. Par exemple, quand je pleure, je pleure vraiment, et on le voit. Le documentaire renvoie donc un portrait qui est plus authentique, sans filtre. Si vous lisez le bouquin, vous aurez peut-être une image de moi qui sera différente de ce que je suis en réalité. Et ce format-là permet de rajouter beaucoup plus de détails, tandis qu’avec les contraintes de longueurs inhérentes à un documentaire, il faut être capable de parfois lire entre les lignes.

« Pour ma mère, devenir médecin, c’est plus important qu’être footballeuse, une réflexion typique de la culture asiatique ! »

Dans le documentaire, alors que vous êtes sur le point d’entamer votre dixième semestre de médecine, le PSG est encore en course pour remporter le titre de D1 française. Votre contrat expire à la fin de la saison, et votre maman vous dit : « Allez, ça suffit. Finis ton cursus et trouve un boulot à l'hôpital. »
(Rires.) De mémoire, ma mère m’a toujours dit ça quand mon contrat arrivait à échéance. Je crois que c’est parce qu’elle a toujours vu le foot comme un hobby et qu’elle aimerait m’avoir proche d’elle à la maison. Et puis pour elle, devenir médecin, c’est plus important qu’être footballeuse, une réflexion typique de la culture asiatique !



L’une des matières au programme de ce dixième semestre était la psychologie. Le tournage a-t-il constitué une forme de thérapie pour vous ?
Je ne crois pas. Même si je peux devenir émotive en évoquant certains sujets, ce sont des choses dont j’ai déjà parlé plusieurs fois par le passé. Je pense qu’il s’agit plus de raconter des faits, une histoire.

Une histoire triste.
Vous pouvez le voir comme une histoire triste, mais le message derrière ce film, c’est comment la surmonter justement, comment faire pour aller de l’avant. Et pour les gens qui verront ce documentaire et sont actuellement dans la situation dans laquelle ma famille et moi étions il y a vingt ans, cela fera peut-être figure de message d’espoir.

« Ce qui m’a le plus effrayée lors du retour des talibans, c’est que les choses soient allées aussi loin en cinq putains de jours et que ces hommes des cavernes ont désormais l’avenir des gens entre leurs mains. »

Le retour des talibans survenu cet été vous a-t-il donné le sentiment de revivre le même cauchemar une seconde fois ?
On peut dire ça comme ça, oui. Ce qui m’a le plus effrayée, c’est que les choses soient allées aussi loin en cinq putains de jours et que ces hommes des cavernes ont désormais l’avenir des gens entre leurs mains. Et je n’aurais jamais imaginé revivre ça un jour. Bien sûr, je ne l’ai pas vécu physiquement cette fois-ci, mais en regardant les nouvelles, je savais ce que ressentait la population. La première fois, les talibans ont débarqué comme un groupe terroriste, cette fois-ci, ils portent un masque, et c’est ça le plus dangereux.

Pendant vos années parisiennes, des scènes de démantèlement de camps de migrants - notamment afghans - par la police ont choqué par leur brutalité. Pensez-vous que la situation des réfugiés s'est aggravée depuis vingt ans ?
(Silence.) Je le crois, oui. Pour moi, c’est le 11 septembre qui a contribué à changer l’image qu’ont certaines personnes vis-à-vis des migrants, en particulier à cause des gens qui utilisent la religion pour tuer. Le sentiment de peur s’est accru, et on fait un amalgame entre des réfugiés, une religion et le terrorisme. On va leur dire que c’est à cause d’eux que les attaques contre Charlie Hebdo ont eu lieu par exemple et qu’on ne veut pas d’eux par conséquent. Et une fois que l’on a établi un lien de causalité entre la migration et la dangerosité, on en oublie que ce sont des êtres humains qui fuient leur pays et qui sont dans le besoin. Mais je ne sais pas quelle pourrait être la clé pour changer cet état de fait. Peut-être mieux éduquer pour éradiquer la peur. En tout cas, je l’espère.



Propos recueillis par Julien Duez Crédit photos : Federation entertainment/Echo Studio.
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