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Yuri on Ice

Par Maxime Brigand
Yuri on Ice

Recruté cet été pour souffler derrière les oreilles de Layvin Kurzawa, Yuri Berchiche a prouvé en 207 minutes passées sur les pelouses de Ligue 1 qu’il avait les épaules pour bousculer l’international français.

Comme un dompteur au style vestimentaire aléatoire agitant un steak devant un félin, Unai Emery connaît son numéro. Ses codes, le Basque les avait couchés sur la table en août 2016, à la veille de recevoir le premier coup de griffe de son aventure parisienne à Monaco (1-3). Mieux, il les avait mimés : les joueurs étant transformés l’espace d’un instant en bouteilles d’eau et les journalistes qui lui faisaient face ce jour-là en élèves du professeur Tournesol. « La concurrence est essentielle pour tirer le groupe vers le haut. Quand tu es énervé et que tu joues, tu as la responsabilité de me montrer que je me suis trompé » , chantait alors Emery à l’aube d’une première saison au PSG où l’ancien entraîneur du FC Séville se sera avant tout astreint à « scanner le club pour voir à quel niveau [il] pouvait lui apporter quelque chose » .

Puis voir Barcelone et mourir. « Il n’y a pas de rendement individuel s’il n’y a pas de rendement collectif. L’inverse est aussi vrai, détaille le technicien dans un entretien accordé à So Foot durant l’été. Lorsque Di María est devenu meilleur l’an passé, toute l’équipe est devenue meilleure. Lors du match contre le Barça, Di María est sorti blessé à la 60e minute. Il n’est revenu que pour le match au Camp Nou. Si ça avait été un autre match, je ne l’aurais pas fait entrer, car il n’était pas totalement rétabli physiquement.(…)Il y a deux ans contre City, le PSG avait déjà été affaibli par les blessures. Pour ça, la solution est simple : il faut qu’on double les postes pour que ces situations ne se reproduisent plus. »

Maxwell ayant enfilé le costume de coordinateur sportif durant l’été, la quête d’une doublure à Layvin Kurzawa a noirci une partie des carnets des dirigeants parisiens. Des flèches dans tous les sens : Alex Sandro, Raphaël Guerreiro et donc Yuri Berchiche, dragué depuis plusieurs mois par le club, mais aussi par Manchester City, Pep Guardiola ayant même envoyé son frère pour ouvrir des négociations avec l’avaleur de couloirs de Zarautz depuis l’hiver 2016. La Real Sociedad déposée en C3, Berchiche pouvait filer l’esprit tranquille à Paris et changer de monde, lui aussi. « Je me sens en capacité d’évoluer avec des joueurs de niveau mondial, même si me retrouver avec eux dans le vestiaire, c’est un rêve. En général, tu joues avec eux à la PlayStation » , lâche-t-il alors dans un premier entretien donné au Parisien à Miami pendant la préparation estivale. Seconde lame quelques semaines plus tard dans la presse espagnole : « Quand je suis arrivé, j’avais un peu peur de voir où j’allais tomber.(…)Après quelques jours, ces premiers doutes se sont effacés. C’est un vestiaire normal. » Le reste appartient à Emery.

Les caresses pour Kurzawa, le précédent Meunier

On connaît la musique. Si le Basque affirmait au début de son mandat qu’avec lui, « tout le monde repart de zéro » , comme si Nkunku pouvait regarder Verratti dans les yeux, les faits ont montré qu’Emery ne bouscule que rarement ses pions, même si l’exemple de Thomas Meunier grillant Serge Aurier sur le marathon que représente un championnat ne doit pas être mis de côté. La titularisation de Thiago Silva à la place de Presnel Kimpembe mercredi soir face au Bayern (3-0) a prouvé que certains statuts restent difficiles à faire sauter. Cet été, pourtant, Berchiche n’a pas mis de masque et a lancé dès son arrivée qu’il ne venait pas à Paris pour les musées : « Non, je ne me vois pas comme un numéro deux. Je suis là pour être en concurrence avec lui pour le bénéfice de l’équipe. Mais je veux aussi apprendre de Kurzawa, car je considère que c’est l’un des meilleurs latéraux du monde aujourd’hui. »

Au-delà des questions de perspectives, Yuri Berchiche n’est pas du genre à fermer sa gueule comme son passé – une suspension pour le Mondial et l’Euro des moins de 17 ans qu’il devait disputer avec l’Espagne il y a quelques années après des menaces balancées au visage d’un arbitre – l’a déjà écrit. Le bonhomme a 27 ans, a refusé de rejoindre la sélection algérienne – son père est algérien, sa mère basque –, n’avait pas forcément envie de venir au PSG, mais avoue savoir qu’il n’allait « pas jouer dès le début » . Sa prestation à Metz (5-1) avait convaincu, celle contre Montpellier (0-0) samedi dernier un peu moins, mais l’idée que Berchiche revient progressivement à hauteur de Kurzawa fait son chemin, l’Espagnol étant plus sérieux défensivement et au moins aussi influent offensivement. La réception de Bordeaux – pour laquelle le joueur formé à Tottenham devrait être titularisé – doit en être une nouvelle preuve. Emery ne dit pas autre chose : « Yuri est venu pour cette concurrence. Il n’y a que comme ça qu’on peut peut tirer la meilleure performance des joueurs. » Des problèmes de riches, définitivement.

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