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Marseille-Lyon, pourquoi tant de peine ?

Depuis qu’ils ne peuvent plus rivaliser avec le PSG pour la course au titre, Marseille et Lyon ont chacun trouvé en l’autre la figure réconfortante de « meilleur ennemi » . Et si cette rivalité a pu faire des étincelles ces dernières années, les deux Olympiques se retrouvent ce dimanche pour un choc qui a la saveur d’une réunion des déçus anonymes. Avec la prime à la déprime pour les Sudistes et l’espoir d’un moindre mal européen pour les Gones.

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C’est ce qu’on appelle boxer dans la même catégorie. Pas seulement parce que la dernière rencontre au Vélodrome s’était transformée en une bagarre de village, après que Memphis Depay avait climatisé le stade dans le temps additionnel (2-3). Aussi parce que Marseille et Lyon, les deux Olympiques, les deux faux frères, les deux clubs aux ambitions européennes, ont pris l’habitude ces dernières saisons de marcher côte à côte pour mieux se balancer des coups de coudes. Mais cette année, les performances des uns et des autres devraient presque les inciter à se les serrer. Justement parce que ces ambitions ont pris du plomb dans l’aile. À la même époque l’an dernier, l'OM et l'OL étaient à la lutte pour une place de dauphin du Paris Saint-Germain et comptaient respectivement 18 et 10 points de plus que cette saison après 36 journées. Et si Lyon a encore l’occasion de prendre une belle option sur la troisième place qualificative en C1, Marseille s’apprête quant à lui à faire une croix sur l’Europe. Deux dénouements différents, mais un spleen partagé que devraient se renvoyer tour à tour les deux équipes ce dimanche soir.

Vite, zappons cette saison


Pourtant, la soupe à la grimace est bien plus consistante du côté phocéen. Sixièmes à sept points d’un ticket pour la Ligue Europa, les hommes de Rudi Garcia ne se font plus trop d’illusions quant l’issue de cette saison galère. La défaite à domicile contre Nantes (1-2) et le nul à Strasbourg (1-1) sont passés par là. Si on y ajoute un parcours chaotique en C3, où le dernier finaliste n’a pu gratter qu’un petit point en phase de groupes, rien n’a pu troubler l’ennui de cet exercice 2018-2019. « C’est probablement la saison la plus compliquée de ma carrière, soufflait le coach olympien. On était sur courant alternatif, avec un groupe pratiquement inchangé par rapport à l’an dernier. On n’a pas eu les mêmes attitudes, les mêmes résultats. [...] Que les supporters ne soient pas contents quand ça ne marche pas, c’est logique aussi, mais on en parlera aussi à l’heure du bilan. » Et ce n’est pas la perspective de retrouver Lyon, contre lequel Garcia reste sur sa pire série depuis qu’il est sur le banc de l’OM (4 défaites consécutives), qui aura de quoi le réjouir.


Mais puisque plus grand-chose ne permettra de les bonifier, la direction a déjà commencé à faire les comptes. Notamment Jacques-Henri Eyraud, « extrêmement déçu » , qui prévoit déjà un grand coup de pied dans la fourmilière. « Les joueurs ont évidemment une grande responsabilité, c’est eux qui sont sur le terrain et qui décident ou pas de faire passer l’intérêt collectif au-dessus des intérêts individuels, sermonnait le président marseillais. Avec la saison qu’on a connue, on procédera à des changements importants pour rebondir et afficher un autre visage. Les maîtres mots seront le respect de l’institution et la responsabilité qu’on doit ressentir en portant ce maillot, parce que ce n’est pas un maillot comme un autre, ce n’est pas un club comme les autres. » Cependant, les sanctions ne tomberont pas tant que tout ne sera pas encore perdu mathématiquement. Et la défaite de Saint-Étienne contre Montpellier ce vendredi laisse une fenêtre aux espoirs de l’OM pour la Ligue Europa... ainsi qu’à ceux de Lyon pour s'assurer une présence en Ligue des champions.

Un dernier zeste d'orgueil


Dans la capitale des Gaules, la balance est plus compliquée à faire. Le parcours européen a tout de même procuré de belles émotions face au cador qu'est Manchester City, voire le FC Barcelone. Mais ces coups d’éclat apparaissent rétrospectivement comme des cache-misère, entre la déroute en Coupe de France et les déconvenues en championnat qui ont fini par être fatales à Bruno Genesio. Un entraîneur qui cherche surtout à laisser son OL là où il l’avait récupéré, c’est-à-dire en C1. Un objectif qui passe par un résultat au Vélodrome. « On s’attend à un match difficile. Ce n’est pas une question d’avoir moins de stress négatif. Sur un match comme ça, la pression doit toujours être positive, car c’est une grande affiche de la L1 » , assurait le coach des Gones. Une affiche qui pourrait être un exutoire pour ces deux équipes finalement plus frustrées qu'autre chose.



Et si les tensions en mars 2018 étaient apparues dans le contexte d'un duel au sommet, cette fois-ci elles pourraient avoir un autre goût. « Ça fait partie du folklore, assurait Genesio en se replongeant dans sa dernière visite à Marseille. Mais sur le terrain, je n’ai pas souvenir d’avoir vu des gestes déplacés, des agressions. Il y a du respect des deux côtés, en tout cas pour notre part, c’est le cas. Après, c’est un match de haut niveau, de Ligue des champions. On le prépare comme tel. » Du sérieux tout de même, car ce match ressemble à une des dernières occasions pour les deux clubs de mettre un peu de baume aux cœurs. Ce que laisse entendre Jacques-Henri Eyraud : « La priorité, c’est l’union sacrée du public derrière les joueurs, dimanche soir, parce qu’on est face à un adversaire qui regarde avec gourmandise la façon dont on pourrait se tirer une balle dans le pied. C’est un adversaire suffisamment fort pour ne pas lui donner ce qu’il attend. » Comme quoi, tant qu'il y aura de l'orgueil, l'Olympico vivra.

Par Mathieu Rollinger
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