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  • So Foot #210
  • Entretien

Raphaël Varane : « Prendre la parole tout seul sur les droits humains, ce n’est pas facile »

SF
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Raphaël Varane : « Prendre la parole tout seul sur les droits humains, ce n’est pas facile »

Défenseur dans l’âme.

À l’occasion d’une rencontre à Manchester avec Lola Schulmann, chargée de plaidoyer pour Amnesty International France, Raphaël Varane a pu disserter sur la place des footballeurs dans les débats sociétaux et leur engagement en faveur des droits humains. Et pour l’homme aux 93 sélections en équipe de France, c’est la nécessité de le faire collectivement qui donne de l’écho à leurs prises de position. « Pour un joueur, prendre la parole tout seul sur ces sujets-là, ce n’est pas facile. Déjà, parce qu’on sort de notre zone de confort. Tout ce qui est dit peut être surinterprété, mal interprété, déformé, déplore le Nordiste. C’est aussi pour ça qu’on a créé Génération 2018 (le fonds de dotation des champions du monde français, NDLR). Dans ce cadre, on ne botte pas en touche comme on peut le faire en conférence de presse quand, à la veille d’un match important, on nous pose une question sur des sujets extrasportifs. Génération 2018 nous permet de nous exprimer plus librement et de rester concentrés sur le foot quand on est en club ou en sélection. On a deux costumes et c’est ce qu’on est : des footballeurs professionnels d’un côté, des citoyens de l’autre. » Le défenseur mancunien et ses camarades de Génération 2018 sont passés des paroles aux actes, en soutenant Kabubu, une association qui a pour mission de faciliter l’inclusion des réfugiés par le sport.

Cependant, le trentenaire note que ses cadets reprennent le flambeau sans problème. Les réactions de Koundé, Tchouaméni et Mbappé après la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre, en sont la preuve. « Pendant des années, avec Paul (Pogba), j’avais le rôle de relais entre deux générations. On a pu voir une vraie évolution. Au début de ma carrière, les réseaux sociaux n’étaient pas ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Là, on vit dans un monde qui va très vite. Il y a certains combats sur lesquels il ne va rien se passer pendant des années, et du jour au lendemain, cela va devenir central. Cette indépendance prise par les joueurs, cette volonté de ne plus suivre uniquement la communication du club, ça ne peut être que bénéfique. »

Un entretien à retrouver ce jeudi dans le nouveau numéro de So Foot.

Perfect Imperfection : quand Éric chantona

SF

Propos recueillis par Mathieu Rollinger. Photo : Duncan Elliott pour So Foot.

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