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Balakov : « Matthäus n'a pas besoin de conseil »

Il était le meneur de jeu de la fameuse équipe bulgare qui a assassiné la France un soir de novembre 1993 et qui a fini quatrième du Mondial américain. Il était le régisseur du Sporting Portugal de Queiroz et Mourinho, et a marqué la Bundesliga de son empreinte, du temps où il sévissait au VfB Stuttgart. Aujourd'hui, Krassimir Balakov dirige le club croate du Hajduk Split. Ce qui ne l'empêche pas d'être très prolixe sur son équipe nationale ainsi que son coach, un certain Lothar Matthäus.

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Vous pensez quoi de l'équipe de Bulgarie ?


Depuis 3-4 ans, il y a une nouvelle génération qui émerge, beaucoup de jeunes joueurs. Ce n'est pas facile à gérer. On a besoin de patience, de constance. Il faut que des automatismes se créent. On planifie sur le long terme. Même si on ne se qualifie pas pour l'Euro, ce n'est pas grave; on a un plan à suivre, et on s'y tiendra.

En parlant de l'Euro, quelles sont vos chances de qualification ?


Il nous reste trois matchs, on a six points de retard... On doit gagner tous nos matchs, on ne peut pas se permettre de faire ne serait-ce qu'un match nul.

La Bulgarie peut-elle gagner contre l'Angleterre ?


Pourquoi pas ? Depuis que Lothar Matthäus est là [depuis septembre 2010, ndlr], nous n'avons perdu qu'un match amical, je crois [deux, ndlr]. Il y a une évolution positive. L'Angleterre, ça arrive à point nommé. C'est plus qu'une équipe, c'est une force. Ce sera un très bon test pour nous, pour voir où nous en sommes. Je le répète, mais la Bulgarie a un plan, et c'est avec Matthäus. C'est un très bon choix pour la Bulgarie.

Quelles sont les forces de cette équipe bulgare ?


Même s'il y a actuellement un changement de génération, il reste quand même des leaders, des gars qui jouent dans des clubs de haut niveau. Je pense notamment à Stilian Petrov (Aston Villa), Martin Petrov (Bolton Wanderers), Nikolai Mihaylov (Twente) [fils de l'ancien portier Borislav Mihaylov, ndlr], ou encore Blagoy Georgiev. Chez les jeunes aussi, il y en a qui se distinguent, comme Ivelin Popov. Le plus important reste que Matthäus arrive à construire quelque chose avec eux. Pour l'instant, il y arrive plutôt bien, il a apporté de la discipline, et essaye d'insuffler un véritable esprit d'équipe. L'équipe s'est stabilisée depuis quelque temps, c'est quand même grâce à lui, à son autorité. Il faut que l'on gagne contre l'Angleterre, ça peut devenir notre match-référence, comme ce fut le cas contre la France, en novembre 1993. Notre génération avait besoin de ça, et c'est arrivé, heureusement.

Qu'en est-il de Dimitar Berbatov ?


Dimitar, ça fait plus d'un an qu'il ne joue plus pour l'équipe nationale. Il y a eu beaucoup d'hésitations, il a failli revenir, mais au final, il n'est pas sorti de sa retraite. Nous respectons sa décision, mais maintenant, il nous faut aller de l'avant. Je vous le rappelle, on a un plan à suivre.

Quels sont les points faibles de l'équipe ?


Comme je l'ai dit avant, il y a un changement de génération. Cette équipe a besoin de temps. Par exemple, derrière, ce n'est pas ce qu'il y a de plus solide, mais c'est normal: tu ne peux pas corriger ça simplement à l'entraînement. Il faut que les joueurs jouent régulièrement en club, et qu'ils évoluent souvent ensemble en équipe nationale.

Comment peut-on décrire le style de jeu de la Bulgarie ?


Je pense qu'on peut parler de jeu offensif contrôlé. Aujourd'hui, nous jouons de façon plus compacte, avec plus d'ordre et de discipline. Ça nous a pas mal manqué par le passé, mais maintenant, avec Matthäus, ça devrait mieux se passer.

Vous le connaissez bien, Lothar Matthäus ?


Je le connais personnellement, oui, de l'époque où je jouais en Bundesliga.

Ça arrive qu'il vous appelle et qu'il vous demande quelque chose, des conseils... ?


Lothar Matthäus n'a pas besoin de conseils. Maintenant, il se trouve qu'on est souvent en contact, parce que l'entraîneur adjoint de la Bulgarie [Ilia Grouev, ndlr] est aussi mon entraîneur adjoint ici, à Split.

Vous n'avez jamais été tenté de diriger la sélection nationale ? Avez-vous déjà été approché ?


Avant que Matthäus n'arrive, j'ai eu trois, quatre possibilités de le faire, mais j'estimais que ce n'était pas le moment, que mon heure n'était pas encore arrivée.

Pourquoi ? Par manque d'expérience ?


Non, du tout, ce n'est pas une question d'expérience. Ça fait sept ans que je suis entraîneur. C'est juste que ce n'est pas mon monde. Je préfère le travail quotidien au sein d'un club. Le métier de sélectionneur, c'est plus complexe. Tu prends des responsabilités au nom du pays que tu diriges. Ce n'est pas pour moi, pour l'instant. Je n'ai pas envie de ça.

Y a-t-il un nouveau Balakov ?


C'est difficile comme question. On ne peut pas vraiment comparer, c'est une tout autre génération. Il n'y a pas de nouveau Balakov, pas de nouveau Stoichkov, de nouveau Lechkov, de nouveau Penev, de nouveau Kostadinov... Il nous faut trouver de nouveaux joueurs dans cette génération, qui ont d'autres qualités.



Propos recueillis par Ronan Boscher

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