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  2. // Abdication de l'empereur Akihito

« Changer d'empereur, ça marque l'histoire »

Le 30 avril, l'empereur Akihito du Japon, en "poste" depuis janvier 1989, a abdiqué. Hiroki Sakai n'était pas le seul Japonais du football français, on est allés demander à deux de ses compatriotes ce qu'ils pensaient de l'évènement, en passant par Kyoto et un peu de Ranma.

Casting
- Naoto Sawai, 24 ans, milieu évoluant à l'AC Ajaccio, en Ligue 2
- Alpha Kubota, 22 ans, attaquant d'Épinal, en National 2




C'est la première fois en 202 ans que la succession se fait du vivant de l’empereur en place. En quoi cette abdication est historique ?
Naoto Sawai : Pour les Japonais, c’est une année très importante. Quand on change d’empereur, c’est toujours un moment qui marque l’histoire. Le 1er mai, c’était un des jours les plus importants de ces trente dernières années pour nous, parce que l’empereur Akihito a passé le pouvoir à son fils. On est donc sorti d’une ère qu’on appelait « Heisei » , qui veut dire « Paix en devenir » , pour entrer dans l’ère « Reiwa » qui veut dire « Belle harmonie » . Quand on change d’empereur, il faut changer de nom d’ère. C’est la tradition, c’est comme ça.

Alpha Kubota : Ça fait très très longtemps que l’empereur meurt alors qu’il est au pouvoir. On n'a pas l’habitude qu'il parte avant, c’est incroyable. J’ai été surpris, comme beaucoup de monde, mais ça n’est pas quelque chose qui me dérange. S’il a décidé de laisser sa place, c’est qu’il a raison. Cela prouve qu’il pense plus au pays qu’à lui.

Vous êtes tous les deux jeunes, quel est votre regard sur le poids de la tradition au Japon ?
Naoto Sawai : Moi, j’ai 24 ans, et honnêtement, c’est moins important pour moi que pour nos aînés. C’est plus un truc de « vieux » . Après, ça reste important. Tout le Japon était concerné hier par la cérémonie. C’était une immense joie pour tout le monde.

Alpha Kubota : Les jeunes s’en fichent. Je parle avec mes amis qui sont encore au pays, ils ne m’ont jamais parlé d’autre chose que du changement de nom de l’ère. Pour eux, c’est ça qui est important, pas tellement l’abdication de l’empereur, ou l’intronisation de son fils Naruhito.



Vous aimeriez être empereur ?
Alpha Kubota : (Rires.) Non, non ! Ils n’ont jamais de liberté. Franchement, c’est dur pour eux. Ils doivent vouvoyer leur femme et leurs enfants. C’est un langage très soutenu, comme s’ils parlaient pour la première fois ensemble. Ça me perturberait... On n’a pas l’impression qu’ils sont une famille. « Maman, tu peux m’aider ? » Non : « Maman, pourriez-vous m’aider, s’il vous plaît ? » Trop bizarre.

On décrit l’ère Heisei comme une période marquée par une forte progression économique au début des années 1990, l’apparition des tabloïds, des hebdomadaires féminins, du tourisme... Mais ces dernières années, l’économie stagne, sans compter les nombreuses catastrophes naturelles, Fukushima, et un fort vieillissement de la population. Alors, bonne ou mauvaise ère ?
Alpha Kubota : Mauvaise. Il n’y a plus de jeunes au pays. Si l’on pense un peu au futur, ça va être compliqué, ne serait-ce qu’au niveau du football. Les chances de trouver un génie baissent si la population n’est pas jeune. Il y a beaucoup d’hommes célibataires au Japon, également. C’est dur de trouver une femme. Et comment paye-t-on les retraites pour tous ces gens si les jeunes ne sont pas assez nombreux ?

« C’était une très bonne période, pour une raison simple : il n’y a pas eu de guerre. » Naoto Sawai

Naoto Sawai : C’était une très bonne période, pour une raison simple : il n’y a pas eu de guerre. Lors de l’ère précédente, l’ère Shōwa (25 décembre 1926 - 7 janvier 1989), le Japon a connu beaucoup de victimes à cause de la Seconde Guerre mondiale. Certes, il y a eu la catastrophe de Fukushima qui nous a causé beaucoup de douleur, mais ça reste mineur par rapport à avant. Heisei, c’était plus tranquille.

Son fils, Naruhito, s’est vu offrir les sceaux royaux au cours d'une cérémonie où les femmes de la famille impériale étaient exclues. Vous ne trouvez pas que c’est un peu vieux jeu dans un pays si avancé technologiquement ?
Naoto Sawai : Non, c’est normal qu’il n’y ait pas beaucoup d’invités à la cérémonie. Parce que normalement, on ne peut pas voir Naruhito, on ne peut pas le rencontrer. Au Japon, l’empereur est vu comme un demi-dieu.


Alpha Kubota : C’est l’histoire du Japon qui veut ça. Le gouvernement reste très masculin, même si c’est beaucoup mieux qu’avant. Aujourd’hui, il n'y a qu'une seule femme au gouvernement, mais au moins elle existe.

Comment est-ce que vous suivez l’actualité de votre pays depuis la France ?
Naoto Sawai : Beaucoup avec internet, en regardant des vidéos sur Youtube, et je téléphone énormément à ma famille. Le 1er mai, ils m’ont expliqué comment ça s’était passé, comment les voisins réagissaient... C’est un peu dur d’être loin d’eux, mais ça va, on s’y fait.

Alpha Kubota : Je ne suis pas beaucoup ce qui se passe là-bas, ce sont surtout mon père et ma mère qui me tiennent informé de ce qu’il se passe. On se parle tous les jours, donc j’ai des nouvelles fraîches.

Comment se traduit le japonisme dans votre vie quotidienne ?
Alpha Kubota : En France, j’ai remarqué que personne n’enlevait ses chaussures avant de rentrer chez lui. Chez moi, c’est 100% chaussures interdites ! Elles restent devant la porte, et je donne des claquettes à mes invités. Sinon, je mange avec des baguettes, normal, quoi !

Naoto Sawai : Je lis pas mal de mangas, ou je les regarde à la télévision. Tous les Japonais aiment les mangas. Moi ce que j’adore c’est Captain Tsubasa (Olive et Tom, N.D.L.R), un des plus connus. Sinon, des classiques : One Piece, Dragon Ball, Ranma... Mon préféré en ce moment, c’est Kuroko’s Basket.



Alpha Kubota : Les mangas, bien sûr... One Piece et Captain Tsubasa je kiffe vraiment, avec Naruto. Attaque des Titans c’est super aussi, je cherche quelque chose de pas très connu en France... Sword Art Online, c’est cool ! Ça raconte l’histoire d’un garçon, Kirito, qui se retrouve piégé dans une réalité virtuelle, et pour en sortir il faut terminer le jeu. C’est un peu comme Ready Player One, le film de Spielberg.


On est d’accord, les sushis français, c’est de la daube par rapport aux vôtres, non ?
Naoto Sawai : En général, c’est pas terrible. Mais je suis allé dans un restaurant de sushis à Ajaccio l’autre soir, et c’était bon. La différence se fait dans la qualité du poisson. Je viens de Tokyo, où le poisson est très frais, et où l’on peut trouver de toutes les espèces. Ici en Corse, c’est surtout du thon et du saumon, c’est un peu dur. Mais je vous assure que les sushis français ne sont pas les pires, ça reste correct.

Alpha Kubota : Totalement d’accord, c’est la qualité du poisson qui fait la différence. On sous-estime aussi souvent l’importance du riz, alors que c’est très important. Au Japon, on peut attraper un bon sushi trempé dans la sauce avec des baguettes alors qu’ici, en France, le riz se délite. Ça se casse. Je viens aussi de Tokyo, là-bas on peut manger du sushi de baleine, de maquereau, de poulpe...

On a fêté récemment les 30 ans de la Game Boy, invention japonaise. Vous avez un souvenir personnel à partager ?
Naoto Sawai : Je jouais aux jeux vidéo, mais je suis trop jeune pour avoir connu la Game Boy, c’était plutôt sur la PSP. J’étais accro aux jeux de baseball et surtout à Winning Eleven (nom japonais de PES).


Alpha Kubota : Ma première console ! Mario Kart Super Circuit, j’y ai passé des heures. Même Pokémon, hein, je les ai presque tous, mais mon préféré reste Émeraude.

C’est quoi les différences entre Épinal, Ajaccio et Tokyo ?
Naoto Sawai : Les falaises. Au Japon, j’habite à Tokyo, une ville où il y a beaucoup de monde. Ici, place est faite à la nature. Il y a la plage, la mer, le sable... à Tokyo, la mer n’est pas belle, et personne ne va se baigner dedans. Sans parler du soleil, ici j’adore, il fait tout le temps beau.

Alpha Kubota : Partout au Japon, il y a des petits magasins ouverts 24h/24, on appelle ça des konbinis. Tu peux trouver tout ce que tu veux là-bas, des céréales le matin, des boissons, des casse-croûtes pour midi... Ça, ça me manque, ici tout est fermé à partir de 20h. Et puis, il y a moins de monde à Épinal qu’à Tokyo...
« Épinal, au niveau du paysage, c’est pas dégueulasse. On a des vieux bâtiments traditionnels, ça me fait penser à Kyoto. » Alpha Kubota
En revanche, au niveau du paysage, c’est pas dégueulasse. On a des vieux bâtiments traditionnels, ça me fait penser à Kyoto. Dans la capitale, tous les bâtiments ou presque sont reconstruits après vingt ans. Tout est neuf. Par exemple, Notre-Dame est plus vieille que Tokyo, c’est ça que je trouve bien ici.


Et pour ce qui est du sportif, vous êtes dans des situations opposées : l'ACA se bat pour son maintien en Ligue 2, alors qu'Épinal joue la montée en National...
Alpha Kubota : Oui, mais ça va être compliqué, parce que Créteil est déjà loin. On verra...

Naoto Sawai : Je suis arrivé l’été dernier, ma première fois sur un terrain, c’était dur... Le football français est beaucoup plus physique que le japonais, mais petit à petit, ça va de mieux en mieux ! Au niveau du club, il faut qu’on fasse attention. Demain (Hier en réalité, contre Orléans, N.D.L.R) il y a match, c’est très important pour l’ACA. Il faut qu’on gagne (l'ACA a gagné 1-0, N.D.L.R) !

Propos recueillis par Théo Denmat
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