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Yan Diomandé : « Ma vie, c’est prendre des risques »

Ce jeudi, le Real Madrid a sorti les grands moyens (125 millions d'euros tout de même) pour faire de Yan Diomandé sa nouvelle attraction. À 19 ans, l'ailier ivoirien devient le joueur africain le plus cher de l'histoire, alors que le monde ne l'a découvert que cet été. So Foot l'avait interviewé avant le grand saut.
Interview parue initialement en juin 2026 dans le numéro 237 de So Foot.
Cette interview a dû être reportée de quelques jours parce que ta maman a été hospitalisée. Elle vit avec toi à Leipzig ?
Non, elle est en Allemagne parce que c’est mieux pour elle de se faire soigner ici. Sinon, elle vient me rendre visite parfois, mais elle ne veut pas vivre en Europe, elle veut rester en Afrique. C’est dur en ce moment… J’ai pas eu une bonne journée aujourd’hui encore, mais ça va, t’inquiète.
Pour son premier Mondial, en 2006, la Côte d’Ivoire était tombée dans le groupe de la mort, avec notamment l’Argentine et les Pays-Bas. À l’époque, tu étais encore dans le ventre de ta mère, justement.
Ah bon ? Si c’était l’été, oui, c’est bien ça. Je n’ai aucun souvenir d’avoir vu la Côte d’Ivoire en Coupe du monde. La dernière fois, c’était en 2014, mais quel enfant regarde le football à sept ans ? À cet âge-là, tu regardes les dessins animés à la télé, pas du foot !
Tu allais parfois au stade voir des matchs de championnat ou ceux des Éléphants ?
Non, jamais. Je vais y aller quand je vais partir à Abidjan bientôt, regarder jouer mes amis. Mais ce sera ma première fois en tribune. Quand j’étais là-bas, j’étais sur le terrain. Je partais pas regarder jouer les gens. C’est les gens qui venaient me regarder.
Tu habitais où ?
À Abidjan, Yopougon (commune la plus peuplée de la capitale économique ivoirienne, avec plus d’un million et demi d’habitants, NDLR). Je vivais dans un quartier qu’on appelle Sicogi, au milieu d’une grande famille, avec beaucoup de cousins, de cousines, qui sont comme des frères et sœurs. Mais sinon, je n’avais qu’une « vraie » sœur, qui est décédée (il lui a dédiée une poignante tribune en juin dernier, NDLR). Donc je suis le seul enfant de ma mère, désormais. On était une famille de la classe moyenne, enfin, plutôt modeste quoi. Vraiment pas riche, quand même, mais pas trop pauvre non plus, on avait la base, le minimum. Ma mère ne travaillait pas. Mon père, je ne sais pas ce qu’il faisait, j’ai pas eu de lien avec lui. On ne vivait pas dans le même pays. Il était et est toujours en France.
J’étais dans une génération de jeunes où on était tous innocents : on ne faisait que jouer au foot, en espérant pouvoir gagner notre vie avec.
Récemment, quand on t’a parlé de l’intérêt de Liverpool, tu as dit que ton père était supporter des Reds, pour l’ambiance d’Anfield et Steven Gerrard…
C’est pas de mon père que je parlais, mais d’un de mes mentors, avec qui j’ai grandi. Mon père, je sais juste qu’il est fan du PSG.
Yopougon, c’est très dense. Il reste de la place pour jouer dans la rue ?
C’est toujours là ! Il y aura tout le temps le football de rue. Comme tout enfant, j’ai commencé le foot au quartier. Et là, l’idée, c’est d’être repéré, pour intégrer un centre de formation. Il y en a plein à Yopougon. Ça a été mon cas. Après, si tu as la chance d’être bon et qu’on te le propose, tu peux rejoindre une académie pour te former encore mieux. Mais tu dois quitter la famille, parce que les académies où tu peux rester dormir, manger, vivre comme si tu étais à la maison, elles sont très éloignées de la ville. Je devais avoir, dix, onze ans quand j’ai rejoint l’Académie Inter Foot Sud Comoé, à Aboisso (à plus de 100 kilomètres d’Abidjan, non loin de la frontière avec le Ghana, NDLR). Elle n’est pas trop réputée mais ça va, tu dois en avoir quatre ou cinq qui, de là, sont passés pros en Europe. Une fois que tu entres, c’est eux qui prennent tout en charge. C’était bien pour moi, et c’était la meilleure chose pour la famille. Je n’étais pas triste, au contraire, j’étais dans une génération de jeunes où on était tous innocents : on ne faisait que jouer au foot, en espérant pouvoir gagner notre vie avec. Et à 15 ans, on m’a proposé de partir aux États-Unis.

Comment on passe d’Aboisso à Daytona Beach, en Floride, où se situe le campus de la DME Academy, une école de sport d’élite destinée originellement à la formation post-universitaire de basketteurs ?
En fait, j’avais signé un pré-contrat avec Leganés, ce qui veut dire que je leur appartenais. Mais je ne pouvais pas intégrer le club parce que j’étais africain, et pour jouer en professionnel, il fallait attendre d’avoir 18 ans. Comme j’étais mineur, pour continuer ma formation, je sais pas pourquoi, ils ont choisi de m’envoyer aux États-Unis.
Mais comment signes-tu ce pré-contrat avec Leganés ?
Par l’intermédiaire de mon mentor de l’académie en Côte d’Ivoire. J’étais petit, moi, je pouvais pas prendre de décisions, donc il y a des gens qui les prenaient pour moi. On m’a juste dit d’aller aux États-Unis, et c’est ce que j’ai fait. Je savais pas grand-chose, j’étais au courant de rien, les liens, les contrats avec untel ou untel…
Tu pars seul ?
Oui, tout seul. Je connaissais personne, j’étais le seul Ivoirien là-bas, mais il y avait d’autres Africains. Après, les Américains, ce sont souvent des Noirs aussi, mais c’est différent d’être noir africain, noir européen ou noir américain. C’est pas la même culture, la même façon de penser, de voir les choses.
Tu parlais anglais ?
Évidemment que non. Je suis ivoirien, c’est impossible que je parle anglais. Donc j’apprends sur place. Je payais rien, c’était gratuit à l’Académie, je dormais là-bas, je mangeais, je faisais tout comme si j’étais à la maison.
Aux États-Unis, ils n’avaient pas du tout la passion du football. Et en un an, c’est devenu le sport numéro un… Grâce à moi !.
Tu avais ce rêve américain, avant de partir ?
Tout le monde rêve d’aller aux États-Unis, y a pas que moi. C’est excitant, quand tu connais pas, tu te dis : « Ah, les États-Unis ! » Mais après, ça dépend si tu veux y aller pour des vacances ou pour le foot. C’est pas pareil. Là-bas, les gros sports, c’était basket, volley, et puis baseball… Mais ils n’avaient pas du tout la passion du football. Et en un an, c’est devenu le sport numéro un.
Grâce à quoi ?
Grâce à moi. En fait, ils ne connaissaient pas ce sport, donc je faisais des choses incroyables pour des personnes qui n’avaient pas l’habitude de voir des gens jouer au foot. Ça les a attirés et ils ont commencé à s’y intéresser de plus en plus. Il y avait beaucoup de monde dans les stades quand on s’affrontait entre high schools, entre académies. Et puis j’ai aussi joué pour un club, l’AS Frenzi, qui avait demandé à l’académie de lui prêter quelques joueurs pour jouer son championnat, et on a remporté l’UPLS (le championnat d’automne de l’United Premier Soccer League, semi-professionnel, dont il est double buteur en finale, à 16 ans).
De là où tu viens, tu ne te dis pas que tu peux profiter de cette hype pour faire carrière en MLS ?
Non, je n’ai jamais eu l’intention de rester aux États-Unis, mon ambition a toujours été de venir jouer en Europe. Et c’était aussi celle qu’avaient les gens qui s’occupaient de moi. J’avais à peine 17 ans, j’étais un gamin, je savais pas ce qu’il se passait. Ils me disent de partir en Europe, je pars en Europe.

Ces gens-là, ils étaient en lien avec Leganés ?
Je crois, oui, mais moi, je faisais que jouer au foot, tout ce qui était en dehors du terrain… Donc j’ai fait des essais, d’abord en Écosse si je me rappelle bien, Glasgow Rangers. Puis à Chelsea, Bournemouth, Crystal Palace, l’Olympiakos… Tous se sont bien passés, sur le terrain. À Chelsea, j’avais même parlé avec Mauricio Pochettino. Mais après, je sais pas ce qui s’est passé, ça n’a pas abouti. Donc après mon dernier test, en Grèce, j’ai quitté mon agent, je lui ai dit : « Ça va, on arrête ». J’ai appelé le président de Leganés et je suis parti pour y signer un contrat pro. J’étais encore mineur, mais j’approchais des 18 ans.
Tu t’installes seul là-bas ?
Non. Je dormais au centre de formation. J’avais pas d’appartement parce que j’avais pas les moyens. Tu connais : le premier contrat professionnel, c’est pas « waouh », enfin ça va, mais j’ai une grande famille. Je préférais rester à l’académie et économiser l’argent d’un appartement pour en envoyer un maximum aux personnes que j’aime. Et puis, c’était bon pour moi aussi : ça sert à rien d’avoir un appartement, il faut s’occuper de la nourriture, du ménage… Une maison, ça s’entretient ! Au centre, je me réveille, je suis prêt, c’est vite fait d’aller à l’entraînement. Quelque part, ça m’a aussi motivé à me dire : « Il faut que je me batte pour avoir ma maison ». À la base, ils m’ont dit que j’allais intégrer direct l’équipe première, mais sur place, ils m’ont mis avec la B… La première fois que je rentre en Liga, c’est en cours de match contre le Real (le 29 mars 2025, à Madrid, défaite 3-2).
Là, si je joue Mbappé, je ne vais pas lui demander son maillot, quoi.
Ça a dû faire du bruit à Yopougon, ça.
Ouais bien sûr, imagine, trop de bruit ! En plus, on a échangé les maillots avec Mbappé. Ensuite, je rentre contre Osasuna, et le match d’après, je suis titulaire contre Barcelone. Là, j’ai échangé avec Jules Koundé.
Tu continues à échanger des maillots ?
Non, plus maintenant. À mes débuts, quand c’était tout nouveau, tout neuf, je savais pas si ça allait durer, donc j’ai demandé à tout le monde, mais là je suis un peu plus réticent dans mes actes. Je suis un peu timide, j’hésite. Là, si je joue Mbappé, je ne vais pas lui demander son maillot, quoi.
À Leganés, tu enchaînes les titularisations mais tu ne peux pas empêcher la relégation. Ils t’ont filé un salaire qui t’obligeait à choisir entre te loger ou aider ta famille. Donc quand le club descend, il est hors de question pour toi d’y rester ?
Ah ben non, ce n’était pas une option, surtout qu’en deuxième division, ils allaient me donner la moitié du peu que je gagnais. Donc pas de quoi survivre pour moi et ma famille. Mais ils ont dit que je ne partirais qu’à condition qu’un club paye 20 millions. Il y avait plein d’équipes qui voulaient me recruter… Mais 20 millions ? C’est un peu risqué de mettre autant d’argent sur un jeune joueur qui a joué dix matchs. On voit le potentiel, mais on sait pas ce qu’il peut devenir. Leipzig a heureusement décidé de prendre ce risque.

On peut avoir une idée de combien Leganés payait un jeune Ivoirien de 18 ans dont ils avaient fixé la clause de départ à 20 millions ?
Non, c’est mieux que je garde ça pour moi. Mais c’était ridicule.
Mais ça t’inspire quoi ? Si Leipzig ne paye pas, tu joues en D2 espagnole avec un salaire de misère, et on n’est sans doute pas là aujourd’hui à discuter…
Moi, je suis un croyant. Je crois en Dieu, et je crois qu’il rentre en ligne de compte. J’ai travaillé et Dieu m’a récompensé. J’ai mérité ce qui m’arrive. Demander 20 millions, ça veut dire que l’on croit en toi, en ton potentiel. Mais tu ne peux pas mettre une clause de 20 millions sur un joueur et lui donner un salaire qui n’est pas juste, équitable, même une fois que j’ai joué en Liga, avec le rôle qui était le mien dans l’équipe. J’ai eu des discussions avec le coach, comme quoi il allait augmenter mon salaire. Mais non, ça n’est pas arrivé. Je ne me suis pas senti respecté. Donc j’ai dit : « S’il y a des offres, laissez-moi partir. Vous, en tant que coach, vous avez des ambitions. Moi aussi, et je veux pas rater une bonne opportunité. Donc laissez-moi partir en paix, faudrait pas qu’on s’embrouille ». Et dès qu’il y a eu l’offre à 20 millions, ils m’ont laissé partir.
Je ne prête pas trop attention aux montants jusqu’à présent, je sais que l’argent va venir si je continue comme ça.
Encore heureux. Valoir autant d’argent, ça t’a mis la pression ?
Mais non, je me suis dit : « Je suis béni, j’ai de la chance ». Tout ce que je veux moi, c’est jouer au foot au meilleur niveau possible, prouver que je le mérite. Donc j’étais vraiment pressé de débuter, de montrer ce que je valais. Je ne prête pas trop attention aux montants jusqu’à présent, je sais que l’argent va venir si je continue comme ça.
En décembre dernier, contre Francfort, tu es devenu à 19 ans le plus jeune joueur à réaliser un hat-trick en Buli depuis Walter Bechtold en 1965, le tout en 18 minutes. T’as l’air d’être du genre à vite t’adapter.
J’ai démarré la saison titulaire, mais je suis revenu sur le banc pour un problème disciplinaire. Des retards. Je connaissais pas encore comment ça fonctionnait. On devait être là 1h10 avant les entraînements, et moi je venais 40 ou 50 minutes avant. Je pensais que c’était comme en Espagne. C’est ce qui m’a fatigué le plus, au début, mais quand j’ai réussi à m’adapter, je me suis imposé. J’avais échangé avec le coach avant d’arriver ici, il m’avait dit qu’il avait besoin de moi, on a une bonne connexion. Et puis il y a beaucoup de francophones dans l’équipe, la communication est facile, donc j’ai réussi à me relâcher. Mais je continue de m’adapter encore, hein. Bon, l’allemand, c’est même pas la peine que je m’y mette. C’est trop compliqué. On parle en anglais.
Jürgen Klopp est le directeur technique du groupe Red Bull. Il t’arrivait de le voir ?
Oui, il est présent. Je l’ai rencontré aux matchs, et là, il y a quelques semaines, on était dans le même restaurant. J’ai pas besoin de faire ses éloges : c’est une légende. Après, il taquine beaucoup… Mais il donne aussi des bons conseils.
Ta première saison en Bundesliga, c’est 33 matchs, 12 buts, 8 passes décisives. Tu es aussi le troisième plus gros dribbler derrière Yamal et Doku, et le plus efficace dans tes tentatives. Plus surprenant : en Allemagne, on loue ton travail sans ballon, offensivement, mais aussi défensivement. T’as toujours été comme ça ?
Bah non. Nous, les ailiers, on a la mentalité de vouloir jouer quand on a le ballon, mais parfois, c’est difficile de défendre. Je le faisais un peu en Espagne, mais ici, il y a beaucoup plus d’espaces, il faut courir un peu dans tous les sens. Même quand t’as pas envie, y a pas le choix, faut courir. Le staff m’a beaucoup appris ça ici, et les séances vidéo m’ont beaucoup aidé à améliorer ce jeu sans ballon.

Tu t’es renforcé physiquement, aussi, non ?
C’est plus physique qu’en Espagne. La salle de gym ici, c’est deux ou trois fois par semaine. Je suis déjà un joueur qui se blesse rarement, mais ça me renforce encore plus, raison pour laquelle je ne me suis pas blessé cette saison. Enfin, si, mais j’ai pas raté de matchs : je me suis cassé le nez, je me suis fait opérer, mais j’ai joué. C’est même là que j’ai mis le triplé ! Je me suis déboîté l’épaule aussi, mais j’ai joué quand même.
Tu ne joues pas du même côté en sélection qu’en club. C’est lequel, ton préféré ?
À gauche, et en sélection, l’entraîneur (jusqu’à peu Émerse Faé) me met dans ma position préférentielle. C’est ce que j’aime. Mais ici, ils me mettent tout le temps à droite. Je n’aime pas, mais je joue.
À force d’utiliser tes deux pieds, tu vas bientôt tirer les penaltys indifféremment du gauche ou du droit, comme Dembélé ?
Non mais lui, c’est abusé. C’est pas pareil, lui c’est trop ! Moi, j’essaie de jouer avec mes deux pieds depuis toujours, pour que ce soit plus difficile de défendre sur moi. Si tu es imprévisible, c’est évident que tu es plus dangereux.
Je ne vais pas cacher mes envies ou mes rêves. Je veux jouer pour un grand club.
Moins d’un an après avoir fait le pari de t’acheter pour 20 millions, le RB Leipzig a mis la barre à 100 millions (le Real Madrid mettra 125 millions d’euros + 15 de bonus sur lui, NDLR).
C’est ce que j’ai entendu aussi. […] * Tout le monde a des ambitions et tous les jours tu veux aller plus haut. Donc c’était Leganés, puis Leipzig et… Je ne vais pas cacher mes envies ou mes rêves. Je veux jouer pour un grand club, bien sûr. […] Le football, c’est ma vie, et ma vie, c’est prendre des risques. On est en vie, mais on sait jamais ce qui peut se passer. Moi, je suis africain, je suis un croyant. Je crois en Dieu, je travaille. Quel que soit le club, je suis prêt à me battre tous les jours pour gagner ma place, donner le meilleur de moi-même. C’est ce que j’ai toujours fait. C’est ce que je sais faire, moi.
[…]

Récemment, tu as signé un énorme contrat avec New Balance, bien supérieur à ton salaire annuel: trois millions d’euros par an, hors bonus. Toi qui jouais avec des équipementiers différents à chaque match, Nike ici, Adidas là…
(Il coupe) Ils ne m’ont pas respecté, Adidas. Ils m’ont proposé un mauvais contrat, misérable, que j’ai pas voulu signer. Et ce contrat-là, avec New Balance, c’est grâce à mon équipe.
Tu veux dire Roc Nation Sports, l’agence de management sportif de Jay-Z que tu as rejointe en février et qui cornaque déjà Vinícius, Lukaku ou De Bruyne. Max-Alain Gradel était assez remonté en l’apprenant.
Je sais, mais je n’avais pas de contrat avec lui. Je te donne la vraie version : quand j’ai quitté Leganés, je n’avais plus d’agent. Et c’est Gradel qui a fait le deal avec Leipzig. Après, il voulait que je rejoigne son agence (Maxidel Management) et je ne l’ai pas fait. Ça a créé des frustrations. Du coup, je ne sais pas ce qu’il raconte, mais tout est bien, tout est bon, il n’y a rien qui m’atteint. Là, je me sens bien représenté, et surtout libre de choisir.
Avec ce nouveau statut, ça y est, tu as ta maison, ton cuistot.
Bien sûr. Mon cuisinier, il est là en train de préparer. Mon manager est juste à côté de moi. J’ai mon kiné personnel, j’ai toute une équipe. C’est une entreprise autour de moi. Quand je fais venir la famille, ma mère, mes copains, j’ai un autre appartement où ils peuvent rester. On dîne ensemble, on passe du temps ensemble, mais chacun loge de son côté.
Ta mère, elle est restée vivre à Yopougon ?
Mais non, ça c’est impossible! Dès que j’ai signé un contrat professionnel à Leganés, je l’ai enlevée de Yopougon. Je peux pas avoir les moyens de le faire et ne pas tout de suite la faire déménager dans un bon quartier.
Tu l’as transférée à Cocody, le « Beverly Hills d’Abidjan » ?
Bien sûr, obligé !
Un cadre du Real Madrid prolongePropos recueillis par Vincent Riou
* Certaines parties apparaissant dans la version magazine ont été coupées car devenues obsolètes.




















































