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Vilanova : Une succession si difficile ?

Par Thomas Goubin
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Vilanova : Une succession si difficile ?

Depuis qu'il a pris les rênes du Barça, Tito Vilanova serait presque plaint. Sa mission relèverait de l'impossible : dépasser l'acmé guardiolesque ou, tout du moins, faire perdurer cette domination, toutefois relative, puisque les Blaugrana viennent de terminer une saison sans C1 ni Liga. L'histoire indiquerait pourtant que Messi est au moins aussi déterminant que Guardiola.

Au moment de disputer son premier titre, la Supercoupe, le novice Vilanova peut, s’il en avait besoin, se tranquilliser en se penchant sur la tectonique des bancs de touche des équipes qui ont, elles aussi, marqué leur époque. Une constante : les ères hégémoniques ne se confondent pas avec un unique magistère. Ainsi, si Rinus Michels a posé les bases de football total qui dévastera l’Europe, il s’en est allé de l’Ajax dès 1971. Une C1 en poche, il partira professer à… Barcelone. Tiens donc… Après Michels, c’est le Roumain Stefan Kovács qui prend le relais sur le banc de l’Ajax, et remporte deux nouvelles C1. Rien de moins. Même dynamique au Bayern Munich, qui prend la suite de l’Ajax au sommet du football européen lors des seventies. Arrivé en 1970, le grand organisateur Udo Lattek se charge de transformer l’erratique institution bavaroise en une machine à gagner des titres. Trois Bundesliga de rang, auxquelles il ajoute une C1, la première du club, en 1974. Puis Udo s’en va. Dettmar Cramer lui succède et hérite d’une équipe réglée comme du papier à musique. Deux nouvelles Coupes des champions tombent dans la vitrine à trophée des Bavarois.

Messi irremplaçable, Guardiola non

Ajax ou Bayern, les hommes en survêts ou en costard changent, pas les leaders opérant en short. Ainsi, le règne absolu hollandais se confond avec les leçons de classe données par Sa Majesté Johan Ier. Quand Cruyff s’exile, l’Ajax décline. La domination bavaroise coïncide, elle aussi, avec les années fastes d’un joueur référence : Franz Beckenbauer. Ces précédents pousseraient à conclure que si Barcelone avait perdu Messi, les Culés pourraient légitimement s’inquiéter, tandis que le départ de Guardiola, même s’il a sans doute tiré le meilleur et même plus de ses joueurs, n’annonce pas forcément un déclin. Chaque cas est certes singulier, mais, s’il est évident que l’exigent Catalan a sans doute enrichi le répertoire du meilleur joueur du monde, il aurait sans doute moins gagné, voire rien du tout, sans les fulgurances salvatrices de l’Argentin.

Vilanova, innover a minima

La victoire appartient aux joueurs. Cette même conclusion s’impose, à scruter les feuilles de matches des cinq finales remportées de rang par le Real Madrid (1956-1960). L’immense Alfredo Di Stefano tient bon la barre, tandis que trois entraîneurs se succèdent sur le banc merengue. Autre équipe d’époque, le Milan AC de Sacchi a bien tout gagné avec le Mage à sa tête, mais il avait aussi commencé à perdre avec lui (1991). L’équipe se trouvait en fin de cycle, essorée par le pointillisme de son entraîneur. L’âge moyen des joueurs de Barcelone, moins avancé que celui des Rossoneri double champions d’Europe, devrait préserver les Catalans de cet écueil, même si l’usure du pouvoir menace toujours après autant de campagnes victorieuses. Vilanova se trouve sur de bons rails. Ceux placés par Guardiola. En bon ex-adjoint, il ne devrait dévier du chemin tracé par son prédécesseur qu’au compte-goutte. Pour triompher, il pourra surtout compter sur le talent des Messi, Iniesta et Xavi. Des joueurs qui ont déjà marqué leur temps, comme Guardiola sur le banc.

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Par Thomas Goubin

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