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  • Tunisie-France (1-1)

Une France complètement gauche

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Une France complètement gauche

Match nul. Dans tous les sens du terme. Un partout et une impression de grand n'importe quoi. Le jeu penche encore plus à gauche que Besancenot. L'équipe est toute déséquilibrée, la défense fragile et Valbuena porte le numéro dix. C'est n'importe quoi, et c'est justement pour ça que les joueurs de l'EDF pourraient bien faire quelque chose...

France-Tunisie, c’est parti. Un seul changement par rapport au Costa Rica: Hugo Lloris dans les buts. En clair, une onze-type se dégage dans l’esprit de Domenech et donc au coup d’envoi: Lloris – Evra, Abidal, Gallas, Sagna – Toulalan, Malouda, Gourcuff – Ribéry, Anelka, Govou. Soit. En face, la Tunisie évolue en 451, avec Jemaa, l’attaquant de Lens, en pointe. Patrice Evra prend son rôle de capitaine très au sérieux et gueule comme un malade les paroles de la Marseillaise. L’un des trucs à suivre dans cette rencontre, c’est la condition et le niveau de jeu de William Gallas. Il est prévu que le joueur d’Arsenal joue une heure. C’est long une heure. Une minute de silence en la mémoire de Philippe Seguin, né à Tunis, précède le coup d’envoi. La France joue toute en bleu, ce n’est pas très joli. Punition, avec ce but tunisien dès la première incartade des locaux. Les Aigles de Carthage attaquent, sur le flanc droit français, évidemment. Darragi efface, Ben Khalfallah centre au nez et à la barde d’un Gallas pris au dépourvu, c’est long une heure, et Jemaa tacle le ballon dans les buts. Bim, un but dans le cul de la France, et ça frôle la correction juste après. Ben Khalfallah, lancé dans le dos d’Abidal, part au but. Deux contre un pour les Tunisiens, ça pue le deux à zéro, mais Ben Khalfallah foire sa passe… L’équipe de France cherche à revenir au score, le plus rapidement possible, et donc un peu n’importe comment. Ribéry dribble et frappe directement dans le petit filet extérieur. La Tunisie cherche à enfoncer le clou. Ben Khalfallah, encore lui, entame un raid via un petit pont sur la Toul’, file au but et frappe de loin, à coté. Marquer contre l’équipe de France est assez simple. Toulalan est le seul milieu défensif pur, il évolue seul dans l’axe. Malouda et Gourcuff sont censés couvrir les côtés mais ils sont toujours un peu trop haut. Ce n’est pas nécessaire d’attaquer toujours à cinq les gars… Et quand en plus les latéraux s’en mêlent… (contre-)attaquer contre les Bleus devient un jeu d’enfants.

Offensivement, ce n’est pas ça non plus. Les Bleus se marchent trop sur les pieds, ça manque d’espace, de profondeur à prendre. Anelka est clairement emmerdé seul en pointe, trop loin du jeu, trop contraint d’attendre que le ballon vienne à lui… s’il vient. Résultat, la France joue en 4-6-0, voire en 2-8-0. Ribéry accélère, repique, et re-frappe à l’extérieur des filets. Sur une percussion individuelle, un coup de pied arrêté, ou une merde du goal tunisien, on sent bien que la France va revenir, mais qui sait si la Tunisie n’aura pas le temps d’en coller un deuxième aux Français. 25e minute, frappe toute nase de Govou. On en avait oublié qu’il jouait, tiens. Coup franc bien tiré de Malouda, nouvelle frappe de Ribéry, le douzième tir français de la rencontre… Anelka lui, n’est toujours pas utilisé. Le jeu tricolore est plus que brouillon. Il consiste à remonter la balle à coups de touches de balle trop nombreuses et de passes inutiles avant qu’un des offensifs, le plus souvent à gauche, le plus souvent Ribéry, n’accélère la tête dans le guidon… Au final, avec bien moins de possession de balle, mais bien plus d’espaces à exploiter, la Tunisie s’est montrée au moins aussi dangereuse que la France…

Le deuxième mi-temps fait place nette aux changements. Planus pour Abidal. Henry pour Ribéry. Le match se délite. Il devient de plus en plus pénible à suivre. C’est évidemment à ce moment-là que la France égalise. Coup franc bien tiré de Gourcuff, Gallas reprend de la tête -enfin de l’épaule- et marque, avant de laisser sa place à Squillaci comme c’était prévu, c’est l’heure de jeu. Gallas a tenu, il devrait être titulaire. Gignac entre pour Anelka. Le match ne ressemble plus à rien. On notera cependant une fois encore la bonne entrée de Diaby au milieu de ce marasme… Et cette fois, Valbuena n’est pas là pour en profiter…

Place aux enseignements. Déjà, ce serait bien de perdre cette sale habitude de se prendre un but à chaque début de rencontre. En face, ce ne sera pas toujours le Costa Rica ou la Tunisie… Surtout, le jeu penche bien trop à gauche. Il faudrait soit rééquilibrer en passant Ribéry à droite, soit composer un côté droit aussi performant que le gauche. Malouda, Ribéry et Evra se marchent dessus, Gourcuff prend l’axe et Govou se retrouve aussi esseulé qu’Anelka en pointe. C’est un problème. Le jeu offensif ressemble à un poulet sans tête. Un peu comme quand la France jouait en 451, mais en pire, avec un élément offensif mal utilisé en plus, et un milieu défensif en moins. Au moins, le débat sur le système de jeu perd de son importance, quel que soit le schéma, ce sera un peu du pareil au même. Au final, cette équipe fera peut-être quelque chose de potable, ce qui est bien la moindre des choses vu les joueurs qui la composent. Un beau parcours est même tout à fait envisageable, si la conjoncture des astres et surtout les joueurs s’en mêlent. Un peu d’orgueil et beaucoup d’auto-gestion ne ferait pas de mal…

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