- Mondial 2026
À la Coupe du monde, l'arbitrage renoue avec le jeu

Le temps de jeu effectif est en augmentation sur cette Coupe du monde, la conséquence d'une volonté des arbitres de laisser jouer plutôt que d'interrompre le jeu au moindre contact. Plaisant.
C’est une scène banale dans ce Mondial. Au centre du terrain, le Cap-Verdien Telmo Arcanjo s’assoit sur la pelouse du Hard Rock Stadium de Miami en attendant les soins, dans la nuit de ce dimanche à lundi. Fair-play le temps d’un instant, Federico Viñas s’essaye à des quelques manipulations médicales pour soulager les crampes du milieu de terrain. Mais ni une ni deux, le ballon part en contre-attaque et Viñas lâche la jambe de son adversaire du jour pour se joindre à l’attaque de ses partenaires uruguayens. Il n’est peut-être pas à la finition, mais l’Uruguay revient au score. On peut toujours parler du manque de pot de Sidny Lopes Cabral ou de l’opportunisme de Maximiliano Araújo pour expliquer cette action initiée… par l’arbitre. Comme de nombreux collègues, Espen Eskas a décidé de laisser jouer. Le football est sauvé.
Un temps de jeu effectif en augmentation
L’arbitrage n’est pas une science exactement, leurs coups de sifflet sont facilement contestés et contestables et il faut de bons arbitres pour faire de bons matchs et donc une bonne Coupe du monde. Cette édition 2026 démarre bien de ce point de vue. En dehors de quelques erreurs classiques, mais moins compréhensibles avec la VAR (des cartons rouges oubliés, notamment), les autres acteurs du jeu sur le terrain sont à la hauteur. Ils auraient pu être les victimes des pauses fraîcheur, coupant le jeu et le rythme ; c’est tout l’inverse. Clarté, fluidité et surtout décisions dans le sens du jeu permettent à de nombreuses rencontres d’être rythmées et faciles à suivre.

Le meilleur exemple de cette tendance mondialiste vient du temps de jeu effectif. Selon Opta, cette Coupe du monde version 2026 affiche un temps de jeu effectif moyen de 57 minutes et 22 secondes pour des rencontres expédiées en 96 minutes. Au Qatar, c’était 58 minutes 3 secondes de jeu pour des matchs plus longs (101 minutes et 22 secondes), quand la Russie était loin des standards actuels de la compétition (54 minutes et 52 secondes de temps de jeu réel pour 97 minutes). Une légère progression qui n’est peut-être qu’un détail pour vous mais qui, pour le football (et Joyce Jonathan), veut dire beaucoup.
Je trouve que ce sont de bonnes règles. L’arbitre essaie juste de faire son travail le mieux possible.
En dehors de ce constat statistique, c’est surtout visuellement que le plaisir revient. Une sorte d’arbitrage « à l’anglaise » qui force les joueurs à arrêter une comédie que certains savent réciter à merveille dans leurs championnats respectifs. Bizarrement, lorsque les arbitres ne sifflent pas, les joueurs se relèvent plus vite que leurs ombres, tiens, tiens. Les joueurs l’ont observé comme les téléspectateurs. « Je trouve que ce sont de bonnes règles. Il essaie juste de faire son travail le mieux possible », disait ainsi Cody Gakpo après le match nul contre le Japon. Appréciable.
Quel bonheur également de voir un « six mètres » de 20 secondes se transformer en corner et une équipe être temporairement en infériorité numérique après un long moment de gloire pour un joueur qui quitte le terrain en marchant. Certes, il y a déjà 8 cartons rouges depuis le début du tournoi, soit quatre de plus que sur l’intégralité de la compétition en 2022, mais on reste loin des 28 expulsions du Mondial 2010.
Tout le monde est d’accord autour des tables et dans les discussions pour dire que les pauses fraîcheur sont une aberration pour le football. Il semblerait quand même, au milieu de ce grand n’importe quoi motivé par les annonceurs, que les arbitres aient compris que le jeu n’avait pas besoin de plus d’interruptions. Ce sont aussi les consignes venues d’en haut : il faut laisser jouer. Il faut laisser l’avantage quand la faute n’est pas dangereuse. Il faut laisser les grugeurs tenter de gruger. Voilà peut-être un point positif dont les autres compétitions, qu’elles soient domestiques, européennes ou autres, devraient bénéficier après une Coupe du monde qui rappelle paradoxalement que le jeu est plus important que tout le reste.
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