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Corinne Mattei : « Je voulais mettre l’humain au cœur de mon film »

Le 5 mai 1992, Corinne Mattei était seule dans son salon parisien, rue d’Alésia, pour assister à la demi-finale de Coupe de France opposant Bastia et Marseille. Son frère, Christian, 27 ans, était lui à Furiani. Il n’en est jamais revenu. Devenue comédienne et metteur en scène, elle vient de terminer la rédaction du scénario de ce qui sera le premier film sur la catastrophe. À deux heures d’aller se recueillir avec les autres familles de victimes à la stèle commémorative du stade Armand Cesari, elle explique son projet et raconte son 5 mai à elle, 25 ans plus tard.

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Où en est le projet du film ?
Le scénario est écrit. On sait vers quoi on veut aller. Nous sommes deux à la réalisation et à l’écriture : Marie Murcia et moi. Je suis tellement impliquée dans l’histoire que j’avais besoin de quelqu’un qui soit un peu plus neutre que moi. Je commence à chercher une production. Ce sera un moyen métrage, 40-45 minutes. Ça peut aller au-delà mais, financièrement, ce serait compliqué. Même s’il y a une attente d’un long métrage. Donc on verra. S’il y a possibilité de faire un long, on l’envisagera.

Vous avez toujours voulu faire ce film ou c’est venu soudainement ?
C’est vraiment venu d’un coup. Ça m’était trop personnel pour pouvoir penser en faire un film. Ça m’est venu en faisant la rencontre d’un jeune journaliste. Il venait de Marseille pour recueillir des témoignages en vue de faire un livre sur les vingt ans de la catastrophe. En 2012. Quand j’ai fait sa rencontre, j’ai trouvé ça surréaliste. Mes parents avaient refusé de témoigner. Ils ne s’en sentaient pas capables. J’ai dit que c’était hors de question qu’on ne témoigne pas. Pour moi, c’est très important. Du coup, je l’ai contacté. On s’est vu un jour où il ne faisait pas beau. C’était dans un bar sur le vieux port de Bastia. Être dedans, avec ce temps pluvieux, les bateaux en fond comme décors, j’ai trouvé que c’était une situation incroyable. Ce jeune journaliste de 25 ans, qui n’avait pas connu la catastrophe, n’était pas impliqué et recevait une telle charge émotionnelle, des choses tellement personnelles... Même en famille, on n’en parle pas. J’ai trouvé ça touchant et je me suis dit que ça pourrait faire un film. Donc c’est le départ du film : ce jeune journaliste qui rencontre les familles de victimes et qui, dans un flash-back, va remonter le fil et nous faire revivre la journée du 5 mai. Avant la catastrophe.


C’est du fait de cette pudeur très corse qu’il n’y a encore jamais eu de film sur le 5 mai ? On n’osait pas encore ?
C’est un mélange. Il y a cette pudeur, puis c’est tellement délicat : sous quel angle le traiter ? Il y a eu beaucoup de reportages. Vu mon métier, je me suis dit qu’il fallait que je prenne la parole. Que j’étais bien placée, à tous les niveaux. Il fallait que j’expulse ces 25 ans, qu’on doit subir tous les 5 mai avec nos cérémonies. J’avais besoin de l’exprimer autrement. Aujourd’hui, certaines personnes, comme moi, osent enfin en parler. Je pense que tout n’a pas été dit.

« On ne tire pas de réels portraits des victimes. C’est trop compliqué. Il aurait fallu l’accord des familles. Et j’ai peur que ce soit aussi trop brutal pour les gens. On s’inspire évidemment de certains témoignages, mais on a pris l’angle des personnages fictionnels. »

Ces cérémonies, vous les vivez comment ?
Elles sont nécessaires, parce qu’on se recueille tous ensemble et que les gens extérieurs à la catastrophe nous font du bien. Et en même temps, on aimerait bien pouvoir y échapper. L’an dernier, je suis parti de l’église avec ma bougie et ma rose blanche. Je me suis dit : « Mais c’est pas possible. Il ne me reste que ça de mon frère ? » Je me suis dit qu’il fallait que je les fasse revivre d’une autre façon. Toutes ces personnes qui sont parties.

En revanche, les noms seront tous modifiés. Pourquoi ?
On ne tire pas de réels portraits des victimes. C’est trop compliqué. Il aurait fallu l’accord des familles. Et j’ai peur que ce soit aussi trop brutal pour les gens. On s’inspire évidemment de certains témoignages, mais on a pris l’angle des personnages fictionnels.


Pouvez-vous me raconter votre 5 mai 1992 ?
J’étais à Paris. J’étudiais encore à mon école de théâtre, le studio 34. Avant le match, j’ai eu ma mère au téléphone. Mon frère passait dans la rue avec un drapeau. Les voitures étaient décorées. Ses amis et lui, tout peinturlurés. À ce moment-là, tout était bien. Je déteste le foot, depuis toujours. (Elle rit) J’ai encore une raison de plus de le détester aujourd’hui. Mais ce soir-là, exceptionnellement, j’étais devant ma télé pour regarder le match. Parce que je savais que mon frère y allait et que c’était important pour la Corse. C’était ma façon de soutenir mon île. J’ai donc vécu ça en direct. Mais à aucun moment, je n’ai pensé que mon frère était concerné. Je le savais là, donc je pensais qu’il pouvait être blessé. Mais je n’ai jamais pensé au pire. Jamais. Toute la soirée, du moment de l’effondrement de la tribune en direct, j’ai essayé de joindre mes parents. À l’époque, on n’avait pas les portables. Toutes les lignes étaient saturées. J’ai essayé toute la nuit. Je ne pouvais pas joindre la Corse. Je ne peux même pas décrire cette soirée. C’était un cauchemar. Parce qu’on voit sans arrêt les images à la télé en étant coupé de tout.

Quand avez-vous réussi à les joindre ?
Le lendemain. Je ne sais plus exactement quand. Le matin. Je n’arrivais pas à les joindre parce qu’ils ne voulaient pas me parler. Ils ne savaient pas quoi me dire. J’avais les voisins. Ils me disaient que mes parents n’étaient pas là parce qu’ils étaient à l’hôpital près de mon frère, qui était dans le coma. Dans des moments pareils, on gobe n’importe quoi. Je ne me suis même pas dit que c’était étrange que les voisins soient chez moi et mes parents à l’hôpital. On ne réalise rien. Ils m’ont dit de rentrer en urgence, que c’était très grave. Mais ils ne m’ont pas dit que mon frère était décédé. Il y en a qui sont décédés quelques jours après. Mon frère, lui, a fait partie des premières victimes. Le soir même. Je l’ai su seulement quand je suis arrivée à l’aéroport, à Poretta, et que mon père est venu me chercher.

« C’est un film qui se veut rythmé et très joyeux. Comme l’était la journée. Toute la journée c’était ça : se préparer à faire cette fête. »

Que retrouve-t-on de votre expérience personnelle dans le film ?
Ce n’est absolument pas un film dramatique. Je veux un film qui retranscrit la vie de tous les jours. Ce jour-là, c’était la joie qui prévalait, pas du tout la tristesse. Parce qu’on ne savait pas ce qui allait se passer. Je me suis donc inspirée de moments de vie dans les bars. Mon père avait un bar à Toga à l’époque. Je connaissais bien ces ambiances-là. À l’époque, on installait les postes de télévision dans les bars et tout le monde y attendait le match. J’ai retranscris ces scènes-là, qui prêtent souvent à sourire, à rire. Elles sont importantes dans le film : pour montrer la joie et la légèreté jusqu’à l’arrivée du drame.


Ça rappelle un peu Bloody Sunday de Paul Greengrass, qui montrait l’effervescence à Derry avant la fusillade.
C’est ça. C’est un film qui se veut rythmé et très joyeux. Comme l’était la journée. Mon frère ne faisait que dire : «  On va faire la fête. » Toute la journée c’était ça : se préparer à faire cette fête.

On a parfois l’impression que certains médias ou instances françaises se sentent un peu détachés de la catastrophe. Parce que c’est arrivé en Corse. On connaît la puissance du cinéma. L’idée, c’est aussi de faire prendre conscience à tout le monde du drame ?
Oui, parce que ça s’est passé en Corse et pas sur le continent. C’est pour ça qu’on a voulu faire reconnaître ce drame comme national et pas comme un drame insulaire. Ça a touché des journalistes marseillais, pas que des Corses. Donc c’est aussi le but. Montrer que ça ne s’arrête pas à la catastrophe. On a assez montré tout ce qu’il y a eu après : le constructeur, les spéculations. Moi, je traite de l’humain. Je voulais montrer l’humain, le mettre au cœur du film, toutes ces personnes différentes qui vont vivre la même chose. Mon frère n’était pas du tout un fanatique. Il n’allait pas au stade régulièrement. Il y est allé parce que c’était un événement particulier. Ce n’était pas forcément des gens qui ne vivaient que par le foot. Ça pouvait être des gens qui n’y étaient jamais allé de leur vie. C’était vraiment la fête. On était tellement fiers du club, que tout le monde y allait. Si j’avais été là, j’y aurais été. J’espère que c’est un film qui fera parler.



Propos recueillis par Thomas Andrei
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